Quand il s’agit des candidats, le Conseil électoral provisoire est très exigeant sur le respect des délais. L’institution électorale ne tolère aucun retard de la part des prétendants à un poste électif. Il joue « tout ti vis » avec eux . Bon nombre de candidats aux législatives ont été écartés de la course pour avoir soumis des pièces en retard. Edwin Zenny n’est pas candidat à la présidence aujourd’hui parce qu’il a soumis au CEP ses certificats de décharge avec deux jours de retard. Jacky Lumarque a lui aussi été écarté de la course électorale parce que, selon le CEP, il n’a pas remis à temps ses certificats de décharge. « Le dépôt de candidature pour la présidentielle a pris fin le 20 mai 2015. Le 3 juin, la Cour supérieure des comptes a sorti un certificat de décharge disant que M. Lumarque n’était pas comptable de deniers publics. Ce qui veut dire que le 20 mai ce document n’était pas dans les dossiers de M. Lumarque. Donc, sa candidature pour le CEP n’est pas recevable », a expliqué le président du CEP, Pierre-Louis Opont, soulignant que d’autres candidats ont subi le même sort pour la même raison. Le Conseil électoral est sans appel. La chance pour ces candidats de retourner dans la course électorale est pratiquement nulle. Le CEP se positionne en point final du processus électoral. Il accuse, il juge et il condamne. Jusqu'à présent, on ne tient pas rigueur au Conseil électoral pour ses nombreux rendez-vous manqués avec le calendrier électoral. Cependant, qui le sanctionnera pour n’avoir pas pu former les bureaux de vote 60 jours avant les élections comme l’exige le décret électoral? Aujourd’hui, nous sommes le 4 juillet. Dans environ 35 jours, soit le 9 août, va avoir lieu le premier tour des législatives. Le CEP accuse un retard de 25 jours. 25 jours !!! Selon les prescrits de l’article 139.1 du décret électoral, « Les membres des bureaux de vote, dans leurs zones respectives, sont choisis par les partis politiques, sur une liste de citoyens électeurs soumise par les universités, les écoles, les cultes, les associations socioprofessionnelles et culturelles reconnues et les organisations de femmes, au moins soixante (60) jours avant le scrutin. » L’article 139.2 stipule que le choix a lieu en séance publique par tirage au sort par le BEC en présence des représentants des partis, groupements politiques, des candidats indépendants et des organismes d’observation électorale accrédités. La notification est faite aux personnes retenues par lettre avec accusé de réception. Obligation est faite aux personnes retenues de se mettre à la disposition du CEP en vue de remplir leurs devoirs civiques. Faute par elles de se conformer, elles seront l’objet des mêmes peines prévues contre les jurés absentéistes. Pour tenter de se dédouaner de cette responsabilité, le CEP sort un communiqué le vendredi 3 juillet pour dire ceci : « Le Conseil électoral provisoire rappelle à la population en général, les partis, groupements politiques et les candidats en particulier que, selon les prescrits des articles 138 et suivants du décret électoral, les membres des bureaux de vote (MBV) sont choisis par les partis politiques sur une liste de citoyens électeurs, soumise par les universités, les écoles, les cultes, les associations socioprofessionnelles et culturelles reconnues et les organisations de femmes. » Dans cette perspective, le CEP a annoncé une rencontre avec les représentants des partis politiques le mardi 7 juillet à l'hôtel Montana, à Pétion-Ville, à compter de 10 h a.m. Il a informé également que, conformément au décret électoral, la liste des MBV serait établie par tirage au sort fixé du 3 au 8 juillet 2015, dans tous les départements. Pourquoi avoir attendu tout ce temps pour lancer le processus de recrutement des membres des bureaux de vote ? L’institution électorale est la seule à pouvoir le faire. Le CEP est en retard sur ce point. Donc, il viole l’article 139-1 du décret électoral. De quoi est-il passible ? Qui peut le sanctionner ? Etant aussi tatillon sur le retard des autres, prêt à trancher, prêt à écarter de la course, le CEP ne devrait-il pas donner l’impression qu’il est aussi exigeant envers lui-même qu’envers les candidats ? Et si la formation des bureaux de vote est bâclée, bureaux de vote qui sont la pièce maitresse du scrutin, que faut-il attendre de sérieux du CEP d'Opont?