« L’Association des industries d’Haïti (ADIH) félicite le gouvernement, en particulier le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF) pour les nouvelles mesures prises visant à combattre la fraude et la contrebande sévissant dans la zone frontalière », a fait savoir l’association patronale dans une note parue le vendredi 18 septembre dernier.
Selon l’ADIH, en dehors des revenus qui seront récupérés par le fisc, ces dispositions – consistant à ne laisser entrer sur le territoire haïtien que par voie maritime, à travers le port de Port-au-Prince ou de celui du Cap-Haïtien, ou que par voie aérienne 23 produits en provenance de la République dominicaine à partir du 1er octobre prochain – contribueront à promouvoir les investissements, donc la création d’emplois.
« L’ADIH souhaite que les producteurs locaux, lésés par la fraude et la contrebande dont les produits ne figurent pas sur la liste du MEF, contactent leurs associations patronales pour poursuivre cette démarche », poursuit cette note qui porte la signature de Carl-Frédéric Madsen, président de l’association qui dit réitérer son appui aux mesures prises et espère que les secteurs progressistes du pays y adhèreront.
Participant à l’émission hebdomadaire Sa k Pase sur les ondes de Magik 9 samedi dernier, l’économiste Kesner Pharel, président du Group Croissance, se dit choqué par la note de l'ADIH rendue publique 24 heures plus tôt. « Le secteur privé haïtien, à travers le communiqué de l’ADIH, montre à quel niveau de simplicité la question est traitée », a déclaré l’économiste, fustigeant l’association patronale qui, dit-il, se livre à des interprétations, car, en aucun cas, selon lui, il n'est question de création d’emplois dans le communiqué du MEF.
« Cette petite mesure ne peut favoriser ni les investissements, ni les emplois, ni la production nationale », a martelé Kesner Pharel.
« Le Forum économique du secteur privé accueille avec satisfaction, la publication, le 15 septembre dernier, de la liste de produits devant obligatoirement être importés en Haïti à travers les ports de Port-au-Prince et du Cap-Haïtien », a fait savoir le Forum, dans une brève note, qui porte la signature de Grégory Brandt, coordonnateur du conseil d’administration du FESP, et dans laquelle il dit souhaiter que toutes les directives qui accompagnent ce communiqué soient effectivement appliquées dans les meilleurs délais.
« Le Forum économique du secteur privé, organisation regroupant les principales chambres de commerce, associations patronales et d'importantes entreprises du pays, soutient cette décision et félicite le gouvernement, en particulier le ministre de l'Économie et des Finances. »
Pour sa part, le Collectif du 4 décembre, dans un communiqué paru ce lundi, accueille avec satisfaction et appuie fermement la décision du gouvernement d’imposer le transport, par voie maritime ou aérienne vers des ports et aéroports spécifiques d’Haïti, de certains produits en provenance de la République dominicaine (RD).
« [Le Collectif du 4 décembre] appelle tous les citoyens du pays à respecter cette mesure qui contribue à assurer, entre autres, un meilleur contrôle de qualité de ces produits […] Il souhaite que les autorités étatiques continuent à en adopter d’autres visant l’intérêt national et contribuant à encourager la production nationale et la consommation des produits locaux », rapporte le communiqué du Collectif.
Du côté dominicain, Saviñón Del Castillo, le ministre dominicain de l'Industrie et du Commerce, réagissant à la mesure du MEF, a indiqué que son pays a déjà effectué une consultation préliminaire auprès du Conseil juridique de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui lui aurait confirmé que la décision prise par Haïti, violait notamment les articles 5 et 11 de son accord. Tout en réitérant que la République dominicaine, en quête de trouver une solution, est ouverte au dialogue, le ministre dominicain a tenu à souligner que la liste de ces 23 produits représentent 47% des exportations de la République dominicaine vers Haïti.
« Pour créer les conditions favorables à ce dialogue, le gouvernement haïtien doit d’abord suspendre cette mesure », a affirmé Saviñón Del Castillo aux médias de son pays.
Selon le communiqué du MEF, qui porte la signature de Wilson Laleau, titulaire du MEF, « ces mesures sont adoptées dans l’objectif d’un meilleur contrôle de qualité et en vue de mieux assurer la sécurité de la population ».
« Consciente du besoin d’assurer la sécurité de la population, la CCIO félicite le MEF pour les mesures adoptées, obligeant les importateurs d’importer ces marchandises uniquement par voie aérienne ou maritime et assurant ainsi un meilleur contrôle qualité », a déclaré, à son tour, la Chambre de commerce et d’industrie de l’Ouest (CCIO), via une note de presse.
La CCIO souligne « que ces mesures vont aussi permettre de combattre la contrebande qui facilite l’entrée de produits illicites et non conformes aux standards de qualité, qui favorisent une concurrence déloyale menaçant nos industries nationales, et qui privent l’État de revenus substantiels ».
Tout en exhortant le MEF et le gouvernement en général à prendre les dispositions nécessaires pour exécuter effectivement ces nouvelles mesures afin d’assurer un marché équitable, la CCIO, à travers son président Christopher M. Handal, qui a signé ce communiqué, réitère son entier appui audit ministère et se dit prête à l’accompagner dans toute mesure menant au redressement etau renforcement de nos institutions.
Jointe au téléphone, Carline Charles Joseph, présidente de la Chambre de commerce et d’industries d’Haïti (CCIH), a annoncé pour mardi 22 septembre la parution d’un communiqué fixant la position de la CCIH relative à cette mesure. Paradoxalement, le MEF s’est muré dans un silence assourdissant depuis la parution de cette mesure. Aucune annonce, à cette date, de mesures d’accompagnement à sa cette décision d’interdiction.
Pour rappel, la liste des 23 produits concernés est la suivante : farine de froment, ciment gris, huile comestible, savon de lessive, détergent en poudre, emballage en foam, eau portable, peinture et produits pour carrosserie de voiture, beurre de cuisine, mantèque, fer pour la construction, pâtes alimentaires, métal déployé et tôles, tuyaux PVC, jus en poudre, boissons gazeuses, bière, snack (cheeco), maïs moulu, matelas, équipements lourds pour la construction, ustensiles ménagers en plastique et biscuits.
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