L’un des plus graves problèmes que peut rencontrer un travailleur est d’évoluer en dehors des cadres conventionnels du travail. C’est une lapalissade. « Cette situation des travailleurs n’épargne pas la PNH où les policiers ne sont pas performants à leur poste de travail », constate Marie-Estella Joseph, qui vient de soutenir son mémoire de sortie pour l’obtention du grade de licenciée en psychologie sur le thème : « La satisfaction au travail et la performance réalisée par des agents en point fixe de la PNH, période 2009- 2012, Troisième circonscription de Port- au- Prince. » Chiffres à l’appui, Marie-Estella – qui a obtenu la moyenne 90 pour son travail – décortique les faiblesses et les limites de l’institution policière sous cet angle-là. C’est une percutante radiographie qui doit inciter les décideurs à agir. « Il s’agit d’une étude longitudinale, à la fois de nature qualitative et quantitative, qui vise à établir l’impact que pourrait avoir la satisfaction au travail sur le comportement d’un individu au sein de son institution de travail », explique-t-elle, rappelant que plusieurs études ont été réalisées là-dessus et ont révélé que les conditions difficiles de travail influencent négativement l’attitude des policiers sur le terrain. Académique, calme, Marie-Estella répond avec intelligence aux questions du jury, composé de Paul Antoine, Calixte Hilaire et Jean-Elie Larrieux. Comme aucune étude scientifique n’est guère nouvelle à 100 %, tout ayant été déjà dit, et que sauf la manière de dire fait la différence, elle cite Wuidar. Ce dernier, enchaîne-t-elle, a montré en 2009 que le contexte organisationnel et les conditions difficiles de travail d’un policier peuvent conduire à un déséquilibre entre le travail et la famille. « Ce débordement négatif est la principale cause du stress. Celui-ci pousse le policier à adopter certains comportements liés à des facteurs stressants qui apparaissent dans la vie privée et dans le travail », illustre-t-elle, en présence de ses proches et amis à la faculté d’ethnologie. Pour changer la donne, Marie-Estella, dont le travail de recherche est le résultat d'une investigation auprès de dix-huit (18) agents formant six (6) équipes travaillant dans trois points fixes, pense que la meilleure façon de contrer cette situation est d’améliorer les conditions de travail. Cette stratégie contribuera à la satisfaction et du même coup à la performance du policier. Sans vouloir être par ailleurs alarmiste, tout en désapprouvant le fait que la formation des agents de l’ordre soit l’apanage d’une école de police, elle indique que l’éclaboussement de la PNH est prévisible et imminent si rien n’est fait pour établir l’académie de police. Les mesures correctives, aux yeux de Marie-Estella, consisteraient, entre autres, à l’augmentation de l’effectif des points fixes pour assurer une couverture maximale de la troisième circonscription de Port- au-Prince, la disponibilité des équipements fonctionnels pour les policiers en point fixe, et le fractionnement de l’horaire journalier.