Peu à peu les candidats se dévoilent. Aux USA. La démocrate (ex-sénateur) Hillary Clinton dimanche, le républicain (sénateur) Marco Rubio, ce lundi. Ted Cruz (sénateur) et Rand Paul (sénateur), républicains, avaient déjà franchi le pas pour annoncer leur souhait de briguer l’investiture de leur parti. Côté démocrate, c’est encore le calme plat.
Parmi les candidats à la présidence des Etats-Unis d’Amérique pour l’an prochain, on va retrouver en majorité des gouverneurs, des sénateurs, des multimillionnaires, comme à chaque élection. Le système bipartisan bien réglé et la maîtrise parfaite du processus politique américain par l’establishment et les lobbies font le reste. Il y a peu de surprises dans une campagne électorale américaine. Ross Perrot et Ralph Nader mis à part ces dernières années, tout reste généralement dans les rails établis depuis des siècles.
Les élections de 2016 concerneront aussi des postes de gouverneurs, le tiers du Sénat et la totalité de la Chambre des représentants. Beaucoup d'héritiers politiques, des législateurs, des avocats, des anciens soldats, des chefs d’entreprise vont composer la cohorte des nouveaux élus aux USA.
En grande majorité, un brillant nouveau venu s’imposera, ou l'on passera d’un poste à un autre échelon, ou on se fera réélire. Certains membres de la Chambre des représentants, réélus chaque 2 ans, gardent leur mandat plusieurs décennies. A la tête du pays règnent ceux qui incarnent parfaitement le rêve américain.
En Haïti aussi, cette semaine, les candidats sortent de l’ombre pour entrer dans le four électoral. Après l’inscription sur Internet, ce sont les premiers dépôts de pièces qui commencent. Pour le moment, pour les postes de sénateur et de député, ce n’est pas encore la grande foule que l’on dit craindre dans les bureaux du Conseil électoral.
Qui seront nos futurs parlementaires ?
Si on regarde les sept plus récentes législatures, de la dernière élue sous la dictature des Duvalier (la 43e) à la dernière partie le 12 janvier 2015 (la 49e), il y a eu peu de renouvellement de mandats. Nos parlementaires sont avant tout des nouveaux venus. Sans expérience ni racines, nos législatures se suivent et se ressemblent par leurs légers bilans.
Mis à part le cas très particulier de la plateforme INITE qui a fait réélire, dans les conditions que l’on sait, les anciens membres de la Plateforme ESPWA, moins de 10% des élus haïtiens ont retrouvé leur siège d’une élection à l’autre depuis près de 35 ans. Il n’y a pas vraiment d’héritiers, de fils d’anciens élus qui tiennent le bureau ou les postes clés au Parlement haïtien. Les avocats ou diplômés des études connexes au droit n'y sont pas légion.
Des opposants historiques à Duvalier ou à Aristide, quelques professeurs, des membres de la diaspora dont on ne connaît pas toujours le parcours complet, des parachutés supportés par le pouvoir politique de l’heure ou par des forces d’argent pas toujours clean, quelques pasteurs et de jeunes diplômés forment le gros de nos élus.
La majorité des membres des deux chambres du Parlement haïtien sont avant tout des leaders de proximité qui ont de bons rapports avec les populations qui les ont élus. Cela fait leur force et aussi constitue leur principale faiblesse.
Sans attache particulière avec le parti qui leur donne bannière, ils paient de leur poche leur campagne et cherchent avant tout à rentrer dans leurs frais.
Nos parlementaires, avant tout, sont à la recherche de projets, de financement, d’emplois, de débouchés pour leur localité, leurs mandants et eux-mêmes. Ne vous étonnez pas s’ils hantent plus souvent les couloirs des ministères et des directions générales qu’ils n’animent les séances ou poussent à faire voter des lois.
Les élections de 2015 devaient nous porter à élire aux deux chambres cette même clientèle, ce même type de parlementaires.
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