Dans deux communiqués publiés jeudi par le service de communication de la primature, le mot développement a été utilisé. Dans le premier, il est fait état de l’avancement du plan spécial de Terrier-Rouge piloté par le ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Wilson Laleau. Dans le second, de ce qui se passe à l’île de La Tortue. Partout et aussi dans d’autres notes du même genre, il est question de venir en aide à la population et de dynamiser le processus de développement des régions concernées. Si l’aménagement d’un microparc agro-industriel à « Morne Casse » pour un montant de 369 millions de gourdes facilitera la création d’emplois et offrira aux citoyens de Terrier-Rouge la possibilité de gagner dignement leur vie, la construction d’un marché public pour 14 millions 231 mille gourdes, dans la section communale de Grand-Bassin, n’induira que peu le développement de la zone. Le développement demande plus que la mise en place d’infrastructures. C’est un processus continu, dynamique, complexe. Installation de plusieurs dizaines de lampadaires, réhabilitation du réseau électrique, alimentation de Grand-Bassin en eau potable, construction de canaux de drainage pour protéger la commune en cas d’intempéries, sont des projets qui peuvent changer la vie des gens de Terrier-Rouge, mais cela ne suffira pas pour parler de développement. Comme une bougie allumée ne repousse pas à jamais l’obscurité, le fait de tenir des promesses ou d’injecter des fonds dans nos communes sporadiquement ne saurait être le développement. C’est bien et bon de le faire. Encore mieux de le faire dans la durée. Dans un autre communiqué nous apprenons que « le gouvernement de la République intensifie ses actions en vue de développer l’île de La Tortue. « Le plan spécial, mis en place pour cette région aux innombrables richesses naturelles, est à 50% exécuté et a déjà contribué à apporter de grands changements dans le paysage de cette île, tout en améliorant de manière conséquente les conditions de vie de la population locale», dit la note. Que contient le fameux plan spécial de La Tortue ? « Plus de 55.2 millions de gourdes ont déjà été investies à La Tortue, selon le coordonnateur de ce plan, Klauss Eberwein, également directeur du Fonds d’assistance économique et sociale (FAES). Des travaux sont en cours d’exécution en vue d’alimenter l’île en eau potable, d’accélérer la création de richesses et établir un climat sécuritaire stable pour attirer les investissements. » « À cet effet, une dizaine de motocyclettes ont été distribuées aux policiers, le commissariat réhabilité et l’effectif des agents de la PNH est passé de un (1) à quinze (15) policiers», dit en outre la note de la primature. Là encore, le développement demande un peu plus. Sauf si on réduit le concept à sa plus simple expression. Même les 70 millions de dollars qui seront investis par la Carnival Cruise Line à l'île de La Tortue pour construire une enclave touristique ne sont pas encore un signe de développement, encore moins de développement durable comme le clame la note de presse. On peut dépenser des millions sans dynamiser le développement du tourisme sur l’île, encore moins faire partager les retombées de cette activité pour lui donner une portée significative. Le développement requiert une succession d’actions diversifiées et continues. Le développement est un marathon sans fin que la communication peut vous faire confondre avec un sprint d’un mètre.