A l’occasion de la rentrée parlementaire, le lundi 13 janvier 2014, Michel Martelly a cru bon de ranger les élections dans la catégorie de ses priorités. Après Education, Emploi, Etat de droit, Environnement, Energie, qui constituent les 5 E du président de la République, un 6e E s’ajoute dans l’agenda des réalisations du chef de l’exécutif. A la suite de la publication de la loi électorale, le mois dernier, devant régir les prochains scrutins, le processus électoral est devenu une réalité incontournable. Avec le retard pris pour renouveler le tiers du Sénat depuis mai 2012 et la fin du mandat des députés en 2015 ainsi que de l’autre tiers du Sénat, l’année 2014 s'annonce comme une année électorale. Il est inconcevable de parler de retard en ce qui concerne le renouvellement des élus locaux. Les conseils municipaux ainsi que les conseils d’administration des sections communales devraient être renouvelés depuis 2010 sous la présidence de René Préval. L’organisation de ces élections rentre maintenant dans les obligations de l’équipe au pouvoir. L’enjeu de l’année électorale sera, d’abord, d’élaborer le calendrier électoral et, ensuite, de fixer la date des élections devant permettre au Collège transitoire du Conseil électoral permanent (CTCEP) de renouveler le tiers du Sénat vacant depuis mai 2012 ainsi que les collectivités territoriales, car son mandat est limité à cette fin. Après ces joutes, il faudra engager les procédures nécessaires pour la formation du Conseil électoral permanent. Et c’est ce Conseil permanent qui devra organiser des élections pour le renouvellement de la Chambre des députés ainsi que l’autre tiers du Sénat à la fin de cette année. Est-ce que la conjoncture politique et les mécanismes pour la mise en place du Conseil électoral permanent seront au rendez-vous ? Il est évident que ce carrefour est susceptible de réveiller les vieux démons de notre discorde à l’occasion des compétitions électorales. Les acteurs politiques seront-ils en mesure de trouver un consensus sur la question du temps afin de ne pas déranger l’ordre des choses ? Et c’est là que le président de la République doit tout mettre en œuvre pour que ces élections se réalisent sans contestation aucune. La crédibilité des premières joutes que le CTCEP doit organiser sera déterminante pour la poursuite du processus. Si tout se passe bien, les forces politiques ainsi que les candidats pourront en toute tranquillité participer dans les autres scrutins. Il s’agit de deux années de compétitions électorales. 2014 et 2015. Pour aboutir à toutes ces élections, le gouvernement et le CTCEP ont tout intérêt à engager les ressources humaines du pays, en lieu et place des millions des puissances étrangères pour ne pas hypothéquer le processus électoral comme à l’accoutumée. Une fois la voie tracée, c’est la fin de l’immixtion étrangère dans cette mission de souveraineté que représentent les élections. Et le crédit sera à l’actif de Michel Martelly.