23 ministres, 19 secrétaires d’Etat, le nouveau cabinet ministériel est lourd. Lourd de sens aussi. Il y a du changement dans l’air. Dix des ministres sont tout neufs. Dix des secrétaires d’Etat étrennent pour la première fois la fonction. Le président Michel Martelly et son premier ministre Laurent Lamothe respectent l’accord d’El Rancho dans ses délais. Chose promise, chose due, marchandise délivrée. Le cabinet d’avril complète une série d’initiatives : publication des noms des membres de la Cour des comptes, publication des lois et résolutions déjà votées par le Parlement, transmission au Parlement des lois à amender et nouveau gouvernement. Les adorateurs des verres remplis sont satisfaits. La bonne foi, la célérité et le respect des engagements sont au rendez-vous. Les observateurs des verres vides tiquent. Il n’y a ni ouverture, ni changement, ni nouveauté dans les rangs du cabinet ministériel du 2 avril 2014. On a pris les mêmes amis pour mener la même politique. Le communiqué de la primature présentant le nouveau cabinet parle de « la formation d'un gouvernement d'ouverture et d'efficacité ». L’opposition parle déjà de « gouvernement de fermeture » ou « de couverture ». Fermeture parce qu’aucun des partis politiques de l’opposition n’y est associé. Le cabinet d’avril n’a ni technocrate ni membre de la société civile, selon eux. Martelly-Tèt Kale-Lamothe ont fait du Martelly-Tèt Kale-Lamothe. Couverture parce que grâce à ce coup d’éclat médiatique, la continuité se donne de nouveaux habits. D’un autre côté, qui de l’opposition voulait vraiment du dialogue ? Qui voulait entrer dans le gouvernement ? Qui veut aller aux élections avec cette équipe au pouvoir ? Avec ce nouveau tournant, on ne peut encore dire si l’accord contesté va bien ni s’il vit ses derniers moments, ayant servi de passerelle pour passer un cap.