La question de ramassage de détritus à Port-au-Prince est depuis des décennies un casse-tête. Les mairies comme le Service métropolitain de collecte des résidus solides (SMCRS) ne font que tourner en rond. De campagne en campagne, le décor d’insalubrité reste inchangé. On n’a pas besoin d’une paire de jumelles, ni d'une quelconque étude pour s’en rendre compte. La réalité saute aux yeux. La ville est propre ou elle est sale. Des poubelles ne sont pas vidées par-ci, des piles de détritus sont remarquées par là. Tel quartier est propre, tel autre ne l'est pas.
Depuis quelque temps, des responsables du SMCRS convoquent régulièrement la presse pour parler de « leur campagne d’assainissement » ou d’un plan spécial d’assainissement pour tel mois à l’occasion de telle activité. On ne compte plus les interventions de l’actuel DG du SMCRS, Donald Paraison, aux conférences de presse quotidiennes de la Primature. A l'occasion de chaque festivité (carnaval, Pâques, Noël ...), le SMCRS a son plan d’assainissement temporaire. Une fois que le plan touche à sa fin, les quartiers concernés retrouvent leur vrai visage.
Pour la rentrée des classes, le SMCRS dispose d'une enveloppe spéciale. 100 millions de gourdes. Le DG fait part des « mesures d’assainissement adoptées dans le cadre de la rentrée des classes fixée au lundi 8 septembre prochain ». « Le SMCRS devra créer entre 5 000 et 6 000 emplois au profit des citoyens vulnérables pour lesquels cette année scolaire représente un vrai casse-tête », a indiqué Donald Paraison, soulignant que « ces emplois temporaires dont la durée n’excédera pas deux mois permettront aux ménages en condition précaire de répondre aux charges économiques de cette rentrée scolaire ».
Créer 6 000 emplois, même temporaires, dans un pays où le chômage est roi, est à applaudir. Le SMCRS peut en être fier. Cependant, est-ce trop demander que de chercher à savoir ce que vont devenir les zones concernées par ledit plan après l’épuisement des fonds ? L’assainissement d’une ville ne doit-il pas être une tâche permanente ?
Au lieu de mettre en place en permanence des programmes d’assainissement temporaires pour des périodes spécifiques, les responsables du SMCRS ne devraient-ils pas chercher à inscrire leurs actions dans la durée ? Inciter l'Haïtien à développer un meilleur comportement face à l'environnement et prendre des mesures plus appropriées ?
Le SMCRS devrait se rappeler que les conférences et les communiqués de presse ne peuvent pas masquer la réalité.
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