Fernando Capellan n'y va pas par quatre chemins à un moment où les autorités haïtiennes et dominicaines s'écharpent sur la question migratoire dans les médias et certains forums internationaux. « Il faut se calmer et dialoguer », a recommandé le patron de Grupo M, qui pèse lourd : 7 500 emplois dans la zone franche de Ouanaminthe à la Codevi et plus de 5 000 dans ses usines à Santiago, sa ville natale. Pour lui, "dans le respect", les autorités des deux pays doivent discuter de tous les sujets qui fâchent et trouver des solutions, sans perdre de vue les intérêts économiques des deux pays qui sont intimement liés. Il a évoqué la nécessité de la bonne entente afin de créer des emplois pour les habitants de l'île. En ces temps d'élections, il faut mettre une sourdine aux appels des extrémistes des deux côtés qui encouragent la confrontation.
« Personne ne gagnera dans des affrontements », a insisté Fernando Capellan, qui fait aussi le lien entre les élections cette année en Haïti et l'an prochain en RD et cette poussée extrémiste et nationaliste dans les deux camps. Il a vanté l'importance de l'initiative Quisqueya et les projets binationaux financés par l'UE à hauteur de 50 millions d'euros.
La situation actuelle effraie les investisseurs étrangers, a expliqué Fernando Capellan. Pour illustrer sa foi en l'avenir, l'homme d'affaires a confié au journal que la construction de nouveaux locaux à Codevi va permettre la création de 1500 nouveaux emplois. Il a indiqué que l'on gaspille actuellement un temps précieux alors que le potentiel est là pour créer 200 000 emplois rien que dans le textile, sans compter l'énorme possibilité qu'il y a dans le couloir nord dans d'autres secteurs.
Fernando Capellan croit qu'il faut des discussions entre les deux pays pour clarifier les règles, pour que l'Etat haïtien perçoive des taxes sur l'importation. Il estime d'un autre côté qu'il ne faut pas mélanger la question de la régulation de la migration et la décision inacceptable, attentatoire à l'image de la RD qu'est l'apatridie. Mais, a-t-il souligné, l'Etat dominicain a le droit et la responsabilité de réguler la migration haïtienne. Cette régulation, cette formalisation n'a que des avantages. Notamment pour les migrants qui travaillaient au noir. Ils pourront avoir accès au système de sécurité sociale et fonctionner normalement dans l'économie, a souligné Fernando Capellan, rencontré à Santiago, le lundi 6 juillet 2015.
Roberson Alphonse
Envoyé spécial en République dominicaine
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