Depuis des décennies, le fonctionnement des écoles publiques laisse à désirer en dépit des efforts de certains acteurs. Personne ne peut ignorer que des investissements se font dans les infrastructures scolaires. Avec l’aide des bailleurs de fonds, des fondations et ONG, beaucoup d’écoles ont été construites ou reconstruites au cours des dernières années. D’autres sont en chantier. Résultat : beaucoup plus d’enfants fréquentent l’école aujourd’hui. Le Programme de scolarisation universelle du président Michel Martelly est la preuve que nos gouvernements accordent beaucoup d’importance à l’éducation. Disons mieux, ils font de leur mieux pour envoyer plus d’enfants à l’école chaque année. Dommage qu’il n’y ait pas cette même volonté pour améliorer la qualité de notre système éducatif. Si certaines écoles font de leur mieux pour offrir une formation de qualité à nos élèves, c’est tout le contraire dans la majorité des cas. C’est encore pire dans les écoles publiques. D’année en année, la qualité de la formation ne fait que se dégrader dans les lycées et les écoles nationales. Qui se rappelle la dernière fois qu’un élève d’une école publique a été parmi les lauréats nationaux dans les examens d’Etat ? Cette situation est le résultat d’un ensemble de facteurs allant du laxisme du Ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) aux absences répétées des enseignants même quand ils ne sont pas en grève. A cela, il faut ajouter les grèves à répétition des syndicats d’enseignants. L’année scolaire 2013-2014, démarée avec un mois de retard, ne se déroulera pas sans son mot d’ordre de grève « illimitée ». Cela devient une habitude. A défaut de pouvoir satisfaire aux revendications des grévistes, le MENFP devra élaborer un calendrier spécial pour les écoles publiques prenant en compte la grève « annuelle » des enseignants. La grève des enseignants qui débute ce lundi dans les écoles publiques survient seulement une semaine après que le président de la République, Michel Martelly, s’était engagé, dans son discours au Parlement, à continuer à faire de l’éducation une priorité pour l’année en cours. Fatigués des promesses non tenues des hommes politiques, nos enseignants, qui tirent le diable par la queue, sondent la bonne foi du président Martelly. Dans un communiqué diffusé lundi soir, le président Michel Martelly a promis de tenir sa promesse. Il dit avoir passé des instructions au ministre de l’Education nationale, Vanneur Pierre, « pour que soient nommés dans un délai raisonnable tous les enseignants en poste travaillant sans lettre de nomination et répondant au profil exigé par le ministère ». Ce communiqué du Bureau de communication de la présidence va-t-il porter les enseignants à regagner les salles de classe et à renvoyer la grève à une date raisonnable ?