Des 60 produits typiques du pays retenus sur la liste des 539 initialement identifiés, les produits culturels sont les plus connus et les plus mal connus à la fois, en tout cas peu exploités et valorisés. Publié en 2014, l’impressionnant travail d’inventaire réalisé par le ministère du Commerce et de l’Industrie ainsi que le ministère du Tourisme et le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural avec le PNUD sous l’impulsion du dynamique ministre Wilson Laleau a présenté des fiches techniques pour sept (7) lieux de nature et lieux de rites emblématiques : - Souvenance, Badio et Soukri (Artibonite) - Cascade de Saut-d’Eau (Centre) - Saut du Baril (Nippes) - Parc National Historique (Nord) - Ville au Camp (Môle Saint-Nicolas, Nord-Ouest) - Ile-à-Vache (Sud) - Bassin-Bleu (Sud-Est) Evidemment, il existe encore un nombre inimaginable, époustouflant de sites historiques, naturels et culturels d’une très grande potentialité touristique non répertoriés dans cette compilation illustrée dont l’objectif fondamental est de mettre en exergue nos potentialités économiques. Chaque lieu a son potentiel légendaire, magnétique, superstitieux, mystique. Celui du Saut du Baril que j'ai visité récemment en compagnie du ministre Wilson Laleau et du sénateur Jocelerme Privert fait sourire. Selon les croyances locales, l’eau aurait des vertus non seulement guérisseuses mais aussi «chanceuses» pour les femmes qui, voulant se débarrasser de leur «deveine» maritale ou sentimentale, accrochent leurs culottes aux flancs du site ou à l’entour. Produits touristiques difficilement accessibles ? La question se veut un gage de curiosité. Injustice et incomplétude de l’inventaire ! En effet, notre patrimoine naturel et culturel est vaste, inconnu ou presque. C’est le cas de nos grottes (Marie-Jeanne de Port-à-Piment, Trou Bondye, Saint-Francisque, Francine et Frippie à Saint-Michel de l’Attalaye), de nos forts (Picolet, Drouet), des vestiges d’habitations coloniales, etc. C’est le cas aussi de notre cuisine et de notre artisanat dont très peu de spécificités ou de singularités ont été retenues (Dous Makòs de Petit-Goâve, Papier mâché de Jacmel, entre autres). Pendant que nous y sommes, je vous invite à découvrir la superbe plage Ozanana à Saint-Jean du Sud dont il n’est fait nulle mention ici ! Il faudrait une autre publication pour tout embrasser. Raccourci strident, en effet. Sachons tout de même gré au ministre Wilson Laleau et à toute son équipe d’avoir fermement initié et finalisé cette initiative enrichissante. Trouvera-t-on à l’avenir trace de cette identification de nos potentiels régionaux aussi bien chez nos investisseurs que chez nos hommes politiques ? Possible, parce que notre avenir en dépend. Autrement dit, il est illusoire de parler d’une politique économique nationale viable en dehors de la mise en valeur de nos produits typiques.