Vingt-quatre heures après son installation à la Primature comme nouveau ministre chargé des Relations avec le Parlement, Félito Doran fait son entrée au Sénat en compagnie du ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle. L’audition mardi du ministre Nesmy Manigat à la Chambre haute n’a pas permis au professeur Doran de s’asseoir avec les bureaux des deux chambres en vue de concilier les rapports entre le bureau du ministre et les deux chambres. Après le passage tumultueux de Ralph Théano dans cette fonction, le nouveau ministre doit pouvoir réussir là ou son prédécesseur a piteusement échoué.
Ancien vice-président et président par intérim de la Chambre des députés lors de la 47e législature, Félito Doran, troisième ministre chargé des Relations avec le Parlement et réputé lavalassien modéré, honnête, doit tout mettre en oeuvre pour créer cette synergie nécessaire à l’harmonisation des rapports entre le gouvernement et le Parlement. Qu’il s’agisse d’audition, de demande d’information ou de rencontre, de fixer l’ordre du jour des séances, de solliciter le bénéfice de l’urgence dans le vote des actes législatifs, le ministre chargé des Relations avec le Parlement devient la plaque tournante.
Avec un bilan insignifiant pendant les trois ans passés au Parlement, les deux chambres ont voté environ 12 lois. Comment le ministre Doran pourra-t-il remettre les pendules à l’heure ? Cinq projets de loi sont en souffrance au Parlement alors que 12 textes de loi qui concernent l’éducation et la santé ont été acheminés au Parlement sans aucun dépôt officiel des ministres de l’Education et de la Santé. L’incapacité de l’ex-ministre Ralph Théano à pouvoir accompagner ces grands commis de l’Etat pour l’exposé des motifs de ces textes de loi lui a valu l’indifférence des bureaux des deux chambres. C’est en quelque sorte toutes ces anomalies qui caractérisent le passage du ministre Théano à ce poste pendant trois ans.
A sept mois de la fin du mandat de la Chambre des députés et d’un tiers du Sénat, il serait bienséant que les deux chambres mettent les bouchées doubles afin de statuer sur ces 12 textes de loi pour se rapprocher des quatre dernières législatures qui ont voté chacune une vingtaine de lois. Les parlementaires devraient accorder la priorité à ces instruments d’intérêt vital à l’occasion de la Coupe du monde de football et de la saison des fêtes patronales. Avec l’humilité qu'on lui connaît, Félito Doran, éducateur de son état, doit pouvoir convaincre d’abord la majorité présidentielle, et ensuite les parlementaires hostiles au gouvernement pour leur faire comprendre que les lois votées seront utiles au pays et non au président Martelly particulièrement.
Lemoine Bonneau
lbonneau@lenouvelliste.com
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