La Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH), immense éléphant blanc de l’après-12 janvier 2010, a vécu le temps que l’on comprenne qu’il n’en sortirait rien d’extraordinaire en rapport avec sa mission et son intitulé. Pour lui succéder, deux branches, le Cadre de coordination de l’aide externe au développement d’Haïti (CAED) et le Fonds de reconstruction d’Haïti (FRH) ont vu le jour.
Si le très discret CAED est encore en vie artificiellement, le FRH va, lui, passer à la trappe.
Y a-t-il eu perte ou profit dans cette aventure ? Il est trop tôt pour déterminer en faveur de qui ou de quel secteur du pays. L’argent a-t-il été dépensé efficacement dans ce petit ramassis de projets ? Là n’était jamais l’objet du mécanisme. Il fallait avant tout faire du neuf après le naufrage de la CIRH. De ce point de vue, le Fonds de reconstruction d’Haïti est une réussite.
Ce jeudi est né a New York, avec l’approbation des bailleurs de fonds, une nouvelle initiative que les autorités haïtiennes ont vite fait d’adopter sitôt sa présentation sur les fonts baptismaux : le Fonds d’investissement pour Haïti. Un nouveau et tout clinquant gadget.
La nouvelle machine va-t-elle vivre comme ses illustres devanciers le temps que son objet s’épuise ou le temps de faire oublier les combinaisons perdantes qu’elle remplace ?
Laissons du temps au temps avant de faire notre deuil de cette nouvelle initiative.
Car à chaque fois que la communauté internationale invente, avec nous, un mécanisme de financement, nous sommes frappés par la malédiction de l’incapacité. Incapacité à trouver les bons managers, incapacité à établir une liste de projets et d’objectifs qui tiennent la route, incapacité à faire de la mayonnaise avec les ressources mises à la disposition d’Haïti.
Que faut-il attendre du Fonds d’investissement pour Haïti ?
La grande banque Lazard est chargée d’imaginer l’ingénierie de cette structure, on verra dans les mois qui viennent si le tourisme, la manufacture et l’énergie vont en sortir revigorés ou si c’est simplement une nouvelle machine à transformer l’eau en beurre que nous nous offrons.
Dès qu’il s’agit de finance et de développement, on ne peut que se remémorer les mille et une mauvaises expériences de ces dernières années et avoir trop de doigts dans nos mains pour comptabiliser les réussites.
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