Tout le monde sait bien, et surtout dans notre cher pays, que la meilleure façon de se faire connaîitre et de pouvoir défendre ses intérêts est de se trouver une visibilité politique. Aussi, se sentant tantôt délaissée tantôt victime d’une discrimination éhontée s’apparentant à une tentative de génocide, la faune des IST a donc décidé de mettre sur place un Parlement qui aura pour but de combattre cette incompréhension que l'on a à son égard. Ne voulant pas être taxé d'esprit partisan, je suis donc parti à leur rencontre pour entendre leur revendication et m’en faire le porte-parole en quelque sorte. Que le lecteur vindicatif m’excuse donc de n’avoir investigué les hôtes masculins que par leur femme interposée, car étant allergique à la génitalité male. Je me suis donc contenté d’étendre mes recherches directement aux régions concernées par cette étude mais tenues par les femmes. Soit dit en passant, cela vaut bien le détour, mais le risque pour ma vie, quelques fois, fut grand. Que voulez-vous? je suis prêt à me sacrifier pour vous… Les premiers individus rencontrés furent, somme toute, assez accrocheurs bien qu’un peu de mauvais poil. Il faut cependant les comprendre. Ces plébéiens du phtirius capitis ou pou de la tête, n’ayant droit aucunement au soleil du chef, durent se réfugier dans les moiteurs glauques du périnée. Espérant malgré tout une place au soleil, ils virent leur espoir récompensé par la réduction drastique du costume de bain. Mais ils déchantèrent rapidement, car le monde moderne, ayant horreur du poil autre part que sur la tête, entreprit, par de nombreux rasages, la destruction de leur habitat naturel. Au Brésil, pays du string, vu qu’il ne peut plus se gausser d’être celui du foot, certaines sous espèces seraient même en voie de disparition. Pire, leurs hôtes devenant pointilleux, il n’est plus de bon ton de se gratter l’entrejambe en société. Ces pauvres êtres, ces incompris sont donc victimes d’une campagne d’extermination, mais cela n’a point atteint leur revendication farouche. Pour preuve, leur démarche pour une représentation substantielle au Parlement. Leur slogan : « Camarades morpions adhérez aux parties…(Colluche) ». Pour les autres, ils ont opté pour une formule plus discrète et œuvrent en profondeur. Mais ils ne peuvent pas tout cacher et les organes du désir prennent des fois des aspects pas ragoûtants. C’est donc la raison des revendications de certains comme le tréponème pale. Il aurait bien aimé que la syphilis ne donne pas ce fameux chancre dur qui le dénonce. Comment se développer en toute impunité ? Aussi les tréponèmes font-ils alliance avec les bacilles de Ducrey (responsables du chancre mou) pour baisser les réponses immunitaires des hommes. Comme quoi, ils voudraient bénéficier des avantages de leur dieu et j’ai nommé ainsi le sida ! Ce dernier est l’IST de rêve, évoluant à bas bruit, pratiquement imperceptible pendant les trois premiers mois de son incubation, il surprend tout le monde en s’attaquant aux défenses de l’organisme. Mais la tri-thérapie lui donne du fil à retordre. Pas de panique cependant, car il a de beaux jours devant lui, vu que les médicaments sont trop chers pour les pauvres et que seules des discussions stériles sont entreprises pour son éradication. Le sida a un allié de taille : la cupidité. Grâce à elle, la priorité est plutôt à l’enrichissement, grâce à la mise sur pied de juteux programmes que le traitement efficace des malades. Mais tous ces agents pathogènes revendiquent haut et fort « le sexe sans latex , car cette barrière hermétique s’oppose outrageusement à leur propagation. Il y a quand même un certain bémol, car l’utilisation de la capote entraîne une augmentation des comportements à risque, comme ce fut le cas lors de l’invention de la ceinture de sécurité. Heureusement que celui qui a dénoncé ce fait est le pape : il est contre le latex et prêche l’utopie de la chasteté, malgré tout moins surréaliste que la fumeuse chasteté des cultes réformés. Ainsi donc les vecteurs des IST revendiquent une forme de respect, car ils estiment qu’eux aussi sont des créatures de Dieu, qui vit que cela était bon. Ils ont comme alliés des personnes qui, pour une raison ou une autre, ne croient pas en leur existence et dénient toute forme de protection pour elles et celle des autres. C’est le plus frustrant pour nos revendicateurs de savoir que la plus grande aide qu’ils ont vient de ceux qui pensent que leur action est le fruit de la malveillance de mauvais esprits !