Jeudi, vers cinq heures de l’après-midi, les principaux membres du Conseil électoral se sont présentés devant la presse pour un point de presse. Quelques mots, des explications, des effets de voix, des roulements d’yeux et puis ils sont partis sans donner les résultats des élections qui se sont tenues il y a onze jours. La veille, mercredi, de cinq heures de l’après-midi à 11 heures du soir, des journalistes et le pays avaient attendu, sans suite, la proclamation des résultats des dernières élections du 9 août 2015. Personne du Conseil électoral ne se pointa pour leur expliquer le pourquoi de cette attente vaine. Jeudi, avant de partir (de prendre la fuite), sans accepter de questions des journalistes, les inqualifiables membres de la prestigieuse institution chargée d’organiser les élections en Haïti ont annoncé que les résultats sont disponibles sur le site Internet du Conseil électoral. Ils l’ont fait comme un os que l’on jette à un chien. Depuis, personne n’a pu avoir accès au fameux site. Au moment de mettre sous presse, le site n’est toujours pas en activité. Le Conseil, qui n’avait pas remis de copie imprimée des résultats, n’a toujours publié pas même un simple communiqué pour indiquer les résultats. Il faut dire que depuis 10 heures du matin, jeudi, un organe de presse a eu une version non officielle des résultats. Jeudi soir, plusieurs versions des résultats circulent. Personne ne peut rien authentifier. Trente-huit millions de dollars dépensés et encore une fois, les neuf membres du CEP ne peuvent pas gérer quelques feuilles de papier et un peu d’encre. Avec une plume, une machine à taper, un ordinateur et une imprimante, de n’importe qu’elle façon, les résultats promis auraient dû être disponibles. Les mandats pour les mandataires aussi avant le 9 août auraient dû être disponibles. Les listes électorales affichées un mois avant le scrutin dans les centres de vote aussi auraient dû être disponibles. Le décret électoral est du papier pour le CEP qui l’applique à sa guise, mais la porte comme un fer chaud au flan des candidats ou au détriment des électeurs. Pour dépenser des millions, le CEP est bon. Dès qu’il s’agit de bien faire marcher la machine électorale, il y a des problèmes et pas de sanction. Point n’est besoin de rappeler qu’une affaire de site Internet en 2006 a déjà fait déraper la proclamation des résultats en Haïti et que personne ne peut comprendre que des avocats, des comptables, des professeurs d’université ne savent pas que pour être authentiques, les résultats, sur un site internet, ne valent rien. Il faut du solide, des signatures, des sceaux pour une affaire aussi sérieuse. Soit que la nonchalance préside au CEP, soit qu'il n’y ait que de l’incompétence dans l’institution de bas en haut. Le 25 octobre, ce ne sont plus des législatives qui nous attendent, mais aussi la présidentielle, les municipales, les élections locales. Qui endiguera l’incompétence au sein de l’institution électorale? Mosler Georges, directeur exécutif du CEP, a déclaré sur Magik 9, tôt jeudi matin, que les membres du CEP s'auto-évaluaient. Plaise qu’ils disposent du bon logiciel ou d’un simple check list efficace avant de plonger le pays dans une nouvelle crise électorale.