La contribution de Patrick Paultre au développement de sa discipline, son engagement profond à partager ses connaissances et son rôle de chef de file dans l’établissement de structures de recherche de calibre international sont, entre autres, quelques-unes de ses qualités qui ont poussé le jury à faire choix de sa personne pour l’octroi de cette distinction très prisée par la communauté scientifique québécoise. Le jury était composé de Georges Abdul-Nour, président, et de Johanne Charbonneau, de Réginald Nadeau, de Marie-Hélène Parizeau, Michel L Tremblay, membres. Le prix Armand-Frappier reconnaît un scientifique québécois qui a mené une carrière en recherche et qui a contribué au développement d'une institution de recherche ou qui s’est consacré à l'administration ou à la promotion de la recherche et qui, de ce fait, a su favoriser la relève scientifique et susciter l'intérêt de la population pour la science et la technologie. En tant que scientifique, administrateur et ingénieur, Patrick Paultre, qui n’est pas à sa première médaille, a contribué de multiples façons au développement du génie parasismique et à l’étude de la dynamique des structures. À l’âge de 22 ans, il s’installe au Québec et poursuit ses études universitaires jusqu’au grade de docteur. Il est actuellement professeur titulaire au Département de génie civil de l’Université de Sherbrooke et est également titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génie parasismique depuis 2002. Il fonde à ce moment le Centre d’infrastructures sismiques majeures interuniversitaire du Québec, qui deviendra en 2006 le Centre d’études interuniversitaire des structures sous charges extrêmes (CEISCE). Ce centre, qui regroupe les trois plus grands laboratoires de structures au Canada et réunit presque tous les professeurs et chercheurs en structures de six universités québécoises, est assurément une de ses grandes réalisations et ce pour quoi il reçoit le prix Armand-Frappier 2015. Les travaux de Patrick Paultre, qui relèvent d’une recherche fondamentale, génèrent de nombreuses retombées ultra pratiques en ingénierie de pointe. Ils ont notamment contribué au développement des règles de dimensionnement parasismique des structures à ductilité modérée, c’est-à-dire les paramètres qui font qu’une structure peut se tordre ou s’étirer sans se rompre. Les travaux du professeur ont également influencé plusieurs codes de construction internationaux. Le scientifique a aussi dirigé un des programmes expérimentaux les plus ambitieux et complets du monde, pour caractériser le comportement dynamique des structures de béton à hautes performances (BHP). Patrick Paultre a également reçu le prix E. Whitman Wright de la Société canadienne de génie civil pour avoir contribué de façon importante au développement d’applications informatisées. En 2006, l’Association francophone pour le savoir lui a décerné le prix Adrien Pouliot afin de souligner sa coopération avec la France. Plusieurs autres prix et distinctions liés au domaine du génie civil témoignent de l’expertise de Patrick Paultre, qui a également été nommé fellow de plusieurs organisations, dont l’Institut canadien des ingénieurs en 2014. Il a contribué à la reconstruction de son pays d’origine, durement touché par un terrible tremblement de terre en 2010, en mobilisant rapidement des appuis, dont celui de l’Université de Sherbrooke, afin d’assurer le développement d’une expertise locale en génie parasismique. Cette action revêt plusieurs formes, dont la formation d’ingénieurs civils haïtiens. Il a également fondé l’Association haïtienne du génie parasismique, laquelle consacre ses activités à la formation, à la recherche et à l’élaboration de normes de construction. De plus, il a mis au point des outils pour le calcul des forces sismiques et les a adaptés pour Haïti, en plus de les mettre gratuitement à la disposition des ingénieurs de ce pays.