Communiquer à outrance n’a jamais remplacé le bien communiquer. Ne rien dire n’a jamais été une forme de communication efficace non plus. N’importe quel expert junior présent à la première édition du salon Kreata, tenu le week-end écoulé, vous le dira. Il faut bien communiquer en identifiant votre cible, en peaufinant votre message, en le modifiant selon l’audience. Le faire en temps et lieu aussi.
De temps à autre, le gouvernement le plus « open for business » de l’histoire d’Haïti s’en aperçoit. A ses dépens. Des fois aux dépens des simples citoyens qui se retrouvent pris dans les souricières qu’un défaut de communication engendre.
Prenons l'exemple de ce qui s’est produit lundi sur la Côte-des-Arcadins. Pendant des heures, il fut impossible pour ceux qui venaient du Nord, du Nord-Est, du Nord-Ouest, de l’Artibonite de rejoindre la capitale par la nationale # 1. Le reste du pays ne pouvait pas se rendre dans les départements précités non plus.
La cause ? Des barrages sauvages érigés par des riverains mécontents.
Sans tambour ni annonce, ils ont répliqué à la décision tout aussi inexpliquée du ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique de procéder à la fermeture de la plage publique de Carriès pour, avons-nous appris après coup, des réparations… (sic).
Voilà que ce gouvernement, qui annonce tout avant, pendant et après, a oublié de prévenir les concernés et le monde entier qu’il va réaménager la seule plage publique du pays. Oui, la seule plage qui ait ce statut car relevant d’un ministère mais ouverte à tous.
Quelle gaffe !
Il n’en a pas fallu plus pour que les marchands, les usagers, les prestataires de services divers liés à la plage publique se joignent aux excités, aux manipulés et obstruent avec violence la route nationale.
Il y a de cela quelques années, le Club Med, situé sur le même tracé, dans l'embarras avec des centaines de vacanciers bloqués parce que le pont de Montrouis était obstrué, décida d’en prendre prétexte pour mettre fin à ses activités en Haïti. La destination n’était pas la plus rentable diriez-vous; justement, quand rien n’est rose, on ne veut pas d’incident avec des conséquences fâcheuses pour le peu de clients qui ont réalisé l’exploit de venir chez vous.
En Haïti, on oublie souvent que l’effet boule de neige existe aussi en pays tropical. Un oubli et la catastrophe concerne des milliers de gens incapables de vaquer normalement à leurs occupations. A chaque fois que le gouvernement communique ou décide de ne pas le faire, il doit bien y penser.
De l’Ile-à-Vache à la plage publique, dans les deux cas, la leçon à retenir est qu’il faut bien communiquer. Encore et encore. Quand vous avez décidé de bouleverser leur vie, les gens veulent savoir à quelle sauce ils seront mangés.
C’est la moindre des choses.
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