Par l’entremise de l’Unité de Construction de Logements et de Bâtiments publics (UCLBP) et du Comité interministériel pour l’aménagement du territoire (CIAT), Haïti participera à la 7e session du Forum urbain mondial (WUF) qui se tiendra du 5 au 11 avril à Medellin, dans le département d’Antioquia, en Colombie. Les participants, au nombre de 160, issus de 160 pays du monde, se retrouveront au Centre des Expositions de la ville, Plaza Mayor, pour six jours d’échanges et de discussions autour du thème de la conférence : «L’équité urbaine dans le développement – Des villes pour la vie». A cette occasion, sera décerné à l’UCLBP, par l’entremise de son directeur général Harry Adam, le prix IHS Alumini International Award qui est une initiative de l’Institute for Housing and Development Studies (IHS) de l’Université Eramus de Rotterdam (Hollande). Ce prix prestigieux et emblématique vise à identifier, reconnaître et récompenser les individus et/ou les institutions qui contribuent à la gestion et au développement urbain à travers des initiatives remarquables et innovantes. L’UCLBP, qui a obtenu la 3e place de ce prix, a été encouragée à faire acte de candidature pour l’édition 2014, particulièrement par des interlocuteurs de la Banque mondiale en Haïti dont l’appui financier et l’accompagnement programmatique correspondent en tous points à nos besoins. Ce qui n’est pas le cas de tous nos partenaires et bailleurs. Les deux premières places étant décernées respectivement au gouvernement Rabiu Musa Kwankwaso de l’Etat Kano au Nigeria et à Nguyen Quang du Viêt Nam.
Déterminé à poursuivre avec plus d’efficacité ses actions de manière concertée avec ses partenaires nationaux et internationaux et selon une vision qui intègre tous les efforts du gouvernement pour une dynamique de développement favorisant l’épanouissement de nos concitoyens, Harry Adam, lors de cet important forum, participera à une session spéciale organisée par ONU-Habitat et MINURVI ainsi qu’à une table ronde sur les réalisations et engagements de l’Etat haïtien pour le relèvement endogène d’Haïti pilotée par l’USAID et un atelier sur le stand de la France, animé par l’Agence française du développement (AFD). Pour illustrer tout ce qui a été fait chez nous après le 12 janvier 2010 qui avait ravagé le centre-ville et entraîné dans des camps de fortune un million et demi de nos concitoyens, seront exposés sur le stand d’Haïti (qui sera organisé de concert par l’UCLPB et le CIAT) plusieurs projets de développement urbain déjà matérialisés, en cours d’exécution et en perspective. Ils seront présentés et regroupés suivant un registre thématique distinct : 1) renaissance urbaine (la cité administrative de Port-au-Prince, la réhabilitation d’espaces publics dans l’aire du Champ de Mars, le réaménagement de la place Boyer à Pétion-Ville, la mise en valeur de la zone du bord de mer de Jacmel, etc.) ; 2) nouveaux développements (village Lumane Casimir, parcs de logements) ; 3) relogement et réhabilitation de quartiers (16/16, Martissant et Baillergeau/AIQIP). On y apprendra beaucoup sur l’étendue des réalisations gouvernementales et des efforts à entreprendre en continu pour que le pays puisse transformer ses villes en des lieux sûrs, plus sains et plus verts.
Répondant à des problématiques et des préoccupations de premier ordre – comme les services de base, les modes de financement innovants pour les collectivités locales, la résilience des villes, etc. -, ces six jours d’échanges et de discussions correspondront en somme à six dialogues qui seront scandés, entrecoupés par trois sessions plénières consacrées tour à tour à l’urbanisation, aux jeunes citadins et à l’égalité de genre. Il va s’agir de s’engager dans des processus d’innovation «durables» à partir des recommandations finales qui seront tirées des débats sur chacun de ces trois grands thèmes préludant à la Conférence Habitat III et au programme de développement pour l’Agenda post-2015. Hébergé tous les deux ans par une ville différente, le WUF est un forum technique, non engageant d’un point de vue législatif, porté par le programme des Nations unies sur les établissements humains (ONU-Habitat), dédié à l’analyse des défis les plus pressants en matière d’habitat, dont l’urbanisme galopant et ses impacts sur les villes, les communautés, l’économie, le changement climatique et les politiques publiques.
Le WUF7 cherche à promouvoir la participation active des partenaires du programme pour l’habitat et d’autres programmes internationaux pertinents, fonds et agences internationales et par là même à les intégrer dans l’identification des nouveaux défis, le partage d’expériences, l’échange de bonnes pratiques et de politiques vertueuses. Le forum rassemble de nombreux experts issus d’horizons variés afin de participer aux discussions. Parmi les participants au Forum urbain mondial (constitué de sessions spéciales, d’ateliers de réseautage et d’expositions), il faut citer les gouvernements locaux, nationaux, régionaux, les ONG, les organisations communautaires, des experts/professionnels, des instituts de recherche et des universités, le secteur privé, les banques de développement, les fondations, la presse, les organisations des Nations unies, d’autres agences internationales, etc. En plus d’être une opportunité unique pour discuter de l’état actuel de nos villes, la 7e session du Forum Urbain Mondial permettra également de nourrir substantiellement la préparation de l’Agenda de développement post-2015 et la révision de l’agenda urbain qui aura lieu lors d’Habitat III en 2016. Il sera également l’occasion d’accompagner l’effort mondial en faveur d’un développement urbain durable et équitable, et d’inclure l’urbain dans l’agenda politique et des médias.
Ce forum, qui regroupera dans la ville colombienne de nombreux pays participants et partenaires adhérents, offrira donc à Haïti l’opportunité de présenter les efforts du gouvernement haïtien dans le secteur du logement, de l’habitat et du développement urbain. Malgré d’énormes difficultés socio-économiques et une situation politique pas toujours confortable en Haïti, de nombreuses réalisations dans le domaine des infrastructures et du réaménagement de quartiers démunis apportent la preuve qu’avec une vision politique claire, soucieuse du bien-être général, on peut obtenir des résultats collectifs manifestes. Pour remédier à cette situation dramatique, l’administration Martelly-Lamothe a largement contribué à améliorer l’aménagement urbain à travers des programmes essentiels pour les plus marginalisés. Le séisme n’explique pas à lui tout seul cette situation. Elle est en grande partie le fruit de plusieurs décennies de laxisme, d’abandon, d’instabilité politique et de faillite de l’autorité de l’Etat. Au même titre que la pauvreté ou l’insécurité ou encore l’analphabétisme, l’évaluation du déficit du logement en vue de la formulation des bonnes politiques de développement dans la région de l’Amérique latine et les Caraïbes est devenue une priorité. Cela est, sans aucun doute, particulièrement évident dans notre pays où le déficit du logement qui se reflète dans le bâti informel mérite d’être abordé de manière préventive par tous les secteurs de la vie nationale, car le réaménagement du tissu urbain dépend de la volonté de tous.
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