Je salue le courage de l’auteur de l’article sur l’anglicanisme publié récemment dans Le Nouvelliste. Je le remercie de m’avoir offert l’opportunité de présenter au public certaines facettes de l’anglicanisme difficilement maîtrisables de l’extérieur. Dans cet article, l’auteur allègue que l’Eglise d’Angleterre avait rompu avec Rome et le Vatican pour « des raisons personnelles (Henri VIII)…À l’inverse de ce qui s’est passé en Europe continentale, la séparation entre l’Eglise d’Angleterre et la papauté ne vint pas de querelles théologiques, mais politiques ». Une telle affirmation traduit une certaine méconnaissance de la Réforme du XVIe siècle. J’avais un professeur d’histoire au collège Saint-Pierre qui s’appelait Rémy Zamor et qui disait souvent à ses élèves que, pour bien comprendre un fait historique, il faut, entre autres choses, essayer de cerner d’abord les causes profondes, puis les causes occasionnelles. Il y avait de sérieuses divergences théologiques entre l’Angleterre et Rome sur la manière d’être Eglise, sur la façon de diriger l’Eglise. Un peu d’histoire Au XIVe et XVe siècle, c’était l’éclosion de l’humanisme de la Renaissance. Ce mouvement avait trouvé écho sur les rives de l’Angleterre qui était, à l’époque, la reine des mers. Les idées dont discutait dans l’Europe continentale atteignaient certainement l’Angleterre. Il était devenu évident qu’il fallait « réformer l’Eglise dans sa tête (pape et évêques) et dans ses membres ». C’était la contestation dans l’Eglise. L’histoire de l’Eglise se souvient de deux précurseurs de la Réforme qui ont osé proposer des réformes et qui ont payé cher pareille audace: John Wyclif, prêtre anglais, qui a été chassé de sa paroisse et renvoyé du clergé, et Jan Hus, prêtre et recteur de l’Université de Prague, qui a été remis à l’Etat par le pape pour être brûlé vif au Concile de Constance en 1412, après avoir été interrogé et déclaré hérétique. L’Eglise venait de tuer un prêtre et recteur d’université pour avoir pensé et proposé la réforme de l’Eglise. L’affichage des 95 thèses de Martin Luther sur la doctrine de la justification par la foi à la porte de l’église du château de Wittenberg en octobre 1517 était l’élément détonateur de la Réforme continentale qui allait rapidement atteindre l’Angleterre grâce à l’invention de l’imprimerie par Gutenberg qui était seulement de ¾ de siècle. Le père John Colet, qui sera plus tard doyen de la cathédrale Saint-Paul de l’Angleterre, revenait de ses études en Italie avec une passion pour les études bibliques, passion qu’il partageait avec le jeune avocat Thomas More et son visiteur Desiderius Erasmus (Erasme). Des cercles d’universitaires anglais parlaient déjà d’appliquer ces nouvelles idées à la vie ecclésiale britannique. Ces humanistes étaient soutenus par un groupe d’Anglais, les Lollards, qui, avant même l’influence des idées de la Renaissance, militaient déjà pour la réforme de l’Eglise d’Angleterre. Des théologiens réformateurs comme William Tyndale, Thomas Cranmer, John Jewel et bien d’autres cherchaient activement à réformer l’Eglise d’Angleterre « dans sa tête et dans ses membres ». Ils voulaient débarrasser l’Eglise de son carcan moyenâgeux (la vente des sacrements, les indulgences, la manipulation des conditions de vie après la mort pour faire passer les âmes du purgatoire au paradis, le culte des saints, la mauvaise gestion des biens de l’Eglise par le clergé, le bas niveau d’éducation du clergé, etc.). Les tenants de la réforme en Angleterre voulaient une Eglise qui garderait la Foi catholique dans son intégralité, c’est-à-dire la vérité du Christ contenue dans la Bible, clairement exprimée dans les Symboles des Apôtres et de Nicée, dans les sacrements et un retour aux rites de l’Eglise primitive (l’Eglise des quatre premiers siècles) avec les trois ordres de ministres ordonnés (diacres, prêtres et évêques). Telles étaient les causes profondes de la réforme de l’Eglise d’Angleterre. Les réformateurs anglais se souvenaient très bien du sort de Jan Hus et savaient aussi que, pour réussir la réforme de l’Eglise d’Angleterre, ils devaient s’assurer de l’appui du « bras séculier », c’est-à-dire obtenir l’aval et la protection du roi d’Angleterre. La question du divorce du Roi Henri VIII fournira l’opportunité (cause occasionnelle) tant recherchée pour que la Réforme religieuse continentale se réalise enfin sur l’île britannique. Qui était Henri VIII ? Henri VIII, qui a vécu de 1491 à 1547, avait remplacé sur le trône d’Angleterre son frère Arthur, décédé. Il n’avait que 18 ans quand il arriva au pouvoir. Il avait la délicate mission de consolider l’unité du royaume établie par son père au coût d’énormes sacrifices. Il obtint donc la dispense du pape pour marier la veuve de son frère Arthur, Catherine d’Aragon. Un tel mariage était considéré comme incestueux et seul le pape pouvait l’autoriser. Henri VIII avait vivement attaqué Martin Luther et ses 95 thèses en publiant son « Assertio Septem Sacramentorum » (De l’affirmation des sept sacrements). Cet ouvrage fit la joie du pape Léon X qui donna à Henri VIII le titre de « Fidei Defensor » (Défenseur de la Foi). Au beau milieu des années 1520, Henri VIII pensa qu’il n’a pas eu un enfant mâle de sa femme parce que Dieu le punissait pour avoir marié la veuve de son frère. En 1527, il sollicita du pape Clément VII l’annulation de son mariage avec Catherine d’Aragon dans le but de se marier à Anne Boleyn. Le pape n’acquiesça pas à la demande du roi d’Angleterre parce que Catherine d’Aragon était la tante du roi Charles V de l’Espagne qui fournissait au Vatican des soldats pour garder le pape. C’était la raison principale du refus de Clément VII d’annuler ce mariage royal. Contrairement à ce que dit l’auteur de l’article sur l’anglicanisme récemment publié dans Le Nouvelliste, l’Eglise catholique romaine n’accepte pas de divorce, mais prononce l’annulation de mariage. Elle ne le fait pas seulement en cas de flagrant délit d’adultère, mais aussi pour des raisons d’État. En témoignent le cas du roi Henri VII et l’annulation du mariage de madame Michèle Bennett en 1980. En 1529, Henri VIII se tourna vers les universitaires et réformateurs anglais qui décidèrent de l’appuyer à condition qu’il approuvât la réforme de l’Eglise d’Angleterre et la rupture avec Rome. Cela a été la cause occasionnelle de cette réforme. L’encyclique Apostolicae Curae En 1896, le pape Léon XIII publia l’encyclique « Apostolicae Curae »déclarant « nulles les ordinations anglicanes ». Le titre français de cette lettre du pape serait « cela fait partie de notre charge apostolique ». Alors, une question se pose. De quel droit le chef d’une dénomination chrétienne pourrait décider de la validité ou non des ordres conférés par une autre confession chrétienne ? Qui, sur terre, aurait le monopole de l’Esprit Saint et de l’abondance de ses dons? Selon toute vraisemblance, le pape Léon XIII aurait agi sous la pression de la hiérarchie catholique romaine de l’Angleterre qui souhaitait condamner les ordres anglicans et cherchait des arguments théologiques impossibles à trouver. Puisque la théorie des ordres de l’Eglise catholique romaine se situe dans la lignée augustinienne, le pape ne pouvait pas tout simplement dire que, parce que ces ordres ont été conférés en dehors de Rome, ils ne seraient donc pas valides ; le Vatican a beau essayer toutes sortes « d’artifices théologiques » pour y parvenir. Pour les anglicans, cette lettre du pape vaut ce qu’elle vaut et n’a aucune valeur théologique, encore moins chrétienne. C’était tout simplement du papisme. Les anglicans et le concile Vatican II C’est avec raison que l’auteur de l’article relate la détente qui prévalait entre catholiques romains et anglicans au cours du Concile Vatican II avec un pape très bien éclairé par l’Esprit Saint, le pape Paul VI. Il est vrai que les anglicans avaient une place particulière dans la galerie des observateurs œcuméniques du concile. Il y avait un plus que cela. Le concile a profité du travail d’un des plus grands liturgistes du XXe siècle qui était un moine bénédictin anglican pour orienter la réforme liturgique de l’Eglise catholique romaine qui sortira du concile Vatican II. Il s’appelait Gregory Dix et il a vécu de 1901 à 1952. Son fameux ouvrage The Shape of the Liturgy publié en 1945 est devenu un classique lu, relu et ressassé par tous les anglicans friands de liturgie et très prisé chez les grands liturgistes catholiques romains. Un exemple. Nous savons tous que c’était après le concile Vatican II (après 1965) que l’Eglise catholique romaine a détaché le maître-autel du mur-est de l’église pour que le célébrant puisse donner face à la congrégation. Dieu n’était plus en dehors de l’assemblée et le célébrant n’était plus cet intermédiaire qui intercédait pour le peuple. Dieu est maintenant au milieu de son peuple. Cette pratique avait été initiée par les épiscopaliens/anglicans d’Haïti en 1961 lors des célébrations du centenaire (1861-1961) de l’Église épiscopale en Haïti en la cathédrale Sainte-Trinité. Ce fut également l’entrée des instruments de musique locaux, comme le tambour, dans les grandes célébrations eucharistiques. À la fin de la dernière session du concile Vatican II en novembre 1965, le pape Paul VI recevait les observateurs anglicans en audience privée. L’objectif de cette rencontre était d’étudier les possibilités de changement dans les relations entre les deux églises. Le pape Paul VI avait profité de cette atmosphère cordiale et chrétienne pour inviter officiellement l’archevêque de Cantorbéry, Mgr. Michael Ramsey, au Vatican. En mars 1966, le pape Paul VI et l’archevêque de Cantorbéry se rencontrèrent au Vatican. Ils décidèrent d’entreprendre une série de dialogues sur la Bible, la tradition, la liturgie et sur d’autres points de divergence. A l’automne 1967, ils mirent sur pied une commission préparatoire conjointe qui a tenu quatre sessions de travail et produit le « Malta Report » en janvier 1968. Le dialogue se poursuivit avec la création en 1969 de la « Anglican-Roman Catholic International Commission (ARCIC-1) avec deux coprésidents, un évêque catholique romain et un évêque anglican. Cette commission a produit les documents suivants : Ministère et Ordination (1973), L’Autorité dans l’Eglise I (1976), L’Autorité dans l’Eglise II (1981). Avant la dissolution de ARCIC – I en 1982, la commission remit son rapport final aux leaders des deux communions. Une nouvelle commission, ARCIC- 2, vit le jour la même année et produisit une nouvelle série de documents incluant ceux sur Le salut et l’Eglise (1987), l’Eglise comme Communion (1991), La vie en Christ : Morale, Communion et Eglise (1994), Le Don de l’Autorité (1999). Le dialogue entre anglicans et catholiques romains s’est malheureusement évanoui avec la décision des anglicans d’accepter l’ordination des femmes. Quelques informations d’ordre général sur l’anglicanisme L’anglicanisme est une branche de l’Église universelle (Katholikos) qui est à la fois catholique et réformée, priant et militant pour l’unité des chrétiens. Il est vraiment cette église-pont entre le catholicisme et le protestantisme. Ses immenses contributions à l’œcuménisme sont connues et attestées par tous les croyantes et croyants recherchant l’unité du peuple de Dieu, une unité qui doit se vivre dans la diversité. Sans entrer dans les différences entre transsubstantiation (catholique romain) et consubstantiation (anglican) au niveau de l’eucharistie, je souligne à l’attention des lecteurs que les églises épiscopales/anglicanes valorisent aussi bien les sacrements que la Bible. La notion d’autorité chez les anglicans repose sur trois piliers qui sont la Bible, la Tradition et la Raison. C’est cette compréhension de l’autorité qui rend les églises anglicanes ouvertes aux démarches scientifiques et à l’apport des sciences humaines dans l’appropriation et le vécu de la foi. Les églises anglicanes ont donc une toute autre perception des femmes. Elles sont égales aux hommes et elles ont été créées, comme eux, à l’image et à la ressemblance de Dieu. Elles peuvent être donc appelées à servir à tous les niveaux du leadership de l’Eglise. Car Dieu appelle non en fonction du sexe, mais en fonction de la foi et des dons reçus de l’Esprit Saint. C’est aussi cette ouverture qui permet aux églises anglicanes d’encourager et de motiver les fidèles à s’impliquer dans la recherche scientifique sans risque de censure. Voilà pourquoi des savants épiscopaliens/anglicans comme Isaac Newton, Charles Darwin et Donald W. Douglas, Sr., (inventeur d’avion), entre autres, ont pu poursuivre, sans crainte de censure, leurs travaux de recherche et aboutir à des résultats concluants pour l’humanité. Les ministres ordonnés (diacres, prêtres et évêques) des églises anglicanes ont le droit de se marier. Il n’y a aucune incompatibilité entre le fait d’être marié et l’exercice des ministères ordonnés. Des catholiques romains seront surpris d’apprendre que saint Pierre, le premier pape de l’Église, était marié. Les évangiles synoptiques, Matthieu 8, 14-15, Marc 1, 29-31 et Luc 4, 38-39, nous relatent l’histoire de la guérison de la belle-mère de Pierre, la mère de la femme de saint Pierre. Impact religieux et pastoral de l’Église épiscopale d’Haïti L’auteur de l’article publié récemment dans Le Nouvelliste ne semble pas bien saisir l’impact pastoral et religieux de l’Église épiscopale sur le pays. Le Petit Larousse définit l’impact comme « l’effet produit par quelque chose : influence qui en résulte. En 153 ans de présence, je crois que l’impact religieux et pastoral de l’Église épiscopale sur le pays est considérable. L’Eglise n’est pas une organisation internationale qui fait du social ou de l’humanitaire. Ce que cet auteur appelle les « œuvres éducatives, humanitaires et sociales » de l’Église épiscopale constitue le cœur même de la mission de Dieu, Missio Dei, dont l’Eglise est dépositaire. Que lisons-nous dans l’Évangile selon saint Luc 4, 18-19? » « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a conféré l’onction pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé proclamer aux captifs la libération, et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté, proclamer une année d’accueil par le Seigneur » Cette mission vise le bien-être de la personne humaine dans son intégralité. Quand Jésus guérissait les malades, il faisait de l’évangélisation. Quand il nourrissait les affamés, il leur faisait connaître l’amour manifeste de Dieu pour eux. A travers toutes ces actions, Jésus révélait Dieu aux gens de son temps. Dieu nous rejoint là où nous sommes et nous apporte le réconfort nécessaire. C’est un acte bien pastoral de se pencher sur le sort des plus petits de la société. Il est également religieux de sortir l’autre de la maladie, de la faim et de l’ignorance pour l’aider à célébrer dans la joie le message pascal, la lumière du monde, le Crucifié Ressuscité. Matthieu 25, 31-46 nous parle éloquemment de ce genre d’évangélisation. Avant l’ouverture de l’École Saint-Vincent pour les enfants handicapés en 1945 par l’Église épiscopale d’Haïti, les parents cachaient leurs enfants handicapés quand ils recevaient des visiteurs. Il n’y avait aucune institution d’éducation sérieuse pour ces enfants. Ils étaient très souvent humiliés ; on les appelait « kokobé ». En ouvrant ce centre, l’Église épiscopale d’Haïti est venue rappeler à la société haïtienne que ces enfants handicapés font partie du peuple de Dieu et qu’ils ont les mêmes droits et privilèges que les enfants dits « normaux ». Tout cela n’est ni de l’humanitaire, ni du social. C’est de la pastorale, c’est la foi en action. C’est donc du religieux. D’autres églises ont emboîté le pas. Nous rendons grâce à Dieu. L’Église épiscopale avait vite compris que la meilleure pastorale auprès des Haïtiens et Haïtiennes devait se faire avec, dans et à travers la culture de ce pays qui fait l’envie de beaucoup de nations à travers le monde. A travers les fresques murales de la cathédrale Sainte-Trinité, l’Eglise épiscopale d’Haïti disait au monde entier que l’Evangile de Jésus Christ pouvait trouver des points d’ancrage dans la culture haïtienne et que des artistes haïtiens n’avaient pas trop à envier à Michelangelo. En outre, l’Eglise épiscopale d’Haïti a fondé une école de musique de renom, l’Ecole de musique Sainte-Trinité qui a servi de point de rencontre entre les différentes couches de la société haïtienne. Qui ne se réjouit pas de voir les jeunes des deux extrêmes de nos stratifications sociales se côtoyer, vivre et faire de la musique ensemble dans les rangs de l’Orchestre philharmonique Sainte-Trinité ? L’Eglise épiscopale le fait pour satisfaire à un impératif essentiel de l’Evangile, l’unité des enfants de Dieu, pour la mise en valeurs des dons et talents reçus de l’Esprit Saint par chacun de nous (1 Corinthiens 12), et le plein épanouissement de la personne humaine. D’ailleurs, c’est dans ce même esprit que l’Église épiscopale d’Haïti avait ouvert le Musée d’art haïtien du collège Saint-Pierre au début des années 1970. Toute bonne évangélisation doit prendre en compte la culture locale. L’Église épiscopale d’Haïti a une option préférentielle pour les zones rurales de ce pays. Cette Église travaille avec des paysans qui n’ont jamais vu un maire, un député, un sénateur, ni un président de la République. Pourtant les prêtres et évêques épiscopaliens/anglicans les visitent régulièrement dans les mornes, les vallées et les plaines. L’Eglise leur donne accès à l’éducation de base, à des soins de santé primaires et à d’autres services communautaires. Là encore, il s’agit d’action pastorale et religieuse. L’impact pastoral et religieux de l’Église épiscopale d’Haïti doit être palpable pour celui ou celle qui connaît l’état de privation dans lequel vivent les populations rurales éloignées de ce pays. L’Église est présente dans ces zones au nom de l’amour du Christ pour l’humanité entière. Ce que beaucoup appellent les œuvres sociales et caritatives ne sont ni plus ni moins que de l’évangélisation et de la pastorale. Bref, c’est la foi agissante, c’est la foi en action. Somme toute, le divorce du roi Henri VIII, qui avait épousé la femme de son frère défunt avec la permission expresse du pape, est considéré par les historiens sérieux comme la cause occasionnelle de la réforme de l’Eglise d’Angleterre au XVIe siècle. La cause profonde reste et demeure la nécessité de « réformer l’Eglise dans sa tête et dans ses membres ». Les idées de cette vaste réforme continentale avaient traversé la Manche pour atteindre l’Angleterre. Pour les épiscopaliens/anglicans, l’encyclique « Apostolicae Curae » du pape Léon XIII traduisait clairement la volonté du Vatican de l’époque de voir l’Eglise universelle uniquement à travers le prisme romain. De telles visées hégémoniques nous forcent à nous rappeler constamment qu’aucune dénomination chrétienne n’a le monopole des ministères de l’Eglise. Les relations anglicans/catholiques romains d’après-Vatican II ont servi la cause du christianisme universel. Il est souhaitable que ces dialogues reprennent pour la grande gloire de Dieu. Quant à l’impact pastoral et religieux des anglicans en Haïti, il est plus que visible.