Fred D. Mc Guffie « La Sainte Vierge pleure parce que le monde ne prie plus. Le monde ne sait plus prier, car il est sous l’empire de l’orgueil, du pouvoir et ne sait plus se tourner vers Dieu. Le monde ne sait plus présenter ses requêtes au Saint-Esprit de Dieu. Le monde se détourne de Dieu pour accorder sa confiance aux connaissances et aux sciences humaines. » Le vendredi 19 septembre 1846, en la fête de Notre-Dame des Douleurs, la Vierge Marie apparaît, dans le village de La Salette, situé à 1800 mètres d’altitude, près de Corps et à environ 35 km de Grenoble (France) à deux (2) enfants qui gardaient les vaches. Il s’agissait de Françoise Mélanie Calvat (15 ans) et de Pierre Maximin Giraud (11 ans). Ces deux (2) enfants se connaissaient depuis seulement deux (2) jours. Ce récit qui date de plus de 168 ans et qui raconte l’apparition de la Sainte Vierge Marie, la mère de Jésus-Christ, est pour nous d’actualité et mérite d’être porté à la connaissance du grand public. Cette Belle Dame, comme les enfants l’appelaient, était en pleurs. Elle leur disait : « Avancez mes enfants, n’ayez point peur. Je suis ici pour vous annoncer une grande nouvelle. » « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller la main de mon Fils ; elle est si forte et si pesante que je ne peux plus la maintenir, depuis le temps que je souffre pour vous autres; si je veux que mon fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse moi-même. » « Je vous ai donné six (6) jours pour travailler ; je me suis réservé le septième (7e) et on ne veut pas me l’accorder… » Qui étaient ces jeunes bergers ? • Mélanie Calvat Qui était Mélanie Calvat ? Mélanie Calvat (Mélanie Mathieu à l’état civil et au registre de baptêmes) est née à Corps, en Isère, le 7 novembre 1831. Elle était la quatrième (4e) des dix (10) enfants de Pierre Calvat, tailleur de pierres. Pour nourrir sa famille et Julie Bernaud, son épouse, il n’hésitait pas à prendre tout emploi qu’il pouvait trouver. La situation économique de la famille était telle que les jeunes enfants étaient parfois envoyés dans les rues pour y mendier. Très tôt, Mélanie fut embauchée pour s’occuper de vaches voisines. Du printemps à l’automne de 1846, elle travaille pour Jean Baptiste Pra aux Ablandins, l’un des hameaux du village de La Salette. Cette vie loin des siens fit d’elle une enfant chétive et renfermée. Elle était timide, taciturne et toujours sur ses gardes. Elle ne parlait que le dialecte régional de l’occitan qu’elle hachait de français. N’ayant pas fréquenté l’école ni reçu d’instruction religieuse, elle ne savait ni lire ni écrire. En septembre 1846, au moment de l’apparition, Mélanie était sur les plans financier, intellectuel et affectif parmi les plus pauvres. • Qui était Maximin ? Maximin Giraud est né à Corps le 26 août 1835. Sa mère Anne-Marie Templier est de Corps. Son père Germain Giraud est venu d’un proche village. A dix-sept (17) mois, Maximin est orphelin de mère. Elle a laissé également une fillette de 8 ans, Angélique. Peu de temps après, M. Giraud se remarie. Maximin va grandir vaille que vaille. Le père, charron de son état, est tantôt à l’atelier, tantôt au bistrot. Sa nouvelle épouse, Marie Court, n’a pas d’attirance pour son beau-fils si vif, insouciant qui préfère se balader dans les rues de Corps autour des diligences ou courir les chemins avec sa chèvre et son chien. Maximin est espiègle, l’œil vif et la langue bien pendue. Nés à Corps où résident leurs familles, Mélanie et Maximin ne se connaissaient pas. Tous deux parlaient le patois local et ne connaissaient que quelques bribes de français. Ni école ni catéchisme : ils ne savaient ni lire ni écrire. Le père de Mélanie était constamment à la recherche d'un travail. Sa mère était surchargée par les soucis de toute sa progéniture. De ce fait, il ne restait plus de place à l’affection ou si peu. Les deux (2) enfants avaient des points communs, malgré tout. L’apparition Le jour de l’apparition, Mélanie et Maximin avaient en commun la pauvreté : pauvreté de biens, de savoir, d’affection. Ils sont tous deux dépendants. Ce sont des « cires vierges » que l’évènement va marquer définitivement de son empreinte, tout en respectant leurs caractères. Mélanie est en effet bien différente de son compagnon de rencontre. Elle vit chez des étrangers et ne rencontre sa famille que durant les mois difficiles de l’hiver, où l’on a faim et froid. Rien d’étonnant qu’elle soit timide et renfermée. … Vers midi, après avoir fait boire leurs bêtes à la fontaine, dans le ravin de la Sézia, Mélanie et Maximin ont partagé leur frugal repas de pain et de fromage avec leur chien Loulou et se sont endormis. Mélanie se réveille la première et ne voit plus ses vaches. Inquiète, elle réveille son compagnon ! « Memin, viens voir où sont nos bêtes ! » Tous deux (2) grimpent en courant vers la crête du Planeau et découvrent bientôt, de l’autre côté du ravin, cachées dans un repli de terrain, sur l’autre versant, leurs vaches qui ruminent tranquillement. Rassurés, ils redescendent. Soudain, Mélanie, regardant vers l’endroit où ils ont dormi, voit une grande clarté « comme si le soleil était tombé là. » À leurs yeux étonnés, le globe lumineux s’entrouve et ils voient apparaître une « Dame » tout en lumière et en fleurs, assise sur une pierre, les coudes sur les genoux, la tête dans les mains et qui pleure. « Ah !, mon Dieu », s’écrie Mélanie et, de peur, elle laisse tomber son bâton. Plus brave, Maximin essaie de crâner. « Garde ton bâton. Moi, je garde le mien. Si c’est méchant, je lui en donne un bon coup. » Le message La Dame se lève, découvre son visage en pleurs et, d’une voix douce : « Avancez, mes enfants, n’ayez point peur. Je suis ici pour vous annoncer une grande nouvelle. » Ils s’approchent, suivis de leur chien, tout près, si près que personne n’aurait pu passer entre elle et eux. Et ils regardent celle qui, à première vue, fait croire à Maximin qu’il a devant lui « une maman que ses enfants auraient battue et qui se serait sauvée à la montagne pour pleurer à son aise». La Dame ressemble à une servante qui serait reine. Elle porte un bonnet sur la tête, un fichu sur les épaules et un tablier sur sa robe comme une domestique qui doit faire une rude besogne de nettoyage. Elle est comme une paysanne du Dauphiné et c’est ce qui met en confiance ces enfants qui n’ont jamais voyagé. Mais, en même temps, la Dame est tout éclatante de lumière. Sa tête est ornée d’un diadème scintillant de rayons et de roses, sa robe de soleil est pailletée d’étoiles. Elle cache ses mains dans ses manches, comme pour mieux serrer sur sa poitrine un crucifix vivant suspendu par des chaînes et portant aux extrémités de la traverse un marteau et une paire de tenailles. Ses yeux ne cessent de verser des larmes. C’est la Vierge Marie. Elle pleure sur les péchés des hommes. C’est à cause d’eux que le Christ, son Fils, enchaîné par son amour, est cloué sur la croix. Regretter ses fautes, se purifier de ses péchés, changer de vie, c’est, selon le curé d’Ars, « déclouer Jésus de sa croix ». Elle pleure et elle parle. Dans ces jeunes intelligences, peu ouvertes et bien incapables d’inventer ou de fausser un enregistrement, son message va s’incruster comme dans un disque. Et les bergers répéteront, dès le soir et une multitude de fois par la suite, les mêmes paroles entendues. Les enfants furent étonnés de voir que la Dame semblait triste. Des larmes lui coulaient le long des joues. En croisant les bras sur sa poitrine, la Dame s’adressa d’abord aux enfants en français, puis dans leur dialecte local pour mieux se faire comprendre. La Dame évoque ces personnes qui jurent, n’obéissent pas, ne respectent ni le repos du dimanche ni les lois de Dieu. Les paroles de la Dame impressionnaient fortement les enfants. Et la Dame d’ajouter : « Si mon peuple ne se décide pas à obéir à Dieu, je ne pourrai plus retenir le bras de mon Fils. » Les paroles de la Vierge, sa tristesse, ses larmes nous montrent à quel point elle aime le monde et se soucie de son état. « … Vous ne pourrez jamais me rendre ce que j’ai fait pour vous, dit la Vierge ». Notre- Dame demande de prier beaucoup pour sauver le monde. Elle demande aux gens de confesser leurs péchés, de se détourner des mauvaises habitudes, de faire pénitence et de prier. Elle montre les grandes bénédictions et la miséricorde divine que peut déclencher le saint rosaire. Elle demande aux gens de se réconcilier avec Dieu. Au cours de cette apparition, chaque enfant avait reçu un secret. Quand elle s’adresse à Maximin, Mélanie ne voyait bouger que ses lèvres. Elle n’entendait rien. Il en fut de même quand elle parlait à Mélanie. La Vierge Marie, parlant au nom de Jésus, son Fils, dénonce la profanation du dimanche et le blasphème comme deux (2) signes de l’apostasie du monde. Elle annonce que ce monde sans Dieu se prépare à un abandon de Dieu, car LUI ne reste pas indifférent au manque de respect, de reconnaissance et d’amour. De terribles malheurs menacent le monde qui veut s’organiser tout seul, sans Dieu, contre Dieu. La famine, l’épidémie, la révolution qui gronde, qui surviennent les années suivantes en sont la preuve et en annoncent de plus grands. Un seul remède, un seul moyen de salut, reconnaître les droits de Dieu dans sa vie, se convertir. Après avoir confié son message à Mélanie et à Maximin, la Vierge s’est élevée lentement à environ 1m50 au-dessus du sol pour disparaître progressivement. Les secrets confiés à Mélanie et Maximin n’ont pas été divulgués, mais portés sous pli cacheté à la connaissance du pape Pie IX. Le pape ,après en avoir pris connaissance, a énuméré les malheurs qui guettent l’humanité en ces termes : « Si vous ne faites pas pénitence, vous périrez tous! » Le 6 mai 1996, en prélude à la commémoration du 150e anniversaire de l’apparition de la Très Sainte Vierge Marie dans le site des Alpes d’où son message n’a cessé de rayonner, le pape Jean-Paul II avait adressé ces lignes à Mgr Louis Dufaux, évêque de Grenoble : « Je tiens à m’y associer, en union avec les pèlerins qui viennent vénérer la Mère du Seigneur sous le titre de Notre-Dame Réconciliatrice des pécheurs. » « … Par ses larmes, elle nous aide à mieux saisir la douloureuse gravité du péché, du rejet de Dieu, mais aussi la fidélité passionnée que son Fils garde envers ses enfants, LUI, le Rédempteur dont l’amour est blessé par l’oubli et les refus. Marie, mère pleine d’amour, a montré en ce lieu sa tristesse devant le mal moral de l’humanité. «La Vierge Marie appelle à se ressaisir ; elle invite à la pénitence, à la persévérance dans la prière et particulièrement à la fidélité de la pratique dominicale. Elle demande que son message « passe à tout son peuple » par le témoignage de ces deux (2) enfants. Marie est présente à l’Église comme au jour de la croix, au jour de la Résurrection et au jour de la Pentecôte…. Elle n’abandonne jamais les hommes qui sont créés à l’image et à la ressemblance de Dieu et à qui il est donné de devenir enfants de Dieu. » Même si les paroles de la Vierge ont été dites, il y a plus de 168 ans, elles restent applicables de nos jours. Le contenu des secrets reste important pour le monde et le développement de l’Église jusqu’à la fin des temps. La Vierge, la Belle Dame, demande aux enfants de prier matin et soir. En cas de manque de temps, elle suggère de dire au moins un Pater et un Ave. quand vous aurez du temps, il faut en dire davantage. Puissent-elles conduire vers son Fils l’ensemble des nations de la terre ! Que la lumière de l’Esprit-Saint éclaire le peuple haïtien et l’amène à la conversion! NB: La Salette est une des deux (2) seules apparitions de la Vierge reconnues par l'Église et qui ait un prolongement caché, prophétique, apocalyptique. On devine aisément l'intérêt que, depuis 168 ans, l'attention que les catholiques portent aux volontés du ciel à travers ce message qui prédit l'avenir du monde.