Le désaccord dans le camp des partis protestants ou l'incapacité des courants à se fédérer étaient la gnognotte de la campagne. La débandade a commencé quelques jours avant le scrutin du 25 octobre et le mouvement s'accélère depuis. Des partis politiques volent en éclats. Se désintègrent.
Il y a, sur la liste des catastrophes, des partis politiques qui dénoncent les actions de leur candidat à la présidence. Il y a aussi des candidats qui dénoncent leur parti ou les dirigeants qui leur avaient offert une ombrelle.
Le Plan d’action citoyenne (PAC), le premier, se désolidarisa de son candidat à la présidence, le Dr Marie Antoinette Gauthier, quelques jours avant le scrutin. Le Mouvement d’action socialiste (MAS) fut le premier à confirmer la trahison d’un de ses membres. Quelques jours avant le 25 octobre, le candidat Jacques Sampeur porta à la connaissance du public qu’un responsable de son parti avait pris la poudre d’escampette avec le trésor de guerre du parti Konbit Liberasyon Ekonomik (KLE) sous l’emblème duquel il brigue la présidence d’Haïti.
Le mouvement de dépouiller les candidats s’est poursuivi avec la mésaventure de Steven Benoît. Dans une lettre au ministère de l’Economie et des Finances, le candidat de la plateforme Konviksyon informe que trois membres de son regroupement ont gardé par-devers eux la somme versée par l’Etat haïtien pour supporter sa candidature.
Des sites Internet ont rapporté, ce jeudi, l’action en justice intentée par le candidat Aviol Fleurant contre le président de la plateforme politique "Nouvelle Haïti" qui supporte son ambition de devenir chef de l’Etat.
Dans une note distribuée dans les rédactions, le Parti pour l’évolution nationale haïtienne (PENH) invite la presse à une conférence de presse ce vendredi pour « édifier l’opinion publique sur les différentes allégations faites par le candidat à la présidence du parti, Jean Hervé Charles ».
Si ces faits sont portés sur la place publique, d’autres crises couvent sous la cendre encore chaude des dernières élections et les observateurs s’attendent à d’autres rebondissements.
Dans les grands partis, cela fait des années que, pan par pan, les structures politiques qui sont apparues au cours des ans se divisent, s’atomisent. Chaque microleader partant à l’aventure pour créer son propre mouvement en s’appuyant sur l’organisation où il avait fait ses premières armes.
Que signifient ces phénomènes ?
Une première lecture veut laisser croire que la mayonnaise politique ne prend pas. Il y a des alliances contre nature qui débouchent naturellement sur des rejets en Haïti.
Quand on constate que dans plusieurs cas il y a en arrière-fond des raisons vénales aux coups bas et divorces, on peut aussi se dire que nos partis politiques sont à l’image de la déliquescence de la société.
On trompe, on vole, on dépouille, ici et là. Certains le font arme à la main, d’autres d’un coup de plume ou en revenant sur des accords que l’on croyait coulés dans le béton.
Les élections de 2015 révèlent, si besoin était, que nos partis, regroupements, plateformes sont sans troupes ni âmes. Ils n’ont pas de capacité organisationnelle, pas de vision stratégique, pas de ligne idéologique et aucun sens moral.
La décomposition du corps politique doit inquiéter la société haïtienne. Mais, pour notre plus grand malheur, devons-nous continuer à en rire ?
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.