Mercredi 4 novembre 2015. À moins de 24 h de la publication des résultats partiels de l’élection présidentielle du 25 octobre, les inquiétudes ne se sont pas estompées. L’Observatoire citoyen pour l’institutionnalisation de la démocratie (OCID), « inquiet », évoque la persistance du « manque de transparence du Centre de tabulation des votes ». Le pourcentage que représente le vote des mandataires, indexés dans des cas de fraudes, n’est pas connu. « Il n’y a pas de rapport qui le dit. Nous n’avons pas cette information, les données chiffrées qui pourraient permettre de connaître l’ampleur de la question », a confié au journal Rosny Desroches de l’OCID, soulignant que cette information pourrait, selon le côté d'où elle se tient, « rassurer ou paniquer la population ». Le pourcentage de procès-verbaux traités et la quantité écartée ne sont pas connus non plus. « Il faudrait un rapport approfondi sur ce qui se fait au centre de tabulation pour rassurer la population », a estimé Rosny Desroches, ajoutant qu’il ne sait pas si les résultats seront communiqués le 5 novembre, comme annoncé par le CEP. « Est-ce qu’on va monter une commission indépendante comme le réclame ces huit candidats ? Je ne sais pas », a enchaîné Rosny Desroches, insistant sur la nécessité de « rassurer la population ». « La situation n’est pas rassurante. Il y a une grogne sociale dans le pays et il ne faudrait pas que l’on mette abse sou klou », a conseillé ce responsable de l’OCID. « Il y a un problème général au niveau du CTV. Tout le monde veut avoir un plus grand accès à l’information. Quand on s’y rend, on regarde sans avoir véritablement d’explication permettant de mieux comprendre le processus, d’une part, et, d’autre part, de savoir que la chose se fait correctement », a souligné Rosny Desroches. Marie Yolène Gilles du RNDDH, qui a pris ses quartiers au CTV, n’en sait pas plus sur le pourcentage de mandataires à avoir voté. « Nous ne pouvons pas savoir. Il est difficile de savoir parce que des mandataires ont voté à plusieurs reprises », a-t-elle indiqué. « C’est seulement le CEP qui a les moyens logistiques et légaux pour déterminer le nombre de mandataires à avoir voté », a fait savoir Marie Yolène Gilles, qui déplore l’absence de volonté de transparence. Marie Yolène Gilles tacle le CEP, incapable de communiquer le nombre de cartes fournies à des organisations d’observation ayant poussé comme des champignons. UNADA a été exclue du processus par le CEP. Pourtant, des observateurs de UNADA ont voté dans tous les départements et signé des procès-verbaux qui sont au CTV. « Nous pensons que le CEP est décrié et a fait preuve d’irresponsabilité par rapport aux élections du 25 octobre », a estimé Marie Yolène Gilles, « inquiète » elle aussi. « Je suis très inquiète parce qu’il n’y a aucune volonté pour corriger les fraudes massives et les bourrages d’urnes du 25 octobre », a dit Marie Yolène Gilles, qui craint que les résultats que s’apprête à publier le CEP ne soient pas altérés, ne reflètent pas la réalité du vote, compte tenu de la comptabilisation des votes frauduleux. La militante des droits de l’homme a souligné qu’être au CTV tous les jours n’empêche pas grand-chose. Pour Joël Vorbe, membre de la directoire de Fanmi Lavalas, le processus n’a jamais été transparent. « Du début à la fin, il n’y a jamais eu aucune transparence dans le processus. Nous pensons qu’il faut laisser au CEP la possibilité de donner le résultat qu’il veut donner. La population a été voter et sait ce qu’elle a voté. Aujourd’hui, on ne peut pas tenir un pays en otage, sous pression et sous tension. Il faut libérer la pression aujourd’hui », a-t-il dit. Il est inquiet également, Romel Pierre, le chef de campagne de Éric Jean Baptiste, candidat à la présidence sous la bannière du MAS. « Nous aussi, nous avons beaucoup d’inquiétudes. Elles ne remontent pas à aujourd’hui. Nous sommes inquièts face aux bruits qu’il y a des fraudes massives. Nous avons de grandes inquiétudes non seulement pour le résultat des élections, mais pour le pays aussi », selon Romel Pierre. « Ce n’est pas seulement l’OCID qui est inquiet », a commenté l’ex-sénateur Anacasis Jean Hector, coordonnateur de Lapeh qui dénonce des anomalies au CTV, en référence aux rapports de ses représentants. Son candidat, Jude Célestin, est pénalisé notamement par la mise à l’écart de procès-verbaux en provenance du Sud-Est et de l’Ouest. Anacasis Jean Hector souligne que le CEP ne peut pas communiquer de résultat le 5 novembre. Il fait la promotion de la commission indépendante de vérification.