Pour certains, le rapport de la Commission consultative laisse une porte ouverte en vue d’une sortie de crise. Pour d’autres, il ne fait que compliquer la situation. L’un ou l’autre cas de figure dépendra de la bonne volonté des protagonistes. De leur bonne volonté d’éviter de rééditer le chaos de 2004 ou de leur mauvaise foi de faire primer leurs intérêts personnels sur ceux de la collectivité.
Michel Martelly a, depuis son arrivée au pouvoir, montré son incapacité à faire mieux que ses prédécesseurs. Il a lui-même, consciemment ou inconsciemment, inventé la crise préélectorale dont il est la première victime. Ses petits, moyens et grands conseillers ainsi que les nombreux membres de son cabinet l’ont induit en erreur. Heureusement que le chef de l’Etat a de nombreux fusibles qu’il peut faire sauter quand la situation l’exige.
La liste de fusibles sautés depuis l’arrivée de Michel Martelly au pouvoir est longue. On se rappelle des BBM (Bye Bye Ministre). Hier, le Premier ministre Laurent Lamothe était en position de faire sauter des fusibles. Aujourd’hui, il est perçu comme le fusible qui doit sauter pour protéger son ami-frère Michel Martelly. Un exercice difficile tant le concerné est attaché à son poste et se voit en service encore pendant des mois.
Avant d’arriver à l’étape de la démission du chef du gouvernement exigée dans le rapport de la Commission consultative, il faut savoir ce que le président Michel Martelly décide au sujet du rapport. On saura aujourd’hui ou demain s’il accepte de mettre en application les recommandations de la Commission ou s’il les rejette en tout ou en partie. On doit attendre les heures qui suivent pour savoir ce que les conseillers du président lui ont recommandé.
La libération, jeudi après-midi, des « prisonniers politiques » Byron Odigé et Rony Timothée est peut-être la preuve que le président Martelly fait le choix de l’apaisement. Son adresse à la nation ce vendredi le confirmera ou non. Même si le président Martelly accepte les recommandations de la Commission, il ne sera pas de tout repos. Sauf si l’opposition radicale, qui n’a rien à perdre dans cette crise accepte de le prendre au mot.
Seule la bonne volonté des protagonistes peut éviter au rapport de la Commission de connaître le même sort que l’Accord d’El Rancho. Si ledit accord a permis à certaines personnalités de décrocher un poste de ministre, il n’a pas apporté une solution haïtienne à la crise.
Si le président Michel Martelly accepte de mettre en application les recommandations de la Commission, cela témoignera de sa volonté de trouver une issue à la crise. L’opposition, qui l’accuse à tort ou à raison, devrait lui accorder le bénéfice du doute. Sinon, elle doit montrer à la nation comment sortir de cette crise tout en donnant la garantie que le pays ne revivra pas le fiasco qui a suivi le départ d’Aristide en 2004.
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