Le soleil tapait dur quand l’avion qui ramenait la délégation haïtienne de Cuba s’est posé sur le tarmac. La délégation composée notamment de la première dame, Sophia Martelly, des ministres de la Santé publique, Florence Duperval Guillaume et de l’Intérieur Réginald Delva. Après les traditionnels honneurs présidentiels, exécutés par la fanfare du palais national, le chef de l’Etat a rejoint, à grandes enjambées, le salon diplomatique. Chantonnant au passage un air des années 70.
Quelques instants après, les journalistes, qui faisaient le pied de grue depuis plus de deux heures, ont été conviés à l’intérieur. C’est un président Martelly fier et satisfait qui s’est présenté devant les caméras et des micros des journalistes. En très grand nombre pour l’occasion. Très détendu, le président de la République en a profité pour retracer les temps forts de ce voyage de 24 heures, relater les différentes mesures adoptées à La Havane par les pays membres de l’ALBA et donner quelques précisions sur l’Ebola.
« Ce voyage a été fructueux […] Il témoigne de notre responsabilité et de notre leadership en tant que dirigeant puisqu’il obéit à notre devoir de protéger la population et de trouver une formule contre l’Ebola », a déclaré Michel Martelly. Dans son allocution, il n’a pas manqué de saluer le peuple cubain qui, selon lui, est à nos jours le seul à prendre le chemin du continent africain pour aider les populations des pays touchés par le virus.
Un peu plus loin le chef de l'État a effectué plusieurs annonces relatives aux démarches préventives du gouvernement. Au cas où le premier symptôme du virus Ebola ferait son apparition. Parmi ces annonces, entre autres : un Conseil des ministres pour le lendemain consacré exclusivement à l’Ebola, un ensemble de 23 mesures adoptées à ce Sommet extraordinaire en vue de faire face à l’épidémie d'Ébola, une campagne de communication pour informer davantage la population sur ce virus et la soumission, le 5 novembre prochain, par Haïti, de son plan de lutte contre l’épidémie.
Concernant ce « fameux plan », le président Martelly s’est frotté les mains du fait que la délégation qu’il conduisait ne s’était pas rendue à La Havane les mains vides. En effet, la délégation haïtienne a quitté le pays, le lundi 20 octobre, munie d’un plan de lutte contre l’épidémie. Et, selon les dires du président, ce plan est en parfaite adéquation avec l’ensemble des 23 mesures adoptées par les pays membres de l’ALBA.
Surveillance épidémiologique, formation du personnel soignant et des officiers d’immigration et de douane, prise en charge des infectés, gestion des cadavres sont quelques points qui figurent dans ce plan et qui ont été énumérés par la ministre de la Santé, Florence Guillaume Duperval. Cette dernière, renforçant les dires du président, a fait savoir que le ministère qu'elle dirige pourra compter, dans les prochaines semaines, sur le soutien des coopérants cubains déjà sur place ainsi que sur d’autres qui arriveront de Cuba pour venir les former. En outre, la ministre a annoncé pour bientôt la nomination d’un coordonnateur technique et d’un porte-parole Ebola.
En attendant, lors de ce Conseil des ministres de ce mercredi, il sera surtout question de budget et de comment prospecter afin de trouver les fonds pour financer ce plan.
Ce sommet de l’ALBA, dédié à l’Ebola, a permis aux dirigeants de la région d’échanger et de proposer des pistes de solution en vue de prévenir la menace que représente le virus pour la population des Caraïbes. En fin de compte, pour le président, la lutte contre ce virus est une question d’éducation, car, malheureusement, il n’existe pas encore de remède. « Prévenir vaut mieux que guérir », a lancé sur un ton docte Michel Martelly, à l’endroit de la population.
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