« Tout ce qui a rapport avec l’électricité et l’électronique n’a pas de secret pour moi […] Quoi qu’ayant suivi des cours de base en électricité, je crois que mon intelligence me vient de Dieu, c’est quelque chose d’inné », révèle Patrick Saintyl qui, semble-t-il, a le pouvoir de transformer tout ce qu’il touche en courant électrique.
En 2000, il réalise son premier « inverter » (onduleur en français). Depuis lors, ses connaissances techniques, sur cette machine électrique destinée à transformer un courant continu en courant alternatif, se sont beaucoup affinées.
Il s’est donné du temps, plus d’une décennie, pour revoir ses méthodes afin de mettre sur le marché deux nouvelles inventions. La première est une lampe rechargeable munie d’un « lighter » (allume-cigare, en français) permettant la recharge des téléphones portables. Après recharge, la batterie de cette lampe fournit un puissant éclairage pouvant aller jusqu’à 48 heures.
« Les parents ne pourront plus associer l’échec scolaire de leurs enfants à une alimentation électrique sporadique », affirme Patrick Saintyl, véritable génie en herbe de l’électricité qui dispose de plusieurs cordes à son arc. Musicien (il joue de la batterie), informaticien, mécanicien, ce touche-à-tout voue un culte particulier à l’électricité.
Son rêve : prouver que nous autres Haïtiens, nous sommes en mesure de solutionner nous-mêmes nos problèmes d’alimentation en électricité. En effet, il achète localement les pièces et accessoires devant servir à la fabrication de ses inventions.
La deuxième invention de Patrick Saintyl s’inspire du système rechargeable des ordinateurs portables. Ce dernier présente une version améliorée et beaucoup plus complète de sa précédente invention. « Auto Power Light », c’est son nom, offre plus de possibilités d’énergie avec une paire de batteries rechargeables, à la fois à partir du courant alternatif et du courant provenant d’un panneau solaire.
En plus du « lighter » et de la lampe rechargeable, « Auto Power Light » dispose d’un « inverter » capable de fournir du courant pendant environ 5 heures.
« Grâce à mes contacts, j’arrive tant bien que mal à écouler ces deux modèles. Par exemple, ma compagnie a déjà vendu 30 exemplaires de « Power light » (la lampe rechargeable) mise sur le marché depuis décembre 2013 », a fait savoir Patrick Saintyl qui reconnaît que les choses pourraient aller mieux pour lui ainsi que pour sa compagnie, Saintyl Power Tech.
En attendant, Patrick Saintyl reçoit les commandes et les exécute chez lui. En ce sens, ce dernier et ses trois associés (Mario Saintyl, son frère, Jude Altiné et Vladimy François) sont activement en quête de financement pour pouvoir payer un local à Saintyl Power Tech. Son ancien local à la rue de Réunion s’étant effondré lors du séisme du 12 janvier 2010.
Son plan d’affaires acheminé à plusieurs banques, Patrick Saintyl se croise les doigts. Au moment où il donnait au journal cet entretien, un officier de crédit lui rendait visite. Si le prêt lui est accordé, on ne tardera sans doute pas à parler de Patrick Saintyl comme étant le Thomas Edison haïtien.
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