Oui, le mythique Tabou Combo ! Cette année fait quarante-neuf ans qu’ils existent ! Quarante-neuf ans de passion dans la bonne musique, de succès à travers le monde, de fierté pour Haïti. Moi, avec mes 26 ans d’existence, je pense que je suis le seul jeune à n’avoir que cet unique groupe comme préféré. Epitou, si on moun poko danse Tabou, li pèdi !!! Albert Chancy, Hermann Nau, Yves Joseph dit Fanfan Tibòt, musiciens au talent immense, racontent leurs débuts en 1968 à Pétion-Ville, énumèrent quelques titres de leur discographie de plus de quarante albums. Je sais maintenant qu’ils étaient Los Incognitos deux ans avant d’être Tabou, voilà pourquoi ils ont 49 ans. Et aussi qu’il y a eu un réel arrêt des activités deux ou trois ans après la formation du groupe car presque tous les membres devaient continuer leurs études à l’étranger, dans des pays différents. Oh, j’apprends également que le génial chanteur et compositeur Fanfan Tibòt est entré dans l’équipe comme… tambourineur ! Alors là, mon estime pour lui augmente, « batteur de tambour » que je suis. Et le maître Herman Nau ? Waouh ! Ce dieu de la batterie, qui, à mon avis, est l’Haïtien qui manie le mieux cet instrument. Avez-vous déjà entendu et pris le soin d’écouter « New York City », « Bebe Paramount », deux méga hits de Tabou Combo ? Quel travail, quel finish dans le ban dèyè ! Imbu du succès de l’équipe dont il est l’une des têtes pensantes, Herman insiste sur le fait que Tabou a atteint son objectif qui a toujours été d’être un groupe international. Est-ce pourquoi le batteur-chanteur-arrangeur-compositeur précise que dans la musique du Tabou Combo, il y a une forte touche de rock’n’roll, de funk. Je regarde parler Herman Nau et un concert au Zénith me revient en tête, où le sexagénaire chauffe à blanc une immense foule dans un show de batterie exemplaire. Gad on mesye ! Kote li jwenn enèji sa a ? Shoubou n’est pas là, il me manque, avec son côté blagueur et sa fierté de Port-de-Paix, sa ville natale. Albert Chancy, fondateur du band avec Herman Nau, parle pour lui, pour ceux qui ne sont pas là. Il raconte comment il a lâché ses poulains, car la musique en solo lui rapportait énormément au Canada dans les années 70. A distance, il gérait tout et, à date, son influence dans les grandes décisions n'a jamais diminué. « Tabou Combo, c'est une réelle famille, Nous sommes beaux-frères, amis d'enfance, cousins... » Il dit vrai, ce joueur d’orgue. Je suis témoin auditif et visuel de cette ambiance de famille, d'amitié, de fraternité qui règne entre les musiciens de Tabou Combo sur scène. Tout comme Herman, Albert Chancy pense que c'est cette fraternité qui a su faire la force et la pérennité de cette équipe de virtuoses, qui lui a donné des armes pour résister face aux Shleu Shleu devenus Skah Shah... S'il est surnommé « Official Panamaian Band », si le Sénégal réclame le groupe à tout bout de champ, si beaucoup les étrangers identifient notre compas à Tabou Combo, ce n’est pas pour rien. L’Europe, l’Afrique, l’Asie, l’Amérique et l’Océanie demandent encore de ce compas funky. Le pari est gagné. L’immense travail et les multiples sacrifices de ce groupe ont porté fruit et ont amené notre culture musicale au-delà des frontières. Ils ont tracé l’exemple dans beaucoup d’aspects du monde musical, montré le chemin aux adeptes du compas nouvelle génération. Leur musique de transition est devenue un héritage d’un héritage. L’objectif est bel et bien atteint, messieurs ! Premier groupe caribéen à être diffusé à la radio en Amérique du Nord, premier à recevoir le précieux chèque de la Sacem, pour les droits d’auteur, premier groupe antillais à figurer dans le hit parade en Europe des millions d’albums vendus à travers le monde... Et en bonus, des millions de fans qui vous aimeront toujours. Herman, Albert, Fanfan et compagnie, vous avez réussi ! Tabou Combo, c’est plus de 40 albums musicaux et autant de musiciens qui y sont passés ou qui y jouent encore aujourd’hui. Tabou Combo, c’est la voix originale de Shoubou qui électrise des publics de toutes nations, et avant lui, celle de Sergo Guerrier. C’est aussi Jean-Claude Jean, Ti Kapi, Reynald Valmé, Adolphe Chancy, Dadou Pasquet, Ralph Condé et tant d’autres musiciens aussi talentueux l’un que l’autre qui sont les véritables artisans de ce monument du compas direct. Désolé, chers lecteurs, les citer tous nécessiterait un autre article. Devrais-je finir mon article ? Oui, pour respecter les normes de publication du journal. Mais dans ma tête enflée du son envoûtant de Tabou, avec mes neurones on fire qui dansent chaque jour tankou Mabouya, une petite voix, de New York City étant, me dit : lage m pou m pale !