Ce vendredi, le président haïtien Michel Martelly a décoré l’ambassadeur américain sortant, Pamela White. Personne ne sait pour quel exploit ni pour quel service rendu à Haïti. Un fait est certain, partout où se tenait une cérémonie en honneur de Mme White pour son départ, le président Martelly a payé de sa présence. Les mauvaises langues disent que c’est pour être sûr qu’elle s’en aille. Comme pour la veillée, l’enterrement et la dernière prière d’un ami-ennemi, le président a voulu être là. Haïti n’a pas su profiter au maximum de la mission de Mme White ni n’a changé de page dans ses relations avec les USA après son passage. Toujours ce vendredi, Pierre-Louis Opont et le Conseil électoral ont reçu à déjeuner les candidats à la présidence. Le CEP voulait faire le point sur le processus électoral et parler d’avenir. Sans sortir des rails de son échec du 9 août, Opont et co veulent nous convaincre qu’ils feront mieux la prochaine fois. Les incrédules vont continuer à ne pas les croire, les optimistes à rêver en gagnants du processus électoral. Ce CEP ignore comment bien remplir une page. Toujours ce vendredi, des partis politiques ont appelé à une manifestation. S’y trouvaient des anti-élections, des perdants récidivistes, des incapables de gagner, quelques électeurs et de possibles vainqueurs. On ignore ce que la manif revendiquait vraiment : l’arrêt de la machine électorale, la transition, le constat d’un ras-le-bol général à son échelle. Un fait est certain, le nombre ne suit pas. Le pays ne lit pas dans la même page que ses politiciens. Ce vendredi marquait la fin de la première semaine de l’année scolaire. Personne n’a remarqué que la stratégie du ministère de l’Education nationale va nous emmener vers une nouvelle catastrophe. En cherchant à limiter à 60 le nombre d’élèves par classe dans les lycées, l’Etat veut améliorer ses statistiques comme le font les écoles dites bonnes. Plus d’élèves dans ces classes réduites pourront théoriquement réussir aux examens officiels. Mais comme l’Etat n’a pas construit de nouvelles écoles, les établissements-borlettes vont faire leur beurre de cette nouvelle clientèle. Nous sommes dans le même livre dont on a changé la couverture. Ce vendredi 11 septembre 2015, Haïti a célébré une liste d’échecs, d’actes manqués. Comme le souligne Ricardo Seitenfus, nous persistons à commettre des erreurs à partir d’erreurs passées. Page après page. Aucun livre ne s’écrit en additionnant des ratures. Tout le monde le sait. Sauf les auteurs de l’histoire d’Haïti récente.