En trois jours, trois villes du Nord du pays ont connu des soubresauts les portant au-devant de l’actualité. A Ouanaminthe et à Fort-Liberté, les habitants réclament une meilleure alimentation électrique; à Limonade, des étudiants ont pris en otage le président de leur université et le recteur de l'UEH. Trois jours, trois incidents aux alentours du parc industriel de Caracol, cela fait beaucoup. D’autant que toutes les classes de la population, des étudiants aux simples citoyens, se sont mises de la partie. Le gouvernement a dû dépêcher en urgence son ministre de l’Intérieur et des troupes de la Police nationale d’Haïti pour calmer les tensions. La demande d’électricité de Ouanaminthe et de Fort-Liberté peut sembler, à première vue, facile à combler. Il y a une unité de production installée à Caracol qui fonctionne en deçà de ses capacités. Les usines ne sont pas encore là, il y a des mégawatts disponibles. Pour les riverains, la solution serait de leur fournir le courant à partir de cette source devant les défaillances proverbiales de l’EDH. Personne ne sait qui va payer les factures si le courant est vendu ni ce qu'on fera quand, un jour, les usines du parc industriel de Caracol auront besoin de l’énergie électrique pour produire et créer les emplois qui font cruellement défaut dans la région. La revendication des étudiants de l’annexe de l’Université d’Etat d’Haïti de Limonade paraît au premier abord juste. Ils réclament l'exécution des promesses faites il y a des mois. En quoi la prise d’otages va rassurer les professeurs qui refusent déjà de venir dispenser des cours dans cette université si loin de tout, allez savoir. Ce n’est pas la première fois que de bonne foi nous nous mettons à la recherche de solutions qui renforcent les problèmes. Cela nous est une habitude à la capitale comme en province.