Ramon Guillaume Quand on parle de médias, on fait référence aux journaux, aux radios, aux télévisions aux réseaux sociaux tels Facebook, Twitter, etc. Car, en général, ils sont à la portée de tout le monde. Ils constituent tous des canaux de diffusion de l’information. Le plus souvent, vu leur prolifération, ils rendent le trafic sur l’autoroute de l’information quasi impraticable. Les utilisateurs les plus sagaces, adeptes de la cybercriminalité, brûlent les feux rouges pour trouver un exit. Cependant, les informations que charrient certains réseaux sociaux et les interprétations qui les accompagnent ne donnent lieu le plus souvent qu’à des désinformations provoquant une sorte de cacophonie qui pollue les ondes au lieu d’informer. Certains réseaux sociaux véhiculent de vieux clichés, de saugrenus préjugés, de sensationnalisme et enfin de stupides exagérations. Tandis que les médias traditionnels en majorité font montre de professionnalisme. Il s’évidente donc que depuis une vingtaine d’années, les Haïtiens de toutes les couches sociales jouissent de multiples possibilités de s’informer. Nos chercheurs, nos étudiants, nos universitaires trouvent, via l’Internet, des réponses à toutes les questions ou presque, en plus d’avoir à leur portée un nombre important de chaînes de radio et une offre exponentielle d’émissions de télévision. L’Internet a révolutionné l’univers des médias. De plus en plus, la presse s’implique dans la politique. Elle fait et défait les gouvernements, que ce soit ici ou ailleurs. Aux États-Unis, la chaîne de télévision CNN annonce toujours le vainqueur des élections et elle publie régulièrement des sondages d’opinion, la veille et bien avant la tenue du scrutin, un ou deux mois auparavant. Ces sondages ont pour effet d’orienter les électeurs particulièrement indécis. On dit souvent que la presse écrite vulgarise mieux que tout autre média l’information qu’elle traite. En quelques minutes, ce qui se passe jusqu’au bout du monde fait la une des journaux. La liberté de la presse et d’expression est un acquis consacré par la Constitution haïtienne depuis le départ de Jean-Claude Duvalier du pouvoir, le 7 février 1986. Nous assistons aujourd’hui à une espèce d’abondance de l’information. L’Internet, particulièrement les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter offrent-ils des opportunités à tout le monde, si ce n’est qu’à un groupe spécialisé dans la désinformation ? Il n’y a pas longtemps, on pouvait lire dans une dépêche parue dans un des réseaux sociaux que l’ex-Premier ministre Laurent Salvador Lamothe aurait été appréhendé et menotté à sa descente d’avion à l’étranger. Cette nouvelle n’avait pas fait la une dans les médias dits sérieux. Il est vrai que la liberté d’expression est indissociable de la liberté de l’homme. Toutefois, faut-il admettre que ce droit ne sont pas complètement respecté. Est-il admissible que l’on puisse tolérer un individu, protégé par l’anonymat, par voie de presse, qui vomit sur la personnalité du chef de l’État sans que ce média se dissocie de cette opinion personnelle émise volontairement à des fins politiques? Très souvent, les organismes de défense des droits humains se taisent en pareils cas. Le verbe facile fascine l’opinion ou l’auditeur. Quand il est auréolé de propos acrimonieux, il perd de sa substance et nuit plutôt que d’informer. Voilà pourquoi les victimes du verbe facile et mensonger se croient obligés de poursuivre en diffamation les auteurs de ces porteurs de changements ou des révolutionnaires en herbe qui véhiculent une critique déraisonnée. C’est ainsi qu’on observe que ceux-là à qui il est reproché le manque de retenue dans leur verbe se plaignent d’être persécutés ou se considèrent comme des prisonniers politiques ou prisonniers du verbe. La presse a besoin d’une certaine liberté pour exister ; d’autres diront une liberté totale et les journalistes eux-mêmes trouvent toujours et le plus souvent des défenseurs de droits humains pour assurer leur défense en dépit du fait qu’ils ont l’ANMH. Chacun a le droit d’exprimer et de diffuser son opinion par la parole, par l’écrit et par l’image. On n’a pas tort de déclarer que la liberté d’expression passe par ces trois canaux. Toutefois, on ne se trompe pas en affirmant que cette liberté est plus que bafouée lorsque des citoyens l’utilisent en pratiquant la diffamation contre des hommes publics. Lorsqu’on emprunte cette voie, on ne peut se réclamer de la liberté d’expression et de la presse. De même que l’opposition au gouvernement ne doit pas se servir de la diffamation pour attirer dans ses rangs les lecteurs et les auditeurs naïfs, le Code pénal haïtien prévoit des sanctions contre cette pratique trop souvent utilisée par des groupes que plusieurs qualifient de sépulcres blanchis. Où sont passées nos maisons de sondage d’opinion ? Il est temps qu’on sache la vraie popularité de l’opposition ainsi que celle du gouvernement. La réponse viendra des élections. Ramon Guillaume