Si on ne pédale pas, on tombe. Si on ne dépense pas, on tombe. La gouvernance a cela de comparable avec monter à bicyclette, il faut alimenter la machine avec des financements nouveaux comme le cycliste doit conjuguer adresse et effort pour progresser.
En décidant de multiplier les dépenses publiques, de subventionner la consommation électrique et les carburants, de se lancer dans un large éventail de projets et de programmes, l’administration Martelly et le gouvernement Lamothe savaient qu’un jour ils seraient au pied du mur avec des moyens rapetissés.
Elles ne sont pas vides, les caisses, mais les vaches sont maigres. Depuis quelques mois, les recettes s’amenuisent. L’euphorie des trimestres d’après le séisme, c'est du passé. La vanne des fonds de la communauté internationale s’est fermée. PetroCaribe n’est plus ce qu’il était. Et les nouvelles ressources douanières et fiscales ne sont pas à la hauteur des espérances.
Dans les dernières statistiques du premier trimestre la tendance est affichée. Les dépenses croissent à un rythme plus important que les recettes. Les investissements reculent. Le financement externe disparaît. Le gouvernement n’a reçu aucun don au cours des trois premiers mois de l’exercice fiscal. C’est le financement interne qui permet de maintenir la barque à flot.
Si toutes ces tendances se maintiennent, Lamothe et Martelly auront des mois difficiles à gérer en cette année électorale et avant l'élection présidentielle de l’an prochain. Ils devront trouver les formules pour continuer à dépenser. Trop de projets lancés depuis des mois traînent comme des limaces. Beaucoup de promesses alimentent la stratégie Tèt kale. Ils ne pourront pas s’arrêter d’engloutir des milliards par dizaines.
D’où viendra le salut ?
Haïti n’a pas accès aux prêts sur le marché international des capitaux. Le versement du solde des promesses de l’après 12 janvier 2010 est plus qu’improbable. Il faudra des bons, des appellations nouvelles, des formules crédibles ou faire comme il y a longtemps pour répondre aux obligations et aux besoins.
Pour le moment, le recours au déficit budgétaire est la seule option envisageable. On n’imagine pas Lamothe et Martelly réduire drastiquement le déficit, réorienter le train de vie de l’Etat et la nature des promesses en années électorales. Ils vont continuer à pédaler et à dépenser des recettes fictives pour financer de l’insoutenable.
En espérant passer le cap de la pente raide sans trop éreinter la gourde et le pouvoir d’achat des Haïtiens.
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