Didier Fils-Aimé, Yanick Gaston Louis, Henri Bazin, respectivement présidents de la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti (CCIH), de Femmes en démocratie (FED) et de la Chambre de conciliation et d’arbitrage d’Haïti (CCAH), se sont réunis aux côtés du ministre du Commerce Wilson Laleau afin de parapher chacun un protocole d’accord avec le MCI.
Avec la signature de ce protocole d’accord, le MCI entend garantir, selon les dires du ministre Laleau, une croissance économique socialement et géographiquement équitable. Pour ce faire, le MCI s’engage notamment à lever les contraintes à l’investissement liées notamment au cadre légal des affaires, à offrir des services de proximité à ses publics-cibles, à améliorer la compétitivité des produits locaux liée aux problèmes séculaires des entreprises et à l’organisation des marchés de filières stratégiques.
« Nous avons un pays bloqué au niveau économique au XIIe siècle », a constaté le ministre du Commerce. En vue de changer de paradigme et pour réaliser sa mission, le ministère doit pouvoir se rapprocher des ses publics-cibles, à savoir l’entrepreneur, l’investisseur et le consommateur. Le partenariat public-privé étant l’un des piliers de la stratégie du MCI, la signature de ces trois protocoles d’accord, selon Wilson Laleau, a déjà un impact économique énorme.
Le président de la CCIH, Didier Fils-Aimé, n’a pas caché sa satisfaction en signant cet accord. Pour lui, la signature de cet accord signifie que l’Etat va enfin accompagner le secteur privé dans ses tentatives de créer des emplois et de la richesse. En effet, ce protocole d’accord prévoit la fourniture d’équipements et de mobiliers de bureau, l’organisation de sessions de formation sur des thèmes d’importance et la mise en place des Services d’aide aux entreprises (SAE) du MCI au niveau départemental dans le cadre d’un partenariat avec les Chambres de commerce et d'industrie (CCI ) départementales.
Les SAE sont des entités créées en support aux entreprises locales qui représentent le Centre de développement de l’entreprise et de l’entrepreneuriat (CDEE) du MCI au niveau des dix départements géographiques du pays. Leur mise en opération nécessite le recrutement d’une équipe comprenant : un juriste, un spécialiste en développement de marché, un comptable-gestionnaire et un économiste-statisticien. Pour l’instant, Wilson Laleau a fait savoir que ces structures ont pu être montées seulement dans deux départements du pays : le Nord et le Nord-Ouest. L’Ouest et l’Artibonite, quant à eux, auront plus de SAE en raison de leur superficie, de la taille de leur population ainsi que leurs potentialités.
De son côté, Henri Bazin, en apposant sa signature au bas du protocole d’accord à côté de celle du ministre Laleau, oblige le MCI à apporter son support au renforcement institutionnel de la CCAH. Ce support portera, entre autres, sur les activités de : renforcement de la structure organisationnelle du secrétariat général de la Chambre, formation à l’intention des arbitres, des conciliateurs, des juges, de la communauté juridique et des affaires, révision des textes réglementaires devant contribuer à l’amélioration de l’environnement des affaires.
L’autre partenaire du MCI à signer cet accord est les Femmes en démocratie (FED). Selon ce que stipule ce protocole, le MCI s’engage à accorder à FED une subvention d’un million cinq cent mille gourdes à partir du projet d’appui au commerce intérieur et à la promotion des produits locaux. FED s’engage pour sa part à offrir un support aux artisans à travers une assistance technique nationale et internationale ainsi qu’à fournir un espace adéquat aux artisans, associations de producteurs et entrepreneurs pour l’exposition de leurs produits.
Selon des données provenant du recensement du MCI sur les entreprises haïtiennes : 75% des entreprises actives à travers le pays sont intéressées à l’achat et à la revente, 92% d’entre elles sont familiales avec des chiffres d’affaires faibles et moins de 1% de ces entreprises ont un statut de société anonyme. Fort de ce constat, Wilson Laleau estime que le principal partenaire du MCI est la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti. En encadrant une Chambre de commerce départementale, le ministre du Commerce dit espérer qu’une rupture se fera et que le secteur privé va commencer à travailler avec l’Etat et inversement.
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