À mes compatriotes et amis Une fois encore, souffrez que je prenne le risque de passer pour un alarmiste, mais convenez tout de même qu’un simple tour d’horizon de la situation m’autorise à la croire grave…très grave. Plus inquiétante encore reste notre passivité coutumière dans ces circonstances… Notre monnaie est en chute libre… ! Nombreux sont nos contributeurs de la diaspora à être déportés. Les grands ouvrages de l’État se figent… Le prix des carburants devra bientôt être révisé à la hausse. Nos entreprises agricoles sont presque inexistantes. Nos usines et commerces ferment leurs portes, laissant la place à l’insécurité, seule industrie florissante de nos jours. Nous ? Nous observons… ! Dans la commune de Pétion-Ville, la 6e section Aux Cadets reste enclavée et des pertes en vies humaines sont à déplorer régulièrement, faute de ne pouvoir accéder à temps à des centres de santé ! Tout cela pour vingt-cinq kilomètres de route… Parallèlement, plus de vingt-huit millions de dollars sont investis dans des infrastructures sportives « hors normes » dans la même commune. Questions de choix, diront certains ! Aurait-on vraiment le choix quand il s’agit de vies humaines ? À chaque poste frontalier, des milliers de nos compatriotes y sont refoulés. Pour les accueillir, même les employés de la fonction publique acceptent que l’on prélève de leur salaire… Alors que deux artistes étrangers ont effectué gratuitement une prestation qui a tout de même coûté plus de deux millions de dollars. Quel choix ? Notre économie s’asphyxie mais aurait pu souffler si l’impression des bulletins avait été faite localement. Quatre cents (400) emplois. Cotisation pour ONA, OFATMA. Taxes sur salaire TMS. Impôt sur le revenu individuel. Impôt sur le bénéfice des entreprises. Rien de tout cela…Nous avons choisi des voyages de vérification (hôtel et transports) à Dubaï, nous avons concédé les profits de cette activité à l’un des pays les plus riches du monde… Le président du Conseil électoral n’aurait-il pas déclaré publiquement avoir accepté de publier des résultats frauduleux lors des élections de 2011 et pointe du doigt l’international et des groupes d’intérêt locaux qu’il accuse du « kidnapping » des vrais résultats ? Ses aveux seraient-ils un avertissement pour que l’on se prépare au même scénario, d’autant plus que l’international et les groupes d’intérêt n’ont pas changé ? Malgré tout, comme pour récompenser un aveu de complicité, nous l’avons mis sous haute protection du secteur privé, confirmé dans son poste de président d’une institution dont il a dénoncé la dépendance et le félicitons pour sa fermeté à propos des décisions qui lui sont dictées…Rien de vraiment étonnant, n’est-ce pas, puisque nous avons tous assisté en direct au jugement de présumés kidnappeurs innocentés par un juge qui, pour conclure et justifier sa décision, se contente d’un avertissement contre toute récidive d’un fait dont il venait de nier l’existence. Convenez qu’il est difficile d’expliquer à nos enfants comment on peut récidiver de ce que l’on n’aura jamais fait. Malgré tout, nous nous taisons et nous attendons…Compliqué comme choix ?…Nous attendons encore… Nous, nous attendons toujours ! Mais finalement, nous sommes-nous jamais demandé ce que nous attendions vraiment ? Grands consommateurs de farine sous toutes les formes, depuis quelque temps, au détriment d’une industrie nationale, (jadis rentable), nous ne consommons qu’une farine importée hautement cancérigène, mais qu’importe, nous ne le saurons que plus tard, ou plutôt, trop tard, et laissons à la diplomatie le soin de nous en protéger, alors qu’il faudrait que les puissants importateurs soient mis face à leurs responsabilités…À noter que nous n’avons pas été informés de la provenance de la farine, des conséquences sanitaires, des molécules incriminées, du nom des importateurs, nous ne savons toujours pas si nous devons ou pas continuer à consommer du pain, des pâtes ? Ne serait-on pas en droit de penser que plus que la teneur en bromate de potassium et en azodicarbonamide, tous deux hautement cancérigènes, notre irresponsabilité collective est le mal le plus meurtrier dont nous soyons atteints… Nous, nous attendons toujours…mais, comme nos décideurs, les ministres sont convoqués, jugés et giflés à loisir par leurs donneurs d’ordres, nous devons seulement nous attendre à ce que, pour confondre les coupables, le même juge soit désigné pour statuer sur leur innocence……faute de preuves ! Nous, nous continuerons à compter nos cadavres, à soigner nos traumatismes et à espérer que plus tard…mais toujours trop tard ! Finalement, Croyez-vous encore que je fabule ? Me jugez-vous amer ou emporté, quand je souhaite ce réveil national ? Suis-je à vos yeux suffisant pour prétendre juger, ou arrogant pour nous traiter de peuple zombifié ? Quelle élite sommes-nous pour que l’on accepte d’être ainsi traités ? Des créatures de Dieu, à quel genre appartenons-nous, pour que de la misère et des souffrances de nos compatriotes nous soyons aussi indifférents ? À quelle nation appartenons-nous, puisque la nôtre, nous la laissons s’effriter ? Malgré tout, je crois en ce pays, je crois en son peuple qui, contre toute attente, saura, j’en ai la certitude, se relever et se battre comme un seul, …contre plusieurs ! Ce n’est pas un homme qu’il faut choisir, c’est à un projet qu’il faudra adhérer. Relevons la tête pour dire non à l’absurde.