Les résultats du 1er tour des législatives organisées le 9 août dernier devraient être connus ce mercredi 19 août si le Conseil électoral provisoire (CEP) tient parole. À quelques heures de la proclamation de ces résultats attendus par beaucoup de candidats et leurs sympathisants, l’institution électorale a tué tout espoir de 13 candidats à la députation et d'un au Sénat. Ces derniers ne pourront pas siéger à la 50 e législature. « (…) Suite aux actes de violence perpétrés le jour du scrutin du 9 août dans plusieurs circonscriptions électorales, sur le rapport des commissions et après délibération du conseil, des candidats sont radiés en conformité avec l’article 119 du décret électoral », lit-on dans le communiqué du CEP. Les candidats en question, dont 4 de PHTK et 2 de la plateforme VERITE, payent leurs stratégies utilisées, notamment la violence, pour gagner les élections par tous les moyens. Quelques instants après la parution du communiqué du CEP, les candidats radiés, à l’exception de ceux déjà écroués pour leurs actes, ont évidemment nié les faits qu'on leur reproche. Quel candidat aurait donc admis qu’il a effectivement semé le trouble le jour d’un scrutin ? Supportés parfois par des sympathisants zélés et sous le regard complice des policiers, des candidats dans beaucoup de circonscriptions électorales ont fait ou ont tenté de faire la main basse sur les élections par des bourrages d’urnes. Les rapports de beaucoup d’observateurs (même si certains d’entre eux n’ont rien observé) relatent les faits. Vu l’ampleur des actes de violences et d’autres incidents enregistrés un peu partout le dimanche 9 août, la liste des candidats radiés publiée mardi matin paraît incomplète. Dans la Grand'Anse, un membre du CEP avait dénoncé une structure politique du pouvoir pour des actes de violence commis. Aucun candidat de cette structure politique ne figure sur la liste des 14 candidats. Or, il n'y a pas que la Grand'Anse. Mais vu que le CEP a souligné que cette liste est provisoire, on peut espérer que d’autres noms y figureront dans les prochains jours. Des candidats appuyés par certains secteurs sont responsables de beaucoup d’incidents enregistrés pendant les joutes depuis quelques années en Haïti. Ainsi, les élections se suivent et se ressemblent. La décision du CEP de radier des fauteurs de troubles de la course est à féliciter. Néanmoins, dans le souci de restaurer un minimum de confiance au processus électoral, le CEP, qui ne cesse d’essuyer des critiques depuis le jour du vote, doit faire en sorte de ne pas écarter injustement des candidats. En période électorale, des lions veulent se faire passer pour des moutons et parfois des moutons sont présentés comme des lions. Quelqu’un qui brigue un poste électif doit-il transformer un scrutin en une jungle ? Il faudrait questionner sa motivation réelle. Vouloir servir son pays ou représenter sa circonscription ne peut être en aucun cas un motif pour recourir à la violence pendant un scrutin. De tels comportements ne sauraient restés impunis, sinon les prochaines élections risquent de basculer dans le même fiasco. Voire pire.