Le 24 mars en cours, devant le Conseil de sécurité, la représentante spéciale du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies et chef de la Minustah a présenté un rapport sur la situation en Haïti.
Dans son exposé, Mme Sandra Honoré a fait état de cinq options pour réviser le mandat de la Minustah en 2016, à la fin du processus de réduction des effectifs de la mission entrepris depuis 2013.
Alors qu’ici, nous tournons en rond en expliquant que c’est la seule façon de tracer une ligne droite, la communauté internationale examine déjà les options pour le pays à l’horizon de 2016.
Le plan 2016 prévoit la désignation d’un envoyé spécial de l’ONU en Haïti pour offrir les bons offices politiques; l’établissement d’une mission politique spéciale conservant la capacité de développer la Police nationale haïtienne; la création d’une nouvelle mission de maintien de la paix ayant surtout un rôle politique, avec une empreinte au sol beaucoup plus réduite; l’établissement d’une nouvelle opération de maintien de la paix plus petite, avec une force de police des Nations unies et une présence militaire réduites; une modification du mandat actuel de maintien de la paix de la Minustah afin de tenir compte de la réduction des activités rendue possible par l’achèvement du plan de consolidation.
Tout un programme
Ces cinq options traduisent une vision claire du peu de confiance dans le processus de stabilisation du cas haïtien.
A lire le compte-rendu des interventions des membres du Conseil de sécurité participant à la séance du 24 mars, tous les pays adhèrent déjà, avec de petites nuances, à cette prolongation de la tutelle onusienne sur l’Haïti de l’après-Martelly.
La tenue des prochaines élections, même en cas de réussite éclatante, ne changera rien ou si peu de la trajectoire de notre destinée vue depuis les chancelleries étrangères. Haïti, depuis la sortie de Duvalier, a besoin de béquilles. Le monde en est convaincu. L’ONU se prépare à ajuster les paramètres pour nous aider à marcher dans le droit chemin.
Le processus de dialogue interhaïtien initié par l’Église catholique paraissait être une chance pour que, pour une fois, depuis des lustres, les Haïtiens se montrent responsables et à la hauteur de leur devoir.
Mais hélas !!!
Tout indique que la distribution de quelques postes ministériels sera la principale retombée des conversations et discussions pour une fois engagées sans l’ombre d’un Blanc à l’horizon. Seuls, nous avons mis sur pied le dialogue, comme d’habiles escamoteurs, nous nous appliquons à nous délier de ses conclusions.
Sans réserve ni retenue, l’ONU planifie pour nous la suite. Et il nous faut cacher notre honte de dire : heureusement.
L'ONU a un plan d'affaires à long terme pour s'occuper de nos affaires avec ou sans notre consentement. C'est dommage.
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