Mardi matin, Wilson Laleau, sur les ondes de Magik 9, a été très méthodique, prenant le soin d’expliquer avec minutie les raisons ayant poussé le ministère de l’Economie et des Finances (MEF) à augmenter dans le budget les frais que les citoyens ont à payer pour l’obtention de certains services. A titre d’exemple, selon les nouvelles dispositions en vigueur dans le budget depuis le 1er octobre, les usagers doivent désormais retirer leur permis de conduire au prix de 2000 ou 3000 gourdes, selon le type de permis, contre 1000 gourdes les années précédentes et le prix d’un timbre pour un passeport est passé de 1600 gourdes à 3 000 gourdes.
« Il ne s’agit pas de taxe mais d’un droit payé qui, d’ailleurs, ne concerne pas tout le monde mais seulement une catégorie de personnes », a fait remarquer Wilson Laleau, qui invite les contribuables à être plus attentifs à la bonne utilisation de leur argent plutôt que de décider ne pas en donner du tout parce que, selon ses dires, l’Etat ne peut pas fonctionner sans argent. « Si les gens ne veulent rien payer du tout, l’Etat ne pourra pas fonctionner », a-t-il soutenu informant que les ressources domestiques cette année représentent 74.23% du budget.
Selon le grand Argentier de la République, depuis 2005, et même avant, le prix pour un permis de conduire est demeuré inchangé. À savoir 1 000 gourdes. Ainsi, le ministre explique cette nouvelle variation, entre 2000 et 3000 gourdes, selon la catégorie, par la nécessité pour l’Etat de construire, à travers tout le pays, de bonnes routes et d’être en mesure de les réparer. « Si pour nous assurer que l’Etat ait une présence permanente pour faire la maintenance des routes, en construire de nouvelles, il faut qu’il ait des ressources qui entrent », plaide Wilson Laleau.
En ce qui a trait au passeport, le ministre a rappelé que le livret n’est pas fabriqué en Haïti et que, par conséquent, l’Etat en fait l’acquisition dans un pays étranger, en l’occurrence l’Allemagne. « Nous augmentons les droits là nous n’avons pas le choix parce que nous achetons des biens afin de les revendre […] Même si nous ne rentrons pas tout ce que nous devrions, il y a un minimum à rentrer pour ne pas être déficitaire », indique le ministre Laleau arguant qu’Haïti vend ses passeports à 57 dollars, soit 3 à 4 fois plus cher que les Etats-Unis où ce document de voyage est produit sur place et vendu à 135 dollars et à 210 dollars en cas de réclamation d'urgence (remise dans moins de deux jours).
Le titulaire du MEF justifie la décision d’augmenter de 2.5% les bordereaux de douane en se basant sur le lancement, depuis début septembre dernier, du système de paiement en ligne qui, selon lui, est conçu pour permettre à la douane d’offrir une meilleure qualité de services à ses usagers. Ce système, explique Wilson Laleau, permet à un client d’effecteur, à partir de chez lui, toutes ses déclarations et éventuellement utiliser son compte bancaire pour payer directement la douane. « La douane se réserve toutefois le droit de passer vérifier auprès de l’usager après la transaction», ajoute-t-il.
Par ailleurs, concernant une éventuelle multiplication par deux du coût de la patente pour importation, Wilson Laleau se montre prudent et n’a pas voulu donner de réponses à brule-pourpoint. « Je dois d’abord vérifier », a-t-il lâché non sans déplorer le fait que les partis politiques ainsi que les ONG qui fonctionnent dans le pays n’ont pas de patente. Les partis politiques et les ONG ont à payer entre 10 et 15 mille gourdes pour leur patente, « rien d’exagéré », selon lui.
Entre autres annonces, le ministre souligne que l’impôt locatif n’est plus calculé à partir du prix du loyer mais représentera désormais 0.12% de la valeur marchande de la maison. Cette mesure, selon lui, devra encourager les gens à construire. Pour déterminer le 0.12%, en d’autres termes la valeur de construction d’un mètre carré dans chaque zone, une commission constituée de représentants du ministère des Travaux publics procéderont a une évaluation afin de définir le coût de construction des maisons qu’ils multiplieront ensuite par un coefficient qui prend en compte les infrastructures dans la zone (électricité, etc.).
Sur l’épineuse question de l’énergie électrique, Laleau réclame que l’EDH s’aligne sur les principes d’entreprise publique et souligne que le déficit budgétaire, qui tourne autour de 2.6% du PIB, est essentiellement lié à l’EDH. En outre, le ministre dénonce trop de différences dans les contrats. « Des contrats qui sont signés au plus haut niveau de l’Etat sans respecter les normes », se désole-t-il promettant pour bientôt les résultats du travail de la commission présidentielle pour la réforme de l’énergie.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.