Depuis lundi, après l’investiture des 11 membres de la Commission consultative chargée de faire des recommandations appropriées au chef de l’Etat pour sortir le pays de l’impasse actuelle, tous les yeux sont fixés sur cette entité qui va, sans doute, faire l’histoire. L’article premier, de l’arrêté créant cette Commission consultative, lui donne le mandat d’identifier la solution la plus crédible aux yeux de la nation pour en faire rapport au président. Partant de cette mission, il est normal que les 11 commissaires, après avoir pris connaissance des cinq tendances dégagées des consultations déroulées du 22 septembre au 24 novembre au Palais national, ont cru nécessaire de rencontrer certains secteurs de la vie nationale. Après avoir entendu les représentants du Sénat mercredi, les commissaires vont rencontrer d’autres groupes sociaux avant de préparer le rapport de synthèse qui doit être adressé au président de la République la semaine prochaine.
Si l’on s’en tient à l’arrêté présidentiel, la Commission consultative ne devra se servir comme outil de travail pour son rapport que de la synthèse des cinq tendances dégagées lors des consultations. Cependant, tenant compte de la gravité de la crise et, en référence à l’intervention de Mgr Patric Aris, le jour de l’investiture, laissant croire que la commission ne peut pas passer sous silence le dossier des prisonniers politiques, il y a fort à parier que ce dossier sera traité.
La crise préélectorale engendrée par le blocage du vote de l’amendement de la loi électorale, la méfiance de différents secteurs vis-à-vis du gouvernement Lamothe, l’application de l’article 136 de la Constitution, la prorogation ou non du mandat d’un tiers du Sénat et de la Chambre des députés sont, entre autres, les points qui sont en train d’être passés au peigne fin par les commissaires pour trouver une solution à cette crise qui a mis à nu les faiblesses de la gouvernance de Martelly après trois ans et sept mois à la tête de l’Etat.
Dans un sens comme dans l’autre, les recommandations de la commission feront des gorges chaudes. Le Premier ministre Laurent Lamothe figure parmi le premier personnage qui exprime déjà son inquiétude pour son poste en prévision des recommandations de la commission. Si les interventions des sénateurs proches du pouvoir pouvaient être perçues comme un soutien au Premier ministre, par contre, la conférence de presse du porte-parole Pierre Michel Brunache, mardi, à la Primature n’avait pas sa raison d’être.
Le Conseil électoral provisoire sera, sans nul doute, dans le collimateur de la commission. Constituant le nœud gordien de cette crise, la bande à Max Mathurin n’a d’autre choix que d’attendre un remaniement partiel ou total du Conseil pour prendre congé de l’institution. La prorogation du mandat des parlementaires au-delà du 12 janvier 2015 sera l’une des décisions qui ne fera pas couler beaucoup d'encre, mais qui pourra être déterminante dans la résolution totale de cette crise aux conséquences incalculables.
Lemoine Bonneau
lbonneau@lenouvelliste.com
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