Forcée ou imposée, la trêve demandée par les forces vives de la nation a été observée sur tout le territoire national. Les leaders politiques et les principales figures de l’opposition et du pouvoir ont fait économie de messages incendiaires pour concéder aux familles haïtiennes ce laps de temps de répit. Noël est une fête de joie, d’amour, de partage.
A Noël, les cœurs se réjouissent, les adversaires se réconcilient, les familles s’unissent, les enfants sont heureux. Depuis un certain temps en Haïti, la Noël n’est plus ce qu’elle était, à cause de la misère grandissante, des crises économiques chroniques, des problèmes politiques en cascade.
Récemment, la crise politique a pris une dimension inquiétante avec la série de manifestations et les déclarations virulentes qui polluaient l’environnement social et politique. A l’approche de la Noël et des fêtes de fin d’année une trêve était nécessaire. C’était le minimum qu’on pouvait réclamer de nos dirigeants politiques. Noël est la période où les enfants rêvent, espèrent et s’illusionnent. Il ne saurait être permis d’enlever la Noël à nos enfants et à tous les croyants qui attendent de fêter symboliquement la venue du Christ, le Rédempteur.
On ne touche pas à Noël.
Passé les fêtes de fin d’année, la vie politique reprendra son droit. Au menu : LE DIALOGUE. Haïti souffre, depuis son independence, isolement, humiliation, affront à sa souveraineté, guerre civile, misère, corruption, la liste est longue. D’aucuns pensent qu’il faut un nouveau départ qui passera inévitablement par un dialogue franc, honnête et sincère entre tous les secteurs de la vie nationale. Le pays ne peut plus attendre. La situation sociopolitique ne peut se détériorer davantage. Il faut que nous mettions un point final à ce cycle infernal, cette transition démocratique qui n’en finit pas, ces troubles politiques chroniques qui n’accouchent que de l’inflation et de la misère. Haïti en a marre.
Le pays est devenu la risée des autres nations. La République dominicaine, jadis nous imitait, aujourd’hui nous gifle et nous insulte. Tout ceci doit finir. Compatriotes de partout, l’heure du dialogue a enfin sonné. Que ceux qui disent aimer Haïti se rangent autour de la table du dialogue. C’est par ce geste que nous reconnaîtrons les vrais patriotes et démocrates.
Nous avons toujours souhaité que les forces morales de ce pays prennent leur responsabilité comme il a été le cas en République dominicaine, au Panama, au Costa Rica, en Afrique du Sud pour ne citer que ces pays-là. Religions pour la paix Haïti dont nous saluons et félicitons le dynamisme avait fait le premier pas. Cependant, nous devons reconnaître qu’il s’agit d’une entreprise ardue dont la réussite dépend uniquement de la bonne foi des acteurs et de leur capacité à transcender.
La Conférence épiscopale d’Haïti a annoncé officiellement qu’elle s’engage comme médiatrice dans ce processus de dialogue. Les évêques veulent aider les acteurs politiques à résoudre les graves problèmes du pays. En droite ligne avec leur note pastorale du 27 septembre 2013 dans laquelle ils ont souhaité que « la solution à nos problèmes ne soit pas recherchée en dehors de nos frontières ». Ils ont proposé à cet effet d’aider à « créer un espace de dialogue et de concertation entre Haïtiens »: le message a été reçu et la mediation, acceptée.
Le dialogue sera donc ouvert sous l’égide de la Conférence des évêques catholiques. Puissent le peuple de Dieu ainsi que les citoyens de bonne volonté accompagner le processus jusqu’à son aboutissement ! Le pays est en attente de bons résultats. Puisse-t-il en être ainsi !
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