L'homme, quelque soit son niveau social et intellectuel reste et demeure un être singulier, inextricable et complexe. Il est évident que l'esprit de tout être humain germe des penchants différents, chacun de ces penchants ayant un rôle particulier à jouer dans la promotion et l’épanouissement de la créature humaine.
Jusqu'à date, en dépit des avancées des doctrines de la philosophie, de la religion et de la science contemporaine on n'arrive pas vraiment à décortiquer la nature humaine. Certes, sur le plan physique et comportemental, la biologie et la tradition philosophique classique nous permettent d'évoquer avec éloquence certains critères distinctifs essentiels de l'espèce humaine par rapport aux autres espèces.
Parmi ces critères étayés de manière fervente par les philosophes grecs comme Platon et Aristote, entre autres, il y a une fierté pour l’homme de se considérer supérieur à l’animal à cause de la raison. Selon Descartes, iI s'agit de la raison qui gouverne la pensée et l'action humaine en nous fixant les fins, les objectifs de notre action à fin de nous épanouir le mieux que possible et afin de vivre en bonne intelligence et en harmonieuse convivialité avec les autres au sein de la société, et ce dans notre intérêt bien compris puisque nous sommes des êtres grégaires.
Cependant, si l'instinct demeure toujours dans un état stagnant chez l’animal et lui permet d’ordonner et d’organiser sa vie, il n’en demeure pas moins vrai que l'homme ne peut pas trouver la voie d’une existence honorable rien qu'en se fiant à son instinct naturel. Grâce à la raison, l'homme, au-delà de son animalité subit constamment des effets de la civilisation, de l’éducation, de l'histoire, de la culture et du progrès qui lui permettront de discerner, de distinguer le bien du mal, de se frayer une voie de bonheur et d’y avancer inébranlablement. Cette faculté propre à l’homme s’appelle conscience. Portée par la raison, elle est capable de fournir de véritables repères d’orientation et constituer une faculté critique permettant à l’homme de se connaître, de connaitre et de comprendre des réalités de son environnement. Elle agit donc comme un redoublement à l’intérieur de nous-mêmes de ce que nous faisons ou de ce que nous pensons. Suivant la métaphore du tribunal, on peut la décrire comme un juge nous permettant de savoir si nous sommes rendus coupables de quelque chose envers notre prochain tout en dévoilant nos transgressions, de quelque nature que ce soit, des standards de convivialité et des préceptes moraux.
L'être humain est, de ce fait, confronté intérieurement à un conflit acharné entre ses instincts et sa raison, chacune de ces forces tendant à annihiler l'autre. Il importe donc pour atteindre l'équilibre interne nécessaire à chacun, que nous soumettions nos mauvais instincts à la raison car celle-ci, en tant que bouclier, devra être investie dans la capacité à prévenir ses effets répréhensibles et de savoir comment éviter les voies scabreuses qui peuvent nous tenter afin de parvenir à l'ordonnancement approprié aux vertus civiques et morales de notre existence.
Cependant, en dépit de l’imperfection qui caractérise l’espèce humaine, s’il est évident que beaucoup de personnes s’efforcent de s’adjoindre aux impératifs de la raison et de la conscience en vue de façonner leur existence, fonder leur bonheur et leur honneur et appréhender leur environnement, il en demeure pourtant d’autres qui cèdent aisément sous la pression de l’instinct et empruntent les chemins de la facilité, de la délinquance, du débauche, de l’adultère, de la prostitution (masculine et féminine), des abus et exploitations sexuels dont la pédophilie, de la violence, de la drogue, de la corruption, de la contrefaçon ou de la sorcellerie. Pour eux, la moralité, l’honneur et la dignité humaine ne sont nullement abimés par des actes d’obscénité et de cruauté. Ils défigurent la beauté pour que l'horreur exulte, crachent sur les lumières pour que le monde retourne à l'obscurité et ramènent leur bonheur ou leur honneur à une hantise irrépressible empreinte d’impudicité et de cruauté. Ce profil de personnages existe dans toutes les strates sociales y compris les communautés religieuses et s’identifie éloquemment. Ces individus-là ne sont pas atteints de la démence, de l’Alzheimer ni d’un trouble de développement et de croissance, mais présentent comme signes pathognomoniques, indifférence, retard du développement pondéro-statural et perte de l’acuité visuelle. Pourtant, ils ne portent pas des couches, ils présentent une formule dentaire comparable à celle de l’adulte et des caractères sexuels secondaires, expression de maturité. Leur désinvolture exagérée n’est que l’expression vivante de l’immaturité ! Ne serait-ce leur âge biologique, on aurait même tendance à les comparer à des nourrissons. Ça fait vraiment pitié ! Dieu nous pardonne, pas même n’importe quel nourrisson! Personne, sauf eux, n’a pas besoin d’une lentille ou d’être expert en sciences humaines pour apprécier l’expression de cet illogisme. Ils n'ont pas la moindre capacité d'entendement et de perception des dangers que représentent pour eux et pour la société leurs pratiques déloyales. L’expression de leur détérioration ou de leur blocage se dévoile souvent plus qu’éloquente. Mais, ils ne sont pas accessibles à la raison et à la conscience leur intimant de dépasser leurs attitudes qui les empêchent de s’épanouir au nom des responsabilités morales. Et si par miracle, ils auraient une lueur de lucidité pour déceler leurs irrévérences et ses corollaires, ils ne continueraient qu’à se fourvoyer tout bonnement et violenter leur conscience. C’est comme s’ils sont guidés par des normes de moralité purement subjectives ou d’une raison tronquée selon lesquelles leurs transgressions ne sont expressions de l’honneur et de la dignité humaine.
Pis est, que l’on soit prêtre ou pasteur, noir ou blanc, il est toujours prudent de ne pas s’immiscer dans leur vie même pour une réhabilitation psychosociale désintéressée dont requiert leur état. D’ailleurs les intervenants en relations d’aide savent pertinemment qu’il est un principe primordial que l’intéressé ait conscience de son état et subséquemment ressent le besoin d’aide. Sinon, s’ils n’adoptent pas le marronnage tout court, le sort de tout proposant débonnaire qui ne ménage pas leur prudence peut varier du simple mépris jusqu’à la mort. C’est une réalité probante ! A côté de leur animalité ou de leur inconscience, expression de leur mort vivante, ils évoqueront toute sorte d’arguties pour refuser la proposition. D’ailleurs au cours de ces dernières années, nous avons tous entendu de nombreux scandales dont des abus et exploitations sexuels au plus au haut niveau de l’Eglise à l’échelle internationale.
La mémoire peut nous faire défaut certes, mais si l’on fait une minutieuse introspection quelqu’un de nous se souviendra probablement d’avoir fait d’un ami, d’un parent ou d’un proche un ennemi pour sa volonté manifeste de lui orienter sur de bonnes voies en lui prodiguant des conseils salutaires.
L'obéissance à la raison, à la conscience, aux préceptes de convivialité et de vertus morales n’est pas un sujet obsolète. La conscience est un tribunal intérieur, un juge infaillible qui régit la vie de tout individu à l’exception de ceux-là qui l’ont assassinée par la répétition progressive et sempiternelle des mêmes pratiques déloyales et impudiques. Elle permet d’assumer la responsabilité de nos actes posés. Si nous commettons le mal, le juste jugement de la conscience peut demeurer en nous le témoin de la vérité universelle du bien, en même temps que de la malice de notre choix singulier.
Nous ne prétendons nullement nous livrer à une campagne d’évangélisation à l'instar d’un prédicateur zélé faisant appel à la repentance ou à la conversion. D’ailleurs, personne n’est parfait sur cette terre ! En outre, nous serions les premiers concernés en vertu de la morale de la charité bien ordonnée ou de l’exhortation des saintes écritures selon laquelle il serait très stupide de demander à notre frère d’ôter la paille qui est dans son œil alors que nous ne sommes pas même capables d’apercevoir la poutre qui est dans le nôtre. Mais il est important de nous rappeler que nos actes nous suivent, nous moissonnerons ce que nous avons semé puisque nous comparaîtrons tous inévitablement devant le tribunal infaillible qu’est notre conscience.
Selon qu’il soit positif ou négatif, le verdict de la conscience peut être un aiguillon qui ronge impitoyablement notre cœur ou un gage nous dissuadant aux mauvaises pratiques du passé. De surcroît, selon le métaphore du tribunal de l’inquisition, il peut être érigé en une sorte d’inquisiteur nous enfermant dans un labyrinthe, dans un tourbillon de négativisme tenaillé d’intrigues et de querelles personnelles capables de nous livrer de manière irrémédiable à des sentiments d’auto-flagellation en spirale vers l’abîme infini du regret, du remord ou du suicide. Sur ce, nous nous permettons de parodier Edgar Poe : « Quelquefois hélas ! La conscience humaine porte un fardeau d’une si lourde horreur qu’elle ne peut s’en décharger que dans le tombeau ».
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