A l’exception du Mouvement Patriotique de l’Opposition Démocratique (MOPOD), l’ensemble des partis politiques qui réclamaient la démission du président de la République ont accueilli avec satisfaction les recommandations du rapport de la Commission consultative. Dans l’attente du message de Michel Martelly, vendredi, qui décidera de l’application ou non de ces recommandations, différents secteurs du pays attendent impatiemment la décision salvatrice qui doit permettre un dénouement à cette crise préélectorale qui a plongé le pays dans l’incertitude depuis plusieurs mois. Après l’échec des différents pourparlers interhaïtiens, cette Commission demeure le dernier rempart susceptible de redorer le blason du président Michel Martelly, qui, après trois ans et sept mois de gouvernance, n'a pu organiser la moindre élection. Cette crise, qui a éclipsé la plupart des réalisations de l’administration Martelly-Lamothe, a également bloqué des entrepreneurs qui nourrissaient l’idée de se lancer dans des initiatives créatrices d’emplois. Washington, Paris et Ottawa ont déjà dissuadé leurs ressortissants à se rendre en Haïti, en raison des manifestations de l’opposition dans les rues de la capitale. A un an et deux mois de la fin de son mandat, Michel Martelly n’a rien à gagner dans cette crise politique qui a contribué à salir l’image déjà flétrie de ce pays en mal de renouveau depuis plusieurs dizaines d’années. Choisie comme pays hôte de l’Assemblée générale de l’Organisation des Etats américains en juin 2015, Haïti peut perdre le bénéfice d’organiser cette session de l’Organisation hémisphérique si la crise politique persiste en janvier 2015. Les prospections en Haïti au cours de l’année 2014 de la plupart d’hommes d’affaires nord- américains versés dans l’hôtellerie sont restées pendantes, en raison du climat instable observé au cours des six derniers mois. Les embarcations de fortune de nos compatriotes vers d’autres pays de la région continuent de mettre le gouvernement sur la sellette. Si les recommandations de la Commission sont validées entièrement par le président de la République à travers son message à la nation, vendredi, il est probable que le pays de Dessalines connaisse un nouveau départ sur le chemin de la normalisation de la vie sociale, politique et économique. Les vingt-huit années d’instabilité politique, de régression économique et de tension sociale ne constituent pas une fatalité pour le pays. La réconciliation de la nation avec elle-même n’occasionnera pas l’arrivée des émissaires américains en Haïti pour aider le gouvernement et la classe politique à s’asseoir autour d’une table à chaque crise politique. Ainsi, la mission du secrétaire d’Etat John Kerry ne serait pas perçue comme un événement. Aujourd’hui, aucun observateur ne peut minimiser le poids des émissaires américains dans la solution de la crise avant l’arrivée du secrétaire d’Etat dans les jours qui viennent. Et si Michel Martelly décidait de s’élever à la dimension d’un homme d’Etat libéré des contraintes partisanes. Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com