Il est beau, jeune, un peu trop jeune même et surtout fiancé jusqu'au cou. Duckens Moïse Nazon, le dossard 24 de la sélection nationale, a bel et bien trouvé l’âme sœur. Je sais, je sais, certaines flanchent un peu à l’idée, mais désolée, mesdames, il n'y a pas moyen d'espérer ! À seulement 21 ans, le jeune Grenadier qui a propulsé Haïti en quarts de finale de la Gold Cup 2015 s’apprête à dire oui.
Quand je l’appelle en vidéoconférence par erreur cet après-midi, c’est un Nazon quelque peu distant qui me répond. En fait, il est pressé. Il m’explique qu’il doit sortir mais sera disponible dans une heure. On renvoie donc l’entrevue. Mais quelques minutes plus tard il rappelle et c’est en voiture, oscillant dans les rues de Baltimore, qu’il répond laconiquement à nos questions. De prime abord, il donne l’impression d’être désintéressé. Même son corps viril, sa face bien dessinée, ses yeux rêveurs et sa voix chantante n’enlèvent pas ce sentiment. Quelque peu déçue, le beau prince chute un peu dans mon estime et refroidit mon enthousiasme.
Dans les 20 minutes qui suivront, il se rattrape un peu. Je ne résiste pas à son rire grave, encore moins à son accent parisien. Quand je lui demande s’il parle un peu créole, étonné et un tantinet vexé, il lâche dans un créole parfait : « Mwen konn pale kreyòl wi, o ! M nan seleksyon ayisyèn, ou mande m si m konn pale kreyòl ! » Mais comprenez que la question est justifiée quand je sais que le jeune homme n'a jamais mis les pieds en Haïti. Né le 7 avril 1994 dans la banlieue de Poissy, d’une mère aquinoise et d’un père port-au-princien, le contact le plus direct que Duckens garde avec son pays d'origine demeure la langue et la musique. Amateur de compas et grand fan du groupe Carimi, il n'hésite pas à identifier (tag) ces derniers sur presque toutes ses photos sur le réseau social Instagram.
Sa popularité grandissante ne semble pas le toucher. « Je ne m’intéresse pas trop à ça. J'apprécie bien les messages de remerciements, mais j'essaie de rester concentré. De toute façon, je suis fiancé et je n’ai pas le temps pour ce genre de choses », confie Nazon. De religion musulmane, il préfère ne pas parler de ramadan dont on est en pleine période. Benjamin d’une famille de quatre enfants, il abandonne l’école avant de passer le bac pour s’adonner à sa vraie passion. « L’école n’était pas faite pour moi de toute façon. Mais j’ai vraiment quitté parce que quand je suis parti en Picardie jouer pour l’US Roye en 2013, il n’y avait pas vraiment moyen dans la zone pour y aller. Donc je me suis essentiellement concentré sur le foot », explique le jeune footballeur, admirateur invétéré de Ronaldo, « le vrai », comme il le précise.
Passionné de jeux vidéo et de religion, Duckens Nazon aime bien passer du temps avec ses amis et sa fiancée. Dès l’âge de six ans, le foot est son seul vrai intérêt et il s’y adonne à cœur joie. Après la Coupe Caraïbes en Jamaïque et deux matchs amicaux, c’est sa première grande compétition avec la sélection nationale et déjà il fait notre grand bonheur. Si tous les espoirs sont fondés sur ses tirs magistraux, lui, par contre, adopte un calme olympien. « Je me prépare tout simplement à faire mon travail. Écoutez, je suis un attaquant, je suis obligé de faire des buts, c’est mon job. Il n’y a rien d’héroïque dans cette partie-là. Les gens ne doivent pas me voir comme un héros national. Alors là, pas du tout », affirme le fan de Manchester City dans cet accent français qui me fait sourire.
Même si le footballeur a enchanté le cœur de tout un peuple à deux reprises, je sens chez lui plus la passion du jeu que le désir de faire flotter haut les couleurs nationales. Ténébreux, regard mourant, lèvres charnues, peau d’ébène, Duckens Nazon a tout du tombeur. Quand, en plus, il remonte son short pour laisser paraître ses cuisses d’acier et son fessier fermement rebondi, je ne résiste plus. Et pour définitivement le rendre plus craquant, cette petite fossette qui se creuse dans sa joue droite et qui illumine son visage qui rappelle tant celui de Nick Cannon (l’ex-mari de Mariah Carey) et qui du même coup le rend plus humain...
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