(Première partie)
Par Jean-Marie Beaudouin
Dans cette série, l’auteur va tenter de montrer comment l’élite politico-intellectuelle est éloignée des réalités du monde, en particulier d’Haïti. S’il est universellement admis qu’une élite, de quelque nature qu’elle soit, est cette entité vivante qui a la responsabilité de modeler et de façonner la société il s’avère nécessaire qu’elle possède une connaissance générale de son milieu. Elle doit avoir une très bonne maîtrise de l’histoire de son pays et, avec lui, sa culture, ses traditions, ses potentialités, ses capacités, ses valeurs traditionnelles, etc. Sa loyauté envers la nation est un commandement auquel il est astreint à respecter et à la rendre effective tant dans sa pensée que dans ses actions. Elle aurait alors travaillé au développement de la communauté dans ses différentes catégories sociales, sans parti pris. Et, sous les drapeaux de la réussite collective, la postérité lui gardera en haute estime. Sa légitimité nationale sera consolidée par les actions et entreprises des générations poursuivantes. Et l’histoire, elle-même, l’absoudra.
C’est peut-être beau pour un discours aux accents nationalistes et progressistes. Mais pour que l’élite, qui se veut une élite d’avant-garde, soit à même de transformer utilement ces phénomènes sociaux, elle doit haïr la servilité intellectuelle qui porte en elle les germes de discorde et de la capitulation. C’est-à-dire une élite dirigeante ne doit jamais se contenter de ce qu’elle apprend dans les livres ni de ce qu’on lui propose, mais elle a pour devoir et fonction d’approfondir la recherche scientifique afin de s’assurer de la validité des théories de développement qui lui sont présentées, souvent sous une forme voilée d’imposition. Autant que l’auteur sache, Haïti n’a jamais été en guerre avec quiconque: il a fait sa propre révolution sans le concours d’aucun tiers, qu’il n’aurait d’ailleurs jamais trouvé à l’époque où le peuple haïtien s’engageait résolument dans la lutte révolutionnaire.
Autrement dit, une élite, en particulier celle d’Haïti, doit s’armer de courage pour repousser les diktats d’où qu’ils viennent. Y compris les impositions sournoises, voilées ou découvertes. Cependant, la mort dans l’âme, il nous semble que l’élite politico-intellectuelle locale s’éloigne de plus en plus des notions d’autonomie et d’indépendance. Le droit à l’autodétermination des peuples ne signifie rien pour elle dans un pays dont le droit à l’existence a été rendu possible grâce à son courage, sa bravoure, sa détermination sans faille, à son talent et son caractère: des facteurs de qualité humaine qui sont intimement liés au droit de penser, de croire ou de ne pas croire. Sa force [l’élite] est dissipée dans les interminables luttes politiques politiciennes: politique du pire, politique du chaos, et particulièrement celle qui a caractérisé son égoïsme séculaire: « Ôte-toi que je m’y mette ».
Aujourd’hui, elle capitule devant l’actuel chef de l’État qui l’aura battue deux fois: le candidat Joseph Michel Martelly l’a battue dans une élection qu’elle croyait être sienne alors qu’elle jouait plutôt les dindons de la farce. Un évènement que l’on peut qualifier de récidive quand on se réfère aux évènements funestes qui ont emporté, en février 2004, le président constitutionnel Jean-Bertrand Aristide. Lesquels évènements avaient donné lieu à un vacuum institutionnel voulu par l’opposition de l’époque, dont la configuration politique est un remake (le même chemin) de celle qui vocifère comme des tonneaux vides dans les rues de la capitale, en pleines fêtes de fin d’année.
C’est à la faveur de la crapulerie de l’opposition en février 2004 que le candidat René Garcia Préval rompt avec ses 5 années sabbatiques (mais qui furent la représentation classique de sa lâcheté morale envers son bienfaiteur: l’ancien président Aristide). Il remporte en effet haut la main ou clean up la présidentielle de 2006, aux regards médusés de l’opposition qui semblait pourtant gagner contre Aristide. Opposition, à l’époque, qui regroupait en son sein des intellectuels écrivains et artistes des plus connus de la génération actuelle qui tarde à s’en aller.
C’est aussi ce genre de catégorie sociale sans queue ni tête qui tient en vie la doctrine du déterminisme, ou qui lui donne raison. Dans les conditions présentes, l’élite politico-intellectuelle reçoit sa deuxième raclée de bois vert du président Martelly qui est pourtant un profane en politique. Le seul argument, dont le président peut s’en prévaloir, est son groupe musical dénommé Sweet Micky. Un groupe de compas talentueux, qui a connu un énorme succès vers la fin des années 1980 et pendant toute la décennie nonante: source de sa popularité, qu’il a été capable de transformer en succès politique au grand dam de la classe politique qui sert d’ombrage pour certains groupes d’intellectuels dits indépendants, mais qui pratiquent la politique de l’autruche sans peut-être s’en rendre compte.
L’opposition, faite comme toujours de mésalliance et d’alliance contre nature, est donc battue pour une deuxième fois pour son extrémisme outrecuidant. Elle est si éloignée des réalités haïtiennes qu’elle en arrive à exercer un légalisme victimaire: elle jure au nom d’une législation qui remonte à Jean-Pierre Boyer, notamment le Code d’instruction criminelle (CIC). Les quelques sentencieuses modifications y apportées le sont sous le gouvernement dictatorial des Duvalier, donc des ajouts ou des retraits qui vont dans le sens de la dictature. Lois et décrets, adoptés sous la tyrannie duvaliérienne, sont toujours en vigueur: ce qui est un contraste flagrant et une grande contradiction vis-à-vis de la nature démocratique des revendications et des réclamations du 7 février 1986.
Pour l’élite intellectuelle, la bourgeoisie dominante est éternelle, et ses lois le sont également: elle ignore que les lois sont faites par des femmes et des hommes, c’est encore eux qui les appliquent, les prorogent ou les abrogent. Pour nous, en tout cas, les lois sont d’une utilité essentielle quant à la régulation de la vie humaine, quant à régir la société: elles sont une nécessité dans la durée, donc elles naissent et disparaissent au gré du temps, au gré de la mobilité démographique dans ses divers aspects. Elles sont prises à un temps déterminé pour un temps déterminé.
Enfin, contrairement à l’intelligence traditionnelle haïtienne qui s’enlise dans un attentisme moribond et rampant, l’auteur anticonformiste erre dans le monde, dans les contrées les plus reculées de la planète en vue de former sa conscience autour des phénomènes ayant rapport avec les réalités contemporaines, quelle qu’en soit leur nature. Il veut ainsi comprendre la nature du conditionnement millénaire qui consiste à diviser la planète entière: d’un côté, il y a une minorité opulente et arrogante qui fait la loi, qui dispose de toute la richesse de la nature; de l’autre côté du mur infect, il y a une majorité écrasante qui gémit sous le poids de la pauvreté et de la misère effroyable. Votre fidèle serviteur est bien conscient du caractère criminel du capitalisme dominant ainsi que son frère jumeau, soit l’impérialisme qui assure la sécurité et la tranquillité bourgeoises.
Mais, au point de vue d’une œuvre collective telle qu’une organisation humaine fonctionne et opère, il veut aussi prendre connaissance de la nature des ouvriers qui sont conviés à assurer la domination bourgeoise dans le monde et à pérenniser le système par tous les moyens. Car la bourgeoisie internationale est très consciente que la force des armes ne suffit pas pour s’imposer, pour se maintenir au toit du monde tel que l’humanité l’a vécu à partir de la révolution française de 1789, ouvrant du coup l’ère bourgeoise elle-même. Mais elle a aussi besoin d’un support intellectuel qui soit à même de séduire, de conquérir et de dominer le mental du genre humain. Ainsi dans cette stratégie, payante à la porte, l’exercice discursif de la pensée se révèle non moins difficile que complexe quand on se réfère à la nature partisane des savants qui dominent la littérature universelle.
Des agrégés d’histoire et de géographie, des docteurs en philosophie, des sociologues, des politologues hautement chevronnés, des économistes dont l’érudition est incontestable, etc., ils sont tous des convives non pas pour dîner et festoyer mais pour présenter leur thèse savante sur la validité du libéralisme politique et économique, donc sur la validité de l’impérialisme capitaliste qu’ils veulent éternel. Apparaît en effet une foule de concepts, de vocables, d’inventions et de créations littéraires qui vont influencer la conscience des femmes et des hommes dans le cadre des aspirations politiques et des intérêts économiques de la bourgeoisie dominante. Des productions intellectuelles sont mises en circulation sous forme de vulgate (textes canoniques), et qui séduisent, à n’en pas douter. D’autant qu’elles émanent des figures éminentes de la littérature bourgeoise à dominante mondiale pendant que, de génération en génération, leurs auteurs continuent de réfléchir et de rechercher les meilleures formules de propagande qui puissent facilement entrer dans l’entendement humain, objet de leur travail chèrement payé.
Nos respectables auteurs bourgeois ont fini par faire de la métaphysique une science dont ils en assurent la propagande à travers le système de communication dans ses diverses branches: écoles, églises, universités, instituts de recherche, académies des arts et des sciences, écoles techniques et professionnelles, presse et média, etc. On peut donc se rendre compte que la plèbe et les exploités sont cernés de tous côtés, leur liberté dépend d’eux seuls. Parmi les découvertes mythologiques – dont certaines sont qualifiées de fortuite et de tardive, Dieu reste l’invention la plus populaire dans l’histoire de la bourgeoisie mondiale. Nos honnêtes religieux théologiens ont jugé bon de lui donner un cadre littéraire propre à sa dimension universelle, la sainte Bible est le document historique qui rapporte la sainte parole de Dieu (le grand Moraliste toujours invisible), et les conséquences qui en découlent.
Avec elle [la Bible], naît le racisme antinègre ou antinoir dont la sainte Église catholique affirme que l’homme noir descend de Cham, fils de Noé, qui aurait été maudit et condamné à être esclave de ses deux frères Japhet et Sem: Cham est l’aîné de Japhet et le cadet de Sem. Mais cela n’a pas d’importance aux yeux de la scolastique intellectuelle bourgeoise. D’après la tradition biblique, l’évènement fabuleux des pluies diluviennes ou le déluge aurait été un phénomène qui concernait strictement le peuple d’Israël. S’il s’avère que Dieu manifestât sa colère, il l’eût circonscrite dans Israël qu’il aurait déclaré être son peuple. Mais l’Église semble étendre l’évènement à l’échelle du globe; aussi sort-elle sa funeste bulle pontificale (Janvier 1454) qui condamne toute une race humaine, tout un continent, soit l’Afrique qui porta les premiers groupes humains, reconnu et admis universellement.
Retournons à nos moutons en nous séparant momentanément de notre interlocuteur, la métaphysique. La bourgeoisie intellectuelle a créé la société civile qui est une constante dans l’histoire de l’humanité. La société civile est l’ancêtre du capitalisme, elle fut la première invention inaugurale de la notion de propriété privée: Jean-Jacques Rousseau, dans « Discours sur l’origine et les inégalités parmi les hommes (1755) », disait: « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire: « Ceci est à moi », et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile.» Amen! Mais les opprimés chantent innocemment l’Alléluia.
La monarchie absolue est une création des nobles et de l’Église, qui domina toute l’époque féodale et qui marqua terriblement la conscience des masses populaires de l’Europe médiévale. Les monarques ont exercé un pouvoir autocratique sans limite, qu'ils disent être divin: c’est-à-dire qu’ils ont reçu leur pouvoir tyrannique de Dieu. En foi de quoi, les princes féodaux étaient inconnus d’une quelconque législation humaine: la suivante maxime latine traduit clairement l’absolutisme des régimes monarchiques et pontificaux de l’Ancien Régime: « Princeps legibus solutus est »; en français: « le prince est délié des lois ». Ou encore il est lié par les siennes propres, autant dire que sa parole verbale a force de loi. C’étaient de véritables représentants de Dieu, qui agissaient en son nom.
Puis, la communauté restreinte des saints est aussi une création bourgeoise dont le but essentiel est d’occuper constamment l’esprit des opprimés, avec un pathétique espoir qu’ils auront une place dans le royaume céleste. Ou kwè se po lè fanm ak gason save-lakilti ap pase malere anba betiz pandan eksplwatasyon-an pwan chè nan uzin-yo, nan gwo konpayi endistwiyèl-yo, nan fèm pwodiksyon agwikòl-yo, elatriye. Tous les prophètes de l’Ancien Testament sont canonisés saints pour le bonheur de la chrétienté; Jésus-Christ et ses apôtres le sont également.
Sainte Marie, saint Sacrément, saint Sépulcre, Saint-Suaire, sainte Trinité, sainte Église apostolique romaine, saint Empire, sainte Alliance: des créations dogmatiques de l’Église, mais qui ont une grande influence sur la conscience des pauvres, des plus faibles. Viennent ensuite les saints de l’Italie, pays d’accueil du centre nerveux de l’Évangile des chrétiens, dont le Saint-Père est le chef absolu qui mène et paît le troupeau à sa guise. On trouve également des saints dans quelques autres contrées de l’Europe où la sainte Vierge Marie aurait apparu. Et l’auteur s’en passe.
Aujourd’hui, la littérature bourgeoise regorge de concepts et de vocables fictifs, passablement imaginaires. La Seconde Guerre mondiale impérialiste, qui débuta en septembre 1939 pour se terminer en mai 1945, devait se solder par la victoire des Soviétiques sur le fascisme hitlérien et les puissances de l’Axe. L’évènement si tant bercé ne s’était pas produit: la bourgeoisie internationale caressait le secret espoir qu’Adolf Hitler vaincra Joseph Staline, ou bien Berlin l’emportera sur Moscou; elle en avait alors reçu le revers de la médaille pour son compte. D’une manière générale, l’Occident, dans l’agression nazie contre l’Union soviétique (juin 1941), ne s’embarrassait d’aucun sentiment pessimiste ou sceptique quant à la victoire du fascisme sur le communisme qu’il hait d’ailleurs pour toujours. D’autant que son idole fasciste (le Führer nazi) visait son lebensraum = espace vital à l’Est de l’Europe: agenda hitlérien qui confirmait les espérances du monde occidental.
Entre le communisme et le fascisme, la bourgeoisie choisit invariablement le second qu'elle considère d’ailleurs comme son enfant légitime, et l’auteur ne voit pas de mal qu’une maman assume ses obligations morales envers sa progéniture. Sauf que, dans cette guerre, l’enlisement et la guerre d’usure avaient toujours été souhaités par la bourgeoisie occidentale dont son industrie en profiterait assurément. D’où Hitler recevait-il ses fournitures militaires et pétrolières? Et, dans un degré moindre, Mussolini aussi? Quelque robuste qu’une armée soit, elle ne pourra pas tenir durablement sur le ou les fronts sans ses commodités stratégiques: un des préalables qui ne saurait échapper ni à l’armée de terre, ni à la marine et ni à l’aviation. L’Allemagne est un pays industriel qui peut produire, à partir de son gaz naturel, des combustibles pour ses services domestiques; mais elle doit se tourner ailleurs pour ses besoins de grande ampleur, comme dans un conflit armé majeur, par exemple.
Si pour Hitler, l’agresseur, la guerre ne devrait durer que l’espace d’un cillement; pour la faction isolationniste des États-Unis d’Amérique, elle la voyait différemment: elle croit que la longévité de la guerre est souhaitable et profitable. Dès le déclenchement de l’agression le 22 juin 1941, Hitler déclare: « Il nous suffira de frapper sur la porte et toute la structure rouge va s’effondrer d’elle-même », une de ses rhétoriques canoniques pendant son règne. C’était une guerre particulière dans la guerre elle-même. Profondément ancré dans les valeurs de liberté et de démocratie inclusive, le peuple courageux de l’Union soviétique avait fait de cette guerre sa grande guerre patriotique nationale. En effet, cette grande cause de liberté universelle, l’Union soviétique la gagna toute seule.
Le sénateur Harry S. Truman, qui deviendra président après la mort de Roosevelt (l’homme du New Deal), théorise dans l’intérêt de l’industrie américaine après seulement deux jours de l’ouverture des hostilités: « Si nous voyons l’Allemagne en train de gagner, nous devrions aider la Russie et, si la Russie est en train de gagner, nous devrions aider l’Allemagne, pour que le plus grand nombre périsse des deux côtés. ».
De mémoire humaine, l’histoire n’a jamais auparavant connu un prophète qui prédise un tel malheur apocalyptique s’étant réalisé en temps réel: une prophétie qui déborde le cadre national, régional ou continental pour prendre irrésistiblement sa forme universelle. Conséquemment, les décomptes finaux du conflit le plus meurtrier ont malheureusement prouvé la péroraison funèbre du sénateur américain Harry Truman: plus de 60 000 000 de cadavres humains, 35 000 000 de blessés et plus de 3 000 000 de disparus, d’après les archives disponibles. Le sombre propos du dirigeant américain, dans cette apocalypse de l’histoire moderne, peut aussi être interprété comme un songe prémonitoire: c’est-à-dire que le sénateur en question chanta les funérailles des innombrables tués, avant que les fosses communes ne fussent érigées. La Russie soviétique paya la plus lourde ardoise avec sur les bras plus de 24 000 000 de pertes en vies humaines, et l’Allemagne nazie en paya, elle aussi, la lourde facture de plus de 8 000 000 de morts. N’est-ce pas Hearst (William Randolph: 1863 – 1951: un illustre historien et journaliste-investigateur) qui enchaîna avec son compatriote, en stigmatisant Soviétiques et Nazis comme suit: « Il eût été idéal pour la civilisation que ces deux dangereuses bêtes, les Soviétiques et les Nazis, se détruisent l’une l’autre. »
Mais il arrive que l’oracle, qui avait reçu la prophétie de sa divinité inique, ne pût épargner les siens de l’Apocalypse: plus de 400 000 Américains ont péri dans cette folle aventure hitlérienne. On peut lire ces trois citations funestes dans le livre de l’auteur Jacques R. Pauwels: « Le mythe de la bonne guerre: Les États-Unis et la Deuxième Guerre mondiale ». Est ainsi régi le destin de l’humanité au gré du caractère naturel de la respectable bourgeoisie capitaliste, qui accomplit les divines missions de la Providence. On s’aperçoit ici que la bourgeoisie ne produit pas seulement des intellectuels et des savants, mais encore elle produit des prophètes.
Mais au sortir de la guerre dans laquelle la bourgeoisie est sortie déçue par la défaite de son aile chauvine (le fascisme contemporain) alors que le communisme est sorti plus renforcé qu’il ne l’était d’avant-guerre, elle sort désormais ses nouvelles cartouches, comme ses nouvelles cartes de visite qui vont bercer la littérature d’après-guerre. Monde libre, Nouvel ordre mondial, Péril rouge, Totalitarisme rouge, Rideau de fer, Guerre froide, Mondialisation, Monde global ou Globalisation, Devoir d’ingérence, Humanitaire, Guerre humanitaire, Terrorisme arabo-musulman (l’islamiste est avant tout musulman), Sionisme israélien (doctrine peu connue avant la création officielle de l’État d’Israël en 1948), l’Axe du mal, etc., sont ici des thématiques/slogans mais que nombre d’illustres intellectuels historiens, politologues et économistes se penchent pour donner un contenu qui reflète les intentions et les aspirations de la bourgeoisie dominante. C’est en raison de la notoriété des auteurs bourgeois qui écrivent sur ces thèmes vides de contenu, que nombre d’éléments de l’avant-garde populaire les colportent pour leur malheur.
Pour clore cette première partie, l’auteur se voudrait d’adresser la question suivante à la conscience intellectuelle de l’intelligence du monde, en particulier d’Haïti: Comment peut-on établir un régime démocratique sous un régime colonial? Quand on sait que, sous le colonialisme tel qu’il se pratique depuis la nuit des temps, les deux grandes libertés (liberté d’expression et liberté de conscience) sont interdites aux colonisés, aux autochtones.
« En ce qui me concerne, je n'ai ni le mérite d'avoir découvert l'existence des classes dans la société moderne, ni celui d'avoir découvert leur lutte. Les historiens bourgeois avaient bien avant moi exposé le développement historique de cette lutte de classes, et les économistes bourgeois l'anatomie économique de ces classes. Ce que j'ai fait de nouveau consiste dans la démonstration suivante : 1° l'existence des classes ne se rattache qu'à certaines luttes définies, historiques, liées au développement de la production ; 2° la lutte de classes conduit nécessairement à la dictature du prolétariat ; 3° cette dictature elle-même constitue seulement la période de transition vers la suppression de toutes les classes et vers une société sans classes. » Correspondance de Marx à Joseph Weidemeyer, datée du 5 mars 1852, lisant les archives d’époque.
A suivre…
Jean-Marie Beaudouin
Janvier 2015; coifopcha@yahoo.fr
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