Les prochaines élections prévues pour le 24 janvier sont en train de faire le plein des appuis. Ce jeudi, des parlementaires de tous bords se sont empressés d’aller réclamer au Conseil électoral leur certificat d’élu. Même les membres des partis politiques les plus remontés contre le processus électoral exhibaient fièrement le sésame qui, joint à l’exemplaire du journal Le Moniteur proclamant les résultats, constitue leur ticket d’entrée dans la vie parlementaire pour la 50e législature. Ce pas franchi, le CEP et l’exécutif doivent se réjouir. Un peu plus tard, après la communication de la période allouée pour la campagne électorale, du 8 au 22 janvier, les appuis de la communauté internationale ont commencé à tomber. Les États-Unis d’Amérique comme l’Organisation des États américains ont été clairs : le scrutin du 24 est un pas dans la bonne direction. Le Core Group et l’ONU avaient déjà donné leur bénédiction au processus électoral. Opont et co doivent être aux anges. Un peu plus tôt, dans une adresse à la nation postée sur Facebook au cœur de la nuit, le président Michel Martelly a été de tout un argumentaire pour expliquer la route prise par les uns et les autres qui a conduit au 24 janvier. La communauté internationale comme le président appuient totalement le CEP et ses erreurs. Ils assument la démarche comme le résultat qui se dessine : un président légal mais illégitime élu dans une élection avec un seul candidat. Bien entendu, trop heureux à réinventer les contours de la démocratie à l’haïtienne, personne n’insiste sur le caractère incongru des élections du 24 janvier, car, entre-temps, Jude Célestin s’est prononcé. Il reste sur ses positions. Il ne participera pas à l’élection, car ses demandes de correctif n’ont pas été entendues. Martelly élu grâce à l’appui des Blancs va passer le pouvoir grâce à l’appui des Blancs. La boucle est bouclée. Pour le reste, comme le disent si bien des diplomates en poste ici, « si les choses ne se passent pas comme prévu, on verra au moment venu. »