Si de nos jours beaucoup de femmes occupent des places de choix à travers le monde, si partout on clame l’égalité entre les deux sexes et si elles ne sont plus systématiquement victimes des clichés comme «bonnes à rien» ou «n’être bonnes qu’au foyer» pour les multiples tâches ménagères. Il n’en demeure pas moins que la bataille pour le respect des femmes est encore loin d’être gagnée. Effectivement, les lois sont en faveur de la gent féminine quant à occuper des postes jusque-là réservés, tout au début du XXe siècle, aux hommes. Les femmes sont maintenant actives dans tous les secteurs de la vie nationale, politique et économique. Les jeunes filles jouissent à présent du même privilège que les garçons de recevoir le pain de l’instruction et de choisir le métier qu’elles veulent. Les filles ont le droit de vivre leur sexualité bien que dans certains pays, n’être pas vierges équivaut presque à un crime, en référence à l’Indonésie qui va jusqu'à faire des tests de virginité et de ne pas recruter des non vierges dans la police. La bataille menée pour les droits de la femme a fait ses retentissements. Cependant, des détails cruciaux vécus au quotidien par ces dernières portent à réfléchir. Est-ce vraiment une lutte qui tient compte de tous les aspects, de toutes les formes d’agression subie par les femmes ? Le droit à la liberté d’expression, de choisir sa vocation, le droit de vote, de faire carrière, on l’a acquis. Il nous a même été accordé le droit à l’avortement (1). Que fait-on alors des propos suggestifs, que l’homme lance, dans un ton qu’il veut sensuel mais qui est de préférence vulgaire, intentionnellement à l’encontre d’une femme en pleine rue dans le genre : « Se pou ou sel tout bagay sa ye ? » Faisant référence au sexe de la femme. Ou dans un taptap, un chauffeur lui lançant un B…. parce que l’argent de la course manque quelques piastres en ajoutant : « Se sa yo te baw yè swa ? » Ou juste par fantaisie, des hommes se croyant machos et tout permis agressent verbalement les femmes à travers les rues sous prétexte que « Tout fanm pa bon, tout fanm se menm». On doit aller au plus profond de la lutte. La lutte doit également toucher l’aspect le plus insignifiant du quotidien féminin, c’est-à-dire celles-la qui n’aspirent à aucun poste mais qui affrontent les rues pour élever leur progéniture et qui sont sujettes à toutes les discriminations masculines. Beaucoup de messages sont véhiculés concernant les violences physiques faites aux femmes. Ces actes barbares sont condamnés. La médiatisation contre cette pratique inhumaine va bon train et commence à donner résultat. Qu’en est-il alors des agressions verbales qui les font se sentir réduites dans leur dignité de femmes? (1) L'avortement est l'expulsion hors de l'utérus de l'embryon ou du foetus, causant la mort de celui-ci. Les avortements spontanés peuvent se produire du fait d'un problème physiologique ou si la mère a des problèmes de santé. Il arrive que des avortements soient provoqués pour éviter de mettre la vie de la mère en danger.