Le ministère du Tourisme et des Industries créatives a lancé aux Etats-Unis d’Amérique une campagne de promotion sur plusieurs chaînes de télévision pour vanter les beautés d’Haïti. Le but est d’attirer des touristes et de vendre à ceux qui hésitent une autre image d’Haïti. Autant d’ambitions et de moyens au ministère de la rue Légitime, c’est une grande première. Depuis des années, on attendait cette mise en avant systématique du produit Haïti. Les investisseurs qui ont parié des millions pour construire, agrandir ou rénover leurs établissements doivent bien se réjouir. La construction a été lente, mais le visage du secteur du tourisme s’est transfiguré depuis 2010. Pour gagner les visiteurs, un à un, la ministre Stéphanie Balmir Villedrouin et les opérateurs ont dû convaincre un tour opérateur américain de vendre la destination Haïti. Cela se fait ainsi sur les marchés les plus importants : Canada, France et autres, Haïti a des agents qui proposent ses atouts. A chaque fois, après des mois de négociations et d’évaluation, Haïti rentre dans un catalogue, dans une offre, un forfait où tout est prévu pour baliser le séjour du visiteur. Cette façon de faire permet à un agent étranger qui croit en la destination de proposer des enclaves de façon systématique entre Port-au-Prince et la Côte des Arcadins. Cela faisait si longtemps que le secteur touristique haïtien attendait cette modernisation. Cette renaissance. Aujourd’hui, c’est un, deux, trois établissements qui en bénéficient. Ce sont cinq, dix, vingt touristes qui nous arrivent à chaque fois. Petit à petit les résultats amèneront d’autres, espèrent les acteurs haïtiens de cette aventure. Pendant ce temps, ce sont des chauffeurs, des ménagères, des marchands, des cuisiniers, des agriculteurs, des électriciens, des artistes, des agents de voyages, des prostitués, des porteurs, des artisans, des guides et mille et un petits métiers qui profitent de ce retour des touristes. Le tourisme est transversal, disent les spécialistes. Personne ne peut seul manger l’argent du visiteur. Mais pour que tout se passe bien, il faut que le climat, l’image, l’atmosphère du pays d’accueil soient stables, restent au beau fixe ou alors, il faut systématiquement construire des enclaves où le ciel est bleu toute l’année. Un défi de taille. Mais accessible.