Il y a une situation que je ne comprends pas ! Dans notre bon pays, il y a beaucoup de personnes qui se targuent de pouvoir guérir tous les maux. Ainsi, à la télévision, un pasteur peut promettre de faire disparaître le cancer, le sida... et, ce faisant, condamner le patient à une mort certaine, et personne ne s’en plaint ! Aucun juge n’est sollicité. Des pasteurs, des hougans proposent des traitements alambiqués en toute impunité ! Je me rappelle encore de ce malheureux ayant des ulcérations sur ses parties génitales venu quérir un soulagement auprès d’un pasteur guérisseur de la place. Tout d’abord son intimité fut exposée aux yeux de tous et, dans notre cas, retransmis à la télé. Rien de choquant, car c’était pour son bien… Mais le pire vint lors du traitement proposé par notre cher pasteur. Notre victime fut invitée à s’acheter une… saucisse au marché et à se badigeonner les parties avec de l’eau teintée couleur indigo. Cette dernière, après usage, ne devait pas être jetée, mais recueillie dans un bocal où devrait être introduite la saucisse. Le tout sera scellé et que le malade ne s’en fasse pas : si la saucisse pourrit, c’est parce que le mal de ses parties génitales l’aura contaminé. Et tout cela en toute impunité. Aussi, je ne comprends pas pourquoi la justice qui des fois s’attaque au médecin laisse les charlatans dormir du sommeil du juste. C’est ainsi qu’un résident d’un hôpital universitaire reçut une sommation pour le décès d’un enfant. J’insiste sur le fait que des personnes meurent de « traitements » par des charlatans mystiques qui ne seront jamais inquiétés. Mais un résident lui est sommé à comparaître pour la mort d’un bébé suite à une complication de son opération. Pourquoi deux poids, deux mesures? Pourquoi cet empressement à condamner des professionnels traités de charlatans alors que les vrais n’ont rien à craindre ? Mais ce n’est pas le pire, car ce résident n’a point reçu le soutien des responsables de l’institution. Eh oui ! En Haïti, on court après le poste important avec un gros chèque, on recherche les voyages au juteux per diem mais quand il s’agit d’affronter le revers de la médaille, on se défile. Il faut croire que certaines hautes fonctions sont susceptibles d’émasculer ! À moins que l’on se retrouve devant un cas d’automutilation où le responsable se les coupe pour ne point perdre son poste… Situation pour le moins lamentable mais explicative de la gabegie que l’on constate trop souvent au niveau de certaines administrations. En conclusion, si la justice regarde les actes de santé, qu’elle le fasse en toute impartialité. Mais ce sera dur tant que le juge croira au miracle, ou qu’un hougan peut ressusciter les morts…