Lentement mais sûrement, Geo Wiener S.A, depuis son usine de Delmas, s’active afin de trouver d’autres marchés pour le café haïtien. La grosse barrière beige franchie, on a l’impression de s’être introduit dans une fourmilière. Des ouvriers allant et venant, dans toutes les directions, plusieurs containers en attente d’être chargés ou d’être déchargés, des piles de sac remplis de café, de cacao, de maïs ou de pois…
Orfèvre en la matière, Douglas Wiener débute la visite par le glacis où une quantité impressionnante de café et de cacao est en train d’être séché. Car, en plus du café, Geo Wiener S.A s’occupe également du cacao. « Notre usine emploie plus de 200 personnes. À cause de sa taille, Ti Malice s’en sert pour le stockage, le séchage de son maïs et de son pois », a fait savoir Douglas Wiener.
Après l’entrepôt, la visite s’est poursuivie à la salle de torréfaction où une imposante machine entreprend de griller le café. Opération essentielle dans la préparation du café. « L’usine a la capacité de produire 24 heures sur 24 […] Dans les prochains jours, nous allons faire l’acquisition d’une autre machine qui va tripler la productivité de l’usine », annonce Douglas Wiener.
Enthousiaste suite au récent marché conclu avec Walmart, grâce notamment au précieux concours de son associé, Jean René Faustin, Douglas Wiener n’a pu s’empêcher d’exprimer quelques-unes de ses préoccupations. Lesquelles sont : la baisse de jour en jour de la production du café, le manque d’entretien des champs de jardin, la vulnérabilité de cette plante face à la houille (une maladie néfaste pour le café).
Et, par-dessus tout, la concurrence des Dominicains qui traversent la frontière pour se procurer le café haïtien. Selon Douglas Wiener, 30% du café haïtien va en république voisine. « Nos voisins accueillent chaque année près de 4 millions de touristes […] La demande là-bas est très forte en matière de café et en plus ils en exportent », a affirmé Douglas Wiener.
Toutefois, le jeune entrepreneur ne s’avoue pas vaincu pour autant. Grâce à l’intérêt manifeste du gouvernement pour l’industrie touristique, il entend tirer son épingle du jeu. Trouver d’autres débouchés. A l’instar de celui de Walmart. Car, d’après lui, le marché du café marche de pair avec le tourisme.
Pour l’instant, il attend de l’État qu’il intervienne dans la production du café en aidant notamment à la préparation des pépinières. « Le café représente la banque des paysans […] Pas moins de 200 000 familles vivent du café », a fait savoir Douglas Wiener.
Ce dernier, tout en faisant les délices des milliers d’amateurs de ce breuvage, ici et ailleurs, entend combattre également la mauvaise perception que rien de bon ne peut être produit dans le pays.
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