Après plus de 3 ans de tergiversations par les acteurs politiques en Haïti, chacun de son côté, accusant l’autre de ne pas vouloir faire les élections comme prévues par la loi mère du pays (la Constitution). Je tenterais de dire que «le sort en est jeté» après l’acceptation de Michel Martelly en date du 12 décembre d’appliquer les recommandations du rapport soumis par la commission indépendante suivie de la démission du gouvernement Laurent Lamothe le 13 décembre, mais en observant les manifestations qui continuent dans le pays avec pour demande le départ du président Martelly, même après l’annonce de la visite avortée du secrétaire d’Etat des Etats-Unis, John Kerry en Haïti, je tombe dans la perplexité. Serions-nous vraiment dans une «transition qui n’en finit pas» comme l’avait bien dit Pierre Raymond Dumas dans son bouquin? L’opposition accuse Martelly et Laurent Lamothe de gaspilleurs de fonds publics…Et ceci chaque jour à travers les média par la voix de l’un des opposants les plus hostiles au régime du président Martelly, Moïse Jean Charles. Certains diraient que c’est du «ôte-toi que Je m’y mette» parce que la priorité des protagonistes ne semble pas être de résoudre les problèmes de ce pays. Les fans du gouvernement affublent de leurs côtes les opposants au régime des mêmes reproches. Qu’avaient-ils fait pour diminuer la souffrance du peuple quand ils étaient au pouvoir? Se demandent-ils. Dans l’une des émissions de matin Caraïbes, un député a demandé au sénateur Moise Jean Charles d’énumérer ses réalisations pendant ses trois mandats en tant que maire de la ville de Milot au Cap-Haïtien et ses projets de lois en tant que sénateur. Pas de réponses satisfaisantes. Dans une interview accordée a Laurent Lamothe, Stéphanie Ruhle, une journaliste de Bloomberg télévision, a demandé à l’ex-premier ministre et Je cite : Si Haïti a besoin de stabilité politique, maintenant, votre démission ne serait elle pas une recette au chaos? Que va t-il arriver? Selon l’ex-premier ministre, les recommandations de la commission doivent se resolver dans l’organisation des élections si les parlementaires arrivent à voter la loi électorale en leur possession depuis 9 mois. Donc, si cela est fait, on aura une issue favorable à la crise. «Etes-vous optimiste que le pays va continuer sur la voie du progrès, a demandé Stéphanie». Et l’ex- premier ministre de répondre: “Je suis un optimiste naturellement et Je crois que si chaque acteur concerné pense Haïti avant tout comme je l’ai fait en démissionnant, et spécialement au niveau du Sénat en prenant en compte les revendications de l’opposition, les élections auront lieu dans le pays”. “Monsieur le ministre, vous avez passé 31 mois au pouvoir avec une aide internationale estimant à 5,5 milliards de dollars. Comment avez-vous aidé le pays?” Je m’attendais à entendre les mêmes réponses, à savoir, l’argent a été distribué par le canal des ONGs, mais le ministre démissionnaire a préféré de mentionner des réalisations telles que l’enlèvement des gens sous des tentes au Champ de Mars a 95%, une augmentation du niveau d’investissements en Haïti qui était de 4 millions de dollars en 2001 à 300 millions de dollars en 2014, et des projets de société contre la pauvreté comme par exemple. Ti manman chéri, etc. Somme toute, le pays est sur de bon rails. «Donc, sur quelle argumentation l’opposition se base t-elle à vouloir stopper ce progrès? Comment allez vous faire pour attirer davantage d’investissements étrangers avec votre démission qui n’est autre qu’une recette à plus d’instabilité?” «Ce qui est important à présent est de continuer avec le processus de la mise en branle des joutes électorales». Mais, il a fait remarquer en passant que l’opposition fera tout pour mettre les bâtons dans les roues du gouvernement démissionnaire pour empêcher tout progrès. « C’est pourquoi il est primordial de mettre l’emphase sur le renouvellement des officiels politiques en vue d’avoir des élections, et c’est ce que tout le monde est en train de faire», a-t-il ajouté. «Monsieur Lamothe, si on sait déjà pertinemment que l’opposition va continuer à empêcher le pays de progresser, pourquoi ne pas l’invalider par un gouvernement fort?» Sa réponse: «Haïti est une vraie démocratie. La Constitution du pays garantie aux gens la liberté de parole et le droit au dialogue. Le président et moi avons fait de notre mieux pour dialoguer avec l’opposition et nous continuons à montrer à l’international notre volonté de continuer sur cette voie par des actes.» Et voilà l’interview a pris fin avec cette dernière question de Stéphanie: «Vous avez fait l’ultime sacrifice en démissionnant, cela serait-il en prélude à votre prochaine candidature comme président d’Haïti?» La réponse de l’ex-premier ministre était très politique pour des gens avisés. En voici un extrait: « Comme je vous ai dit la dernière fois qu’on s’est rencontré, j’ai passé 31 mois à travailler 18 heures de temps sans relâche, maintenant, mon intérêt immédiat est de prendre quelques temps de congé en vue de consacrer un peu de temps à mes deux jolies filles que Je manque beaucoup». Maintenant, Je pense que vous comprenez pourquoi j’ai dit tout au début de ce texte «Alea jacta est» «Le sort en est jeté». Il revient aux deux camps à présent d’appliquer les recommandations de la commission indépendante sans hésitation aucune. Ainsi, les masques seront tombés.