Rhodner J. Orisma, PhD-ABD Le week-end dernier (28-30 novembre 2014), le gouvernement a publié le processus d’un nouveau programme de consultation visant l’idée de négocier la crise électorale. Déjà sur Caraibes FM, dans la matinée du lundi 1er décembre 2014 (5h-7h), des controverses dans le milieu de l’opposition ou du législatif ont en même temps été publiées. Tout un spectre de discrédits et de méfiance constitue le corps des réactions. Le brandissement d’un pareil spectre est-il l’élément de campagne de bons politiciens et d'où viendra-t-il une issue? Plus d’un serait en mesure de se le demander. En politique, comme partout, existe l’abandon spontané. La corde doit être quelque part relâchée entre les parties pour relaxer le processus. Alors, ce relâchement peut faire preuve de dépassement de soi, de bonnes attitudes patriotiques et de consensus démocratique pour minimiser les tendances négatives et très coûteuses pour le pays. Tant pis pour ceux qui peuvent concevoir l’idée de ce relâchement comme un signe de faiblesse. La crise électorale actuelle est comme un cigare allumé dans les deux bouts. L’exécutif, le Parlement et l’opposition ne peuvent, depuis dix mois, à commencer par l’accord d’El Rancho, trouver un compromis en vue de l’organisation des élections. À Saint-Domingue (1789-1804), il y avait trois mouvements divergents et simultanés poursuivis par les classes des maîtres, des affranchis et des esclaves. Les intérêts sociaux étaient des plus cruciaux suivant les agendas respectifs des classes dont chacune était associée à un concept de couleur (Labelle, 1978). Cependant, les affranchis et les esclaves ou les mulâtres et les Noirs ont pu, après la chute d’Ogé et Chavannes, trouver un moyen de s'allier pour un agenda commun et gagner l’indépendance de 1804 contre les Français ou maîtres blancs. Toujours, l’histoire se répète sur d’autres formes. Dans la crise actuelle, c’est notre souveraineté qui est mise en péril, pas dans la réussite des élections même peu crédibles mais dans l’échec de ne pas pouvoir tenter. Donc, nous avons intérêt à trouver un agenda commun pour des élections imminentes et le contrôle du pays. Ces élections tant attendues ne sont pas les dernières chances d’un parcours démocratique. Ce n’est qu’un commencement. Haïti, comme nation, avec des tendances politiques pour le changement très fort, aura tantôt d’autres élections au cours desquelles les gaps peuvent être progressivement fixés. Plus d’un est fatigué d’observer un débat électoral sans fin pendant que l’issue dépend de notre volonté fraternelle. En 2000, la présidentielle américaine allait se solder par un échec compte tenu des fraudes enregistrées au profit du candidat républicain George W. Bush. Victimes de ces fraudes, le candidat démocrate Albert Gore Jr et le parti respectif étaient immédiatement tempérés face à la décision finale de la Cour suprême des États-Unis déclarant la victoire aux républicains (Hasen, 2010). Devant garder leur stabilité, les Américains ont bien vite compris les risques sociopolitiques et économiques encourus dans des contestations électorales permanentes. Il faut penser à cet exemple pour contrôler nos réactions, agir dans le sens commun et maintenir le calme. Par contre, le comportement actuel qu’affichent les dirigeants haïtiens et l’opposition montre un endurcissement de leurs positions respectives, un chambardement des structures institutionnelles au lieu de les renforcer politiquement. Dramatisant les méfiances, ils n’accordent que très peu d’importance aux éventuelles conséquences. Les facteurs subjectifs dominent. Evitons, si l’on ne les souhaite bien, un autre septembre 1991, un autre février 2004, etc. suivant lesquels toutes les structures socio-économiques du pays sont presque détruites et ont causé de grands dommages dans la famille haïtienne.