En filigrane, il a été dit lors de la conférence de presse de la Banque de la République d’Haïti (BRH) que le gouvernement a des mesures à prendre pour supporter la gourde. La BRH a joué sa partition. Le gouvernement doit jouer la sienne. Charles Castel n’a ni ordonné ni recommandé, il a simplement rappelé un fait.
Devant le Fonds monétaire international (FMI), l’Etat haïtien s’est engagé à changer de politique énergétique. Et nos amis et nos gouvernants savent que le temps est venu de mettre fin à une certaine gestion du secteur énergie qui nous a fait littéralement brûler de l’argent, beaucoup de ces précieuses devises qui manquent à l’appel ces jours-ci.
Qu’en est-il ?
450 millions de dollars américains ont servi à éclairer nos maisons, à nous procurer un certain niveau de bien-être ou se sont transformés en gaz d’échappement. C’était la politique du gouvernement. Parmi les E promis, il y avait Energie. Le compte est fait.
450 millions de dollars en un an, l’an passé, pour subventionner le prix du carburant à la pompe et supporter l’Electricité d’Haïti (EDH) dans sa gestion calamiteuse. C’est cette dépense en particulier que le gouvernement s’est engagé à stopper. A ne pas reconduire pour les prochains douze mois.
Le prix de l’essence devrait redevenir flexible. Monter quand le pétrole monte sur le marché mondial, baisser quand le baril est meilleur marché. Cette mesure simple, que tous les gouvernements haïtiens refusent d’appliquer systématiquement depuis 1983, leur enlève responsabilité et latitude dans la détermination des prix des produits pétroliers et ils n’aiment pas cela, nos gouvernants.
Pour ce qui est de l’électricité, c’est le tonneau des Danaïdes. Comme dans la mythologie grecque, les Danaïdes, les cinquante filles du roi Danaos, sont devenues les turbines et les moteurs de l’EDH. Au lieu d’être condamnés, aux Enfers, à remplir sans fin un tonneau sans fond, nous jetons de l’argent dans la production de mégawatts qui disparaissent aussitôt produits.
Martelly et ses ministres, en pleine année électorale, vont-ils faire le choix d’une gestion rigoureuse, de mesures impopulaires ou vont-ils nous faire plaisir avec des chansonnettes en hommage à la maison commune qui brûle ses vaisseaux?
Très vite nous serons édifiés. On risque d’avoir et le dollar plus cher et les mesures inutiles car de millions en millions dépensés, la croissance ne sera pas au rendez-vous, le développement non plus.
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