Ep sitwayen, sitwayen kanpe m pale w ! Sitwayen wi. Aaa pa fè sa misye se sitwayen, li p ap fè sa. Se gwo sitwayen nan zòn nan li pa moun pou sa
Sitwayen m ap ba w jeans lan pou 180.. ou pale ak mwen kou sitwayen pale ak moun, m ap jere w.
Hep, sitwayen, ou bliye liv ou wi, lance un cireur de souliers à un client pressé , en route pour son travail. Ce cireur de chaussures fait le même métier que Tulile ou Claude Harry Jean, citoyen haïtien poignardé et pendu en République dominicaine, le mois dernier. Son nom a fait la une à la radio et sur le net. Dans la salle d'attente de mon ophtalmologue, lisant un polar, j'entendis: "Bonjou, sitwayen! Sanble doktè a poko rive?" Car, pour adresser la parole à un inconnu, surtout pour lui témoigner du respect ou pour briser la glace entre deux inconnus, (tout comme fanmi), ici en Haïti nous disons : citoyen. Tous les jours, le citoyen est dans la rue, dans les cliniques, au marché. Mais qui est-il, au juste?
L'Etat, via le président de la République, vient, une nouvelle fois de convoquer le peuple (les citoyens haïtiens) dans ses comices. Certes, paraît-il qu'il est possible qu'aucune de ces élections tant attendues n'ait lieu cette année, selon ce qu'on a pu entendre ce jeudi sur Vision 2000. Nous pouvons toujours en parler. Jamais trop tôt pour parler de notre pays et de ce qui concerne notre avenir en tant que peuple.
En quoi la présence des citoyens aux urnes est-elle nécessaire pour la tenue des élections? Pourquoi? Citoyen ne serait-il plus qu'un mot lancé dans les rues ou quelques lettres accolées sur du papier?
Pourquoi la République a-t-elle besoin de nous, de nos votes? Quel rôle les citoyens ont-ils à jouer dans la société? Quelle est leur importance dans la société?
Essayons de comprendre
D'emblée, nous affirmons ceci: Être citoyen c'est avoir des DROITS et des DEVOIRS. Les uns ne marchent pas sans les autres. Ce doit être un tandem bien huilé. Cependant, quelques courtes définitions de "citoyen" avant de continuer.
Le Larousse: Personne jouissant dans l'État dont elle relève des droits civils et politiques, notamment du droit de vote ( par opposition aux étrangers)
Si nous nous référons encore à quelques exemples tirés du Larousse, de lexiques du Net et de notre constitution, en voici des bribes de définitions. “Les citoyens d'une même nation forment une COMMUNAUTE POLITIQUE.”
“Les droits civiques permettent de participer à la vie publique et politique, de pouvoir se porter candidat à des emplois publics, d'être électeur ou éligible.”
Les devoirs civiques sont essentiellement ceux d'accomplir, d'ÊTRE JURE, de VOTER.... “ parmi tant d'autres.
Pour revenir à ce qui est dit tout au début de notre développement, rappelons que la citoyenneté comporte des DROITS ET des DEVOIRS. Voilà ce qui nous interpelle. DROITS et DEVOIRS.
Le citoyen est à la démocratie ce que le soleil est au jour. Sans citoyen, la démocratie serait une télévision dernier cri pour non-voyants ou un match de foot sans ballon. Et aussi, le terme “Démocratie” est formé à partir de demos = peuple ( les citoyens haïtiens composent le peuple haïtien).
S'il est vrai qu' Haïti se dit démocratique et s'il est vrai que démocratie est le pouvoir par le peuple, nous, les citoyens, sommes concernés.
En ces périodes électorales, les citoyens jeunes et vieux, riches et pauvres Haïtiens de toutes religions ou croyances confondues, nous avons pour mission de choisir ceux qui vont nous représenter et/ ou nous diriger. Amis lecteurs, nous Haïtiens et Haïtiennes , avons pour droit et, dans notre cas ( un pays aussi malade et divisé), UN DEVOIR de participer à la vie politique. Pas loin de deux cents partis politiques ont décidé de se mêler des choses de la cité, de la République. Nous, citoyens et citoyennes, irons exercer notre droit de vote. Nous sommes le moteur de la démocratie chez nous. Disons- nous ceci: dès qu'il y a ELECTION, il y a automatiquement VOTE. C'est "une contribution majeure à la bonne marche de la société", pour reprendre un texte lu sur le Net. Contribuons à changer le panorama politique. Nous AVONS ce POUVOIR. Nous devons en user. Il est une force. Quand nous restons passifs, le passif qu'on nous lègue est trop dur à gérer et à rembourser.
Ceux qui sont au timon des affaires, chez nous, et dans beaucoup d'autres pays dont les peuples luttent pour instaurer un régime démocratique, refusent de lâcher le pouvoir et ses avantages. Pourquoi nous, nous rejetterions le nôtre? Pourquoi nous n'en voulons pas? Soyons démocrates. Votons!!! ANN AL VOTE! Soyons NOS décideurs.
“Il suffit que les HOMMES de BIEN(citoyens dans notre propre langage) ne fassent rien( voter entre autres) pour que le MAL ( anarchie,obscurantisme,corruption, népotisme......) triomphe.” Edmond Burke nous parle clairement, sans chichi.
En plus, le chapitre III de notre Constitution nous fait savoir de facon brève et précise que voter est un devoir. Ainsi à l'article 52, il est dit que le citoyen haitien a pour devoir de voter sans contrainte. Entre citoyens du même pays, conseillons à nos amis, collègues et parents de le faire. Exhortons-les à le faire. Prenons en main notre futur. Nous en avons l'occasion., nou ka fè la diferans. Quand nous votons un
Elle est aux urnes. Ak grenn bilten nou an.
ASEC, un Casec ou un maire, nous décidons qui va diriger notre section communale, notre ville. Un député ou un sénateur nous représente au Parlement et fera voter des lois concernant le pays, donc notre arrondissement ou département.
N'élisons pas quelqu'un parce qu'il nous a pris en “woulib” à bord de son beau véhicule ou parce qu'il est notre voisin. Elisons un candidat ou une candidate qui n'a pas commis d'acte illégal répréhensible, qui est digne de confiance, au dessus de tout soupçon, qui a un profil de compétent(e). Elisons un maire qui puisse s'occuper des ordures, du ravitaillement en eau, des activités culturelles, de la bonne marche des hôpitaux et autres centres de santé des villes. Elisons quelqu'un qui ait la capacité de faire réguler le fonctionnement du transport correctement (nous serons en sécurité sur les routes du pays), par exemple. Oeuvrons ainsi donc pour une république exemplaire.
Quand nous recrutons du personnel de maison pour nos enfants ou quand nous embauchons un agent de sécurité pour nos affaires ou maisons privées, ne nous soucions-nous pas de savoir à qui nous avons affaire? Confierions-nous nos vies et celles des membres de notre famille à de parfaits inconnus ou pire, à des personnages peu recommandables? Je réponds : NON!
Faisons pareil quand nous votons un ASEC, CASEC, MAIRE, DÉPUTÉ, SÉNATEUR OU PRÉSIDENT. Votons avec nos TÊTES. Votons la raison, PAS les sentiments. Chers ami(e)s, une fois installés, les élus oublient leur fonction première qui est de nous servir. Pour nous servir correctement et nous représenter adéquatement, il est essentiel qu'ils nous connaissent -pas nos noms pour que nous nous sentions importants et que dans leurs mains nous soyons des citoyens de papier-mais il est primordial qu'ils connaissent nos besoins essentiellement. Pour ce, interrogez-les sur leur programme, leur vision. La faisabilité de leurs projets. Où vont-ils trouver les fonds et compétence pour réaliser tel projet ou tel projet ? Ne croyons surtout pas en un candidat qui nous parlera de tonnes de millions de dollars qui viendront de la borlette, de la loterie nationale.
Ne confions pas les rênes du pays à quelqu'un qui méprise l'éducation, de surcroît la lecture qui forme l'homme. Ne votons pas pour quelqu'un qui ayant vécu toute sa vie dans le Sud'Est par exemple et au petit bonheur, part à la conquête de la mairie de Port-de-Paix. Mais surtout, surtout nous n'irons pas -vous et moi- perdre notre temps à voter quelqu'un qui nous promettra une mer à chaque carrefour ou qui nous promettra de faire atterrir un sous-marin dans notre salle de bains. La note de ce traquenard que nous avons à payer est trop salée. C'est la Mer MORTE. Cette note salée rend le pays, la société et par-dessus tout, notre économie agonisante, moribonde!
Nous apprendre nos rôles, nos devoirs, nos droits, nos privilèges dans la cité devrait être non seulement chose faite à l'école mais encore, cela devrait nous être rappelé plus tard par les médias d'État et les organismes citoyens. Malheureusement, c'est une négligence grave que plusieurs générations d'hommes et de femmes auront payée chèrement.
C'est démocratique de vouloir savoir ce qui se passe dans son pays ou dans sa ville. C'est permis. Est-ce bien pour cela quand nous aurons élu un ou une candidat(e) à chaque poste, nous devrons former des regroupements citoyens, formerons des associations à travers lesquelles nous demanderons non pas des jobs pour nous ou des membres de nos familles, en aparté. Non! Nous questionnerons à chaque fois que le besoin se fera sentir. Nous devrons demander des comptes aux personnes à qui nous avons confié la gestion de nos villes. Nous devrons sans concession aucune, les interroger sur le retard des projets ou programmes promis, surtout leurs “chwal batay ou piliers de leur campagne électorale. Ces élus doivent pouvoir sentir que nous nous souvenons de ce qu'ils nous ont promis. Ils doivent comprendre que les citoyens les ont à l'oeil. Gardons toujours la communication ouverte avec eux.
Ils ont des comptes à rendre. Le mandat qui leur a été confié par nos bulletins aux urnes, nous donne ce droit. Tout ceci se fera, bien sûr, sans violence. Exerçons la vigilance citoyenne.
Le dernier, mais pas le moindre. Tout citoyen doit donner le ton. Car, en plus de voter et de questionner les élus, nous devons payer les taxes ou toute autre redevance légale à l'Etat.
Un exemple. Comment pourrions-nous exiger que les rues soient propres, que la ville soit bien gardée, que l'eau ou autre infrastructure fonctionne convenablement si les caisses de l'Etat sont vides? Les agents des services de voierie doivent être rémunérés comme toute personne qui travaille. Ainsi donc, payons puis exigeons. Votons puis demandons des comptes.
Encore une fois, cessons de répéter comme des résignés que notre vote ne compte pas. Tout compte. Surtout notre vote.
Bertoli Brecht nous le résume de façon claire et précise: «Si tu ne participes pas à la réussite, tu participes à la défaite (anarchie, régime de facto, violence, effondrement total de l'économie car des incompétents véreux dirigent».
N'allons plus festoyer ou boire du bon rhum le jour des élections !!! Nous disposons de 364 autres jours pour aller à la plage. Un seul jour pour orienter le pays sur la bonne voie n'est pas un sacrifice. C'est un exercice digne d'un citoyen qui se dit démocrate et un geste naturel. Quand nous ne choisissons pas, on le fait pour nous.
Nous sommes partis à la plage lors des élections qui nous ont conduit vers cet accident de l'histoire. Allons-nous commettre la même erreur? Et ensuite laisser à d'autres l'opportunité, la SINISTRE opportunité de choisir à notre place? Rien que 700 000 votes de sentimentaux nous ont conduits à cette débâcle monumentale. Que peuvent 700 000 contre plus de 3 - 5millions?
Quand nous ne votons pas, nous trahissons nos rêves. Quand nous ne votons pas, nous facilitons l'accession au pouvoir des corrompus et des incapables. Ne votons pas pour plaire à un ami, un collègue ou conjoint(e),votons un lendemain que nous voulons meilleur sinon pour nous, mais pour nos enfants . Votons pour permettre à un bon candidat de faire ses preuves, votons pour sanctionner mais votons quand même! Rien qu'une journée! Qu'est-ce un jour de bonnes actions pour son avenir et son pays comparé à 5 années de regret? Quand nous ne votons pas, nous nous faisons passifs face au progrès, nous devenons complices du chaos, complices du sous-développement.
Dans la gestion de la res publica, il n'existe aucune fatalité. Il revient à chaque citoyen de voter le progrès en mettant les hommes et femmes qu'il faut à la place qu'il faut. Votons des gens qui ont des programmes d'excellence ( un bon système de santé, un bon plan d'éducation, des professionnels soucieux de redresser notre économie ) mais non pas des slogans creux ni des programmes bidon irréalisables.
Chaque vote intelligent fait avancer le pays. Chaque vote intelligent et conscient nous ouvre la voie du progrès et du développement.
En choisissant de voter, ayons à l'esprit que nous accomplissons un geste d'avenir, pensons avant tout à voter avec nos têtes mais non avec nos coeurs. Haïti d'abord, Haïti toujours.
Mireille Lafalaise, 29 mars 2015
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